‹ Rouget de Lisle et la MarseillaiseChapitre 19 sur 24 · ROUGET DB LI8LB · texte numérisé non relu

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d'une liberté plus grande que celle qu*il rencontra sur la terre!

Puîwe-t-il voir enfin dans les sphères célestes ce qu*il rêva tonte sa vie pour le bonheur de sa patrie.

Ses obsèques eurent lieu le mardi 28 juin.

Ce jour-là, les cloches religieusement émues avaient fait un appel répété à tous les habitants de €hoisy-le»Roi. Une foule d'ouvriers appartenant aux fabriques de Tendroit et à celles environnantes étaient accourus à cet appel. Paris envoya aussi une députation. Les femmes, les enfnnts derrière les rangs de la garde nationnale , chacun se pressait pour arriver.

Le convoi fut simple. Il était en harmooie avec la pauvreté qui avait présidé longtemps à Texistence de Rouget de Lisle.

L*épée du capitaine du ;génîe fut cependant entourée de branches de laurier , et déposée sur le drap mortuaire en même temps que la croix d'honneur. Quoique pauvre, il était grand, ce drap de deuil,

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comme fhomme dont le corps reposait au fonâdneerciiel].

Quatre personnes furent désignées pour tenir les coins du poêle: le général Blein, le maire de Ghoisy-le-Roi , M. de Quer, ancien administrateur des années, et M . Bra» statuaire qui avait moulé la figure de Rouget de Lisle à son litd^inort.

L^église, le cimetière, n^offraient pas assez de place pour contenir la foule; mais les deux cérémonies qui s'y accomplirent furent dignes du grand citoyen que la France perdait.

Rouget de Lisle eut le peuple pour dernier ami, et, à défaut de Béranger malade, qui ne put assister à Tenterrement , il eut M. Gindre de Hancy, le chantre mélodieux du Jura, qui fat le représentant du pays natal.

Le général Blein et lui prononcèrent, Fun après Tautre, un discours au-dessus de la tombe. Leurs paroles furent nobles et touchantes. Le général tenait à dire que

Rouget de Lisle n'avait jamaÎB eu d'idées sanguinaires, et qu'il était avant toute chose, rhomme du bien , de l*ordre et de la paix!

11 ne pouvait manquer de convaincre les assistants qui avaient connu, pour la plupart, le caractère loyal, honnête et bon de Rouget de Lisle. •

Le mort lui- môme, s'il eût pu parler, eu ce dernier momeot d'adieu, aurait approuvé le général Blein, en répétant ce qu'il disait souvent h ses amis :

— Je serais indigné si les malintentionnés ou les ignorants me jugeaient comme un ancien terroriste ou un fonientateur de révolutions. Je n'ai pas composé la Marseillaise pour soulever les pavés de Paris, mais bien pour renverser les cohortes étrangères.

Nos sillons ne doivent pas boire le sang français, ils sont destinés à recevoir des épis nourriciers qui grandiront pour ;vivre en frères I...

À un signal donné, mille bouquets d*im-

mortelles furent jetés dans la fosse de Rouget de Lisle.

Une mère, en ce moment, éleya son enfant au-dessus de toutes les têtes, et s* écria :

— Regarde , mon fils ! ... . regarde de quelle manière on honore les vertus d'un brave i...

Quand la fosse eut été comblée de fleurs et de terre, les artisans de Gboisy-le-Roi chantèrent en chœur l'Hymne sublime.

L*écho leur répondait énergiquement au loin par d'immenses bravos; mais, au dernier couplet, il y eut quelques larmes dans la voix; on s'agenouilla pour dire avec recueillement :

Amour sacré de la patrie, Conduis, soutiens nos bras Yengeurs.

Dix ans après cette imposante cérémonie qui a laissé plus de souvenirs dans les cœurs que de phrases sur le papier , le

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