‹ Rouget de Lisle et la MarseillaiseChapitre 16 sur 24 · ROUGBT DB LI8LB · texte numérisé non relu

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côté comme 8*il devait y trouver encore son épée, le banquier recula...

On assure qn*en 4830, ce banquier devint ministre. Rouget de Lisle, qui ne te croyait pas suffisamment vengé de son affront du lustre, y songeait toujours.

— Gomment a-t-on pu, disait-il avec humeur^ confier les destinées de la France à un juif?

Un autre événement prouvera que Rouget de Lisle, qui n'eut peut-être ii se reprocher qu'un seul emportement du genrede celui que nous avons décrit, savait supporter le malheur avec calme et résignation.

 celte seconde époque, il avait plus de soixante-six ans : sa figure était douce et vénérable; son attitude était celle d*un viâllard qui supplie le sort de ne point le frapper sans réserve, et le sort le frappa sous la figure d'un créancier sévère dont Tacte inqualifiable fut cependant qualité dans une brochure publiée en 1842 par M. Gomède-Miramont, avocat à Gahors.

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Voici: les faits :

Le \ 4 janvier \ 896, Rouget de Lisle souserivit une lettre de change au profit du sieur B..., avocat à Paris. Cette lettre de change ■était payable le 25 mars suivant, e^est-à* dire dans les soixante-dix jours de sa date, à Gahors (Lot); au domicile d*un négociant de celte ville ; mais, transmise! par voie d'endossement, elle fut protestée faute de payement le lendemain de son échéance , et Rouget de Lisle, contre lequel on avait oblenu la contrainte par corps, fut poursuivi comme débiteur et enfermé ^ la prison pour dettes de Sainte-Pélagie, le 9 juin de la Blême année.

Béranger, qui avait facilité Rouget de Lîsle dans la publication de se^ Cinquante ' Chants français, n'était pas à Paris au moment où son pauvre ami fut privé de aa liberté ; mais, dès qu'il eut appris Tévénement, il s'empressa d'envoyer le prix de la rançon. Rouget de Lisle, ému jusqu'aux larmes, voulait refuser ; mais Béranger savait

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•*y prendre dans toutes les bonnes œuvres qa*iL entreprenait, et il mit dans celle-ci toute la réserve et toute la délicatesse qu'il âdlait pour réussir... Le vieillard sortit de prison au bout de diiL-sept jours.

Son premier soin fut d'aller remercier Béranger qui Tembrassa comme un frère, et puis il revint dans un petit hôtel garni où il demeurait dans le Quartier latin.

Là, Tennui, les privations et les cruelles atteintes de r&ge firent une vive impression sur son imagination chagrine. Il fut frappé d*une attaque d'apoplexie. C'est alors que les amis de Rouget de Lisle déddèrentd'un commun accord qu'ils ne devaient pas le laisser dans son £atal isolement.

Le général Blein, tout le premier, lui offrit un intérieur, une famille^ et l'emmena ches lui, à Ghoisy-le-Roi.

En peu de temps, et grâce aux soins affectueux qui lui furent prodigués, Rouget de Lisle put échapper au coup mortel qui l'avait frappé dans sa soli^ide*

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De son côté, Béranger obUnt une souscription du parti libéral qui permit an pen* sionnaireden'être pasà la chargede seshôtes.

Mais Yoilà tout à coup que le ^éral perd sa fenune et sa mère! Il ne lui restait qu'une fille encore jeune, avec laquelle il devait concentrer tout son chagrin. Ne pouvant plus, par suite de ce changement de position, garder un pensionnaire, il le céda à la famille Voïart.

Chez elle, Rouget de Lisle retrouva ce qu'il possédait chez le général Bleia, tendres soins et douce affection. Rien ne manquait à ses distractions pendant le jour, et, le soir, un cercle d'amis lui tenait compagnie. 11 était composé, ce cercle, de madame Amable Tastu, fille de M. Voiart, cet amant passionné des muses; de madame Voïart, la plus douce et la plus spirituelle des femmes ; de mademoiselle Élise Voïart, élève de Porret le graveur; du docteur Garrère et du général Blein, le partisan dévoué de la bdle et bonne muâque. .

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