‹ Rouget de Lisle et la MarseillaiseChapitre 13 sur 24 · ROUGET DS LI8LS · texte numérisé non relu

ROUGET DS LI8LS

Bi«i choisie, Hébé la nourrit à part ;

Et sa bonche.

Quand j'y touche, Me {Murfnme de nectar.

., La musique de Rouget de Lisle s'est inspirée ensuite des chants de Utilevoie, de Briffaut, d'Auguste Greuzé, de Charles Nodier^ de Voltaire et de plusieurs autres auteurs connus* Deux chants héroïques sont de Rouget de

Jiisle; ce sont : Bayard et H^nri IV, Il a fait aussi VHynme au solml couchant.

Ces compositions musicales et littéraires expliquent maintenant les instances de Dietrich, le maire de Strasbourg, lorsquMI disait, eu 179Î, au jeune officier admis à ses réunions de famiUe r

— On ne nous apporte de Paris que des ponts-neufs; donnez-nous donc quelque chose de TOtre compositiou, un chant hardi qui puisse encourager nos soldats h marcher sur la frontière.

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Or Dietricb connaissait le talent de Rouget de Lisle comme poète et comme musicien.

Vengeance I fut le chant de guerre qu'il composa pour la descente projetée en Angleterre en l'an VI (4798). L'armée d'Egypte adopta par la suite ce chant de guerre. "

Quelques jours après le 48 brumaire (novembre 4799), le premier Consul demanda : le Chant du Combat. Rouget de Lisle le £t tout aussitôt pour l'honneur de la France et de ses soldats; mais c'est au poete-musicien.que revient tout l'honneur de ces beaux vers :

Que Ton de nous transige avec la hoate, Qu'espère-t-il ? quel en sera le fruit?

La mort pent fuir le brare qui raflironte, La mort s'attache an Iftche qui la fttit.

Vint ensuite le Chant héroïque de Kléber, et puis enfin l'Hymne à la Paix, composé en 4812, pendant la campagne de Moscou.

FiUe des dieox, <y soBor d'Astrée t

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Rêvions, divine paix, embellir nos climats :

Fille des dieux, ramène sur tes pas Des arts et des plaisirs la troupe rassurée.

La fortune avait souri uu moment à Rouget de Lisle. Il aurait pu faire son chemin comme tant d'autres, s*il avait su se plier à toutes les exigences politiques. Mais son caractère indépendant avait une mèche de iflhevieiix rétive qui lui commandait parfois de ne pas obéir. Il ne sut faire la cour à 'personne, et fut oublié sous le Consulat et FEmpire. On dit pourtant qu'il avait été admis dans rintimité de Joséphine et du vainqueur de ritalie« Cette faveur, ne lui fut nullement profitable. Il n'usa du crédit qu'elle lui accordait que pour se rendre utile à ses amis.

Les dernières fonctions qu'il eut à rem- ' plir à l'armée furent celles d'administrateur dans les vivres. Sa probité ne pouvant mar- 4iier de pair avec l'entreprise industrielle, il abandonna celle-ei sans regret et renonça complétsmfoit aux affiiires publiquesi.

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C'est alors qu'il revint à MonUigu, le berceau de son enfance, pour y rêver poésie et musique en toute liberté.

Chateaubriand et Casimir Delavigiie lui donnèrent matière à composîtimi.

Il publia, en 484 4, deux cbants constitutionnels; mais ce ne fut nulleiDént dans un but politique.

C*éuit un applaudissement chaleureux au retour de la paix. Le Chant du Jura : c'est celui du chantre du bocage célébrant le retour des beaux jours :

Vive le roi 1 Noble cri de la vieille France,

Cri d'espérance.

De bonbenr, d'amonr et de foi I Trop longtemps étouffé par le criine et nos laimes, éclate plus brillant et plos rempli de charmes. . . Vive le roi 1

Car sous la Restauration comme au temps dé FEmpire, Rouget de Lisle resta toujours rhomme de 4789.

Huit chansons de Bélanger, et oe ne sont

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pas les mcÂns répandues, ont été mises ^m musique par Rouget de Liste ; savoir :

Charles^ VII; ptos de politique; ma RàpubUqtte; si fêtais petite oisea;a; l'Ai>euglê de Bagnehî; la Petite Fée; la Sakiie-M' liance des peuples ; les Enfants de la France.

Wilbem, F ami d*enfance de Déranger, a fait aussi, de son côlé, la musique de quelques-unes de ces chansons, et Béranger semble Tavoir adoptée.

Mais si Béranger avait osé dire ce qu'il pensait des deux musiques, il n^aurait voulu ni de celle-ci ni de celle-^U»

Jamais il n*a fait des paroles pour utiliser le temps des compositeurs de musique. Son seul but, toute sa vie, a ^té de créer des chansons pour le peuple, et de les chanter comme lui sur des airs faciles et connus.

Béranger n*estimait que les vieux airs de sa jeunesse, et n*en chantait pas d* autres.

M. Perrotîn a dû, pat conséquent, se conformer au goût du chansonnier lorsqu'il a publié ses œuvres.

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Les derniers cbanls de Rouget de Lisle parureatde 4845 à 48^14.

On remarque : Mon dernier Fom, et le Chant des Industriels^ que les ouvriers de Montaigu chantaient en chœur tous les soirs à rissue de leurs travaux :

Déployant ses ailes dorées,

L'industrie anx cent mille bras,

Joyeuse, parcourt nos climats

Et fertilise nos contrées.

Le désert se peuple à sa voix,

Le sol aride se féconde,

Et pour les délices du monde,

Au monde elle donne des lois.

Hoanenr à nous» enfants de l'indostrle I Honneur, honneur à nos heureux travaux I Dans tons les arts, vainqueurs de nos rivaux, Soyons Tespoir, Torgueil de la patrie.

Mon dernier VœUf c'est le chant d repos à Tombre d*un champêtre asile. Le guerrier a suspendu son glaive aux branches d'un arbre. Il presse son luth sur scm cœur :

Triomphe, d chère France 1 et prospère tooiours I

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Des sages, des héros, mère augnste et féconde 1 Garde ta liberté, donne la paix au monde.

Et sois des nations la gloire et les amours.

Triomphe, ô chère France 1 et prospère toujours !

A l'abri de tes lois que les vertus fleurissent; Aux lauriers, sur ton front, que leurs palmes s'unissent» Sois du faible opprimé l'asile et le recours ! Triomphe, ô chère France et prospère toujours I «

Respecte le malheur, la foi, l'amitié sainte. . . Mais qu'un jour l'étranger menace ton enceinte t France I tes fils sont là ; compte sur leur secours ! Triomphe, ô chère Francel et prospère toujours I

En 1825, Rouget de Lisle publia son recueil des Cinquante Chants français. 11 fut Téditeur de ce bel album qui était orné d'une litbographie représentant Roland mortellement blessé à Roncevaux.

A Tépoque où Tédition parut, Fauteur demeurait passage Saunier, n» 24, à Paris.

Lorsqa*après aToîr longé la rive gauche de la Seine, le voyageur quitte Paris pour aller à Ivry, et que, curieux de voir un site plus pittoresque, il arrive, en suiyant la même ligne, jusqu'à remplacement ob est bâtie la petite église gothique de Yitry, ce voyageur se croît alors à vingt lieues de Paris. Mais à peine a-t-il monté la rue principale de ce village^ laquelle est bordée de murs appartenant à des pépiniéristes, qu'il se trouve tout à coup, en marchant

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toujours Ters la gaache, sur une grande route plantée d'une double rangée d'arbres dont la première est formée d'ormes séculaires.

Cette magnifique. avenue, qui a derrière sa bordure d'arbres des maisons précédées de jardinets rappelant ceux de l'avenue du Bel-Air, à Saint-Mandé, c'est la route de Choisy.

Elle a vu passer les jours de délices de mademoiselle de Montpensier, la cousine germaine de Iiouis XIV, et ceux du roi luimême, lorsqu'il se rendait au chliteau qu'elle avait fait bâtir.

Plus tard, ce fut la résidence de Louis XV et le lieu d'étude et d'inspiration de Gentil-Bernard, le poète bibliothécaire du château.

C'est aussi à Gbois;-le-Roi que Rouget de Lisle passa doucement les dernières années de sa vie.

Il ne l'a pas chanté, mais il y a fait du bien et il s'y est fait regretter.

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M. Gindre de Mancy, dans ses Échos du Jura, a parlé de Ghoisy et de Rouget de Lble, lorsqu'il dit avec une grâce touchante à madame Elise Voîart :

Oh 1 oui, quand va venir le printemps tout suave, Rendre aux prés leur émail, anx'vergers leur trésor. Et qu'un beau jour enfla, joyeux, libre d'entraves, Aux champs je prendrai mon essor.

Oui. je veux, remontant la Seine aux vertes plages. Dès l'aurore, et d'Ivi^ longeant les frais coteaux. Je veux aller revoir le plus gai des villages Qui sont se baignant dans ses eaux.

Ghoisy, séjour aimé, que tant d'attrait décore, Sur ta rive odorante, en tes bosquets fleuris. Sous tes toits bienveillants j'irai chercher encore Accueil afliable et doux souris.

Élise, auprès de vous, heureux de vous entendre, Là je retrouverai dans vos propos chéris , Le charme exquis du vrai, l'âme sensible et tendre Qui respire en tous vos écrits. . .

Noos songercAS, émus d'un souvenir fidèle, Triste et cher à la fois, à l'ami qui n'est plus, A celni que sans doute une sphère plus belle A compté parmi ses élus;

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