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lettre adressée de Nancy^ le 28 janvier 4 864, à M. Gindre de Mancy, par madame Voïart, dont nous aurons à parler plus amplement dans les derniers chapitres de ce volume, bien que son nom connu en littérature, ait déjà parlé suffisamment en sa faveur.
«... Pour ce qui concerne la véritable origine de la Jfarsetiiaise, votre version, celle du souper chez Dietrich, est la bonne.
Je Tai entendu conter vingt fois à Rouget de Lisle. Pendant ce repas, où il fut question d*un chant de guerre qu'on désirait pour le départ de l'armée qui devait avoir lieu le surlendemain^ Dietriefa dit à noti« ami : — Voyons^ Rouget, vous qui êtes poète et musicien, faites-nous donc quelque chose qui vaille la peine d'être chanté. On nous a envoyé de Paris des espèces de pontsneufs sans casactère et sur des paroles insignifiantes ! . . . Le modeste jeune homme s'en défendit d'abord, alléguant les difficultés, le peu de temps. Mais la jeune et brillante assemblée applaudit avec trans-
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port à la proposition de son président ! — Oui ! oui ! Rouget, fais^nous cela ; fais-nous un chant de guerre que nous chanterons joyeusement tous ensemble!... Et pour Texciter on remplit coup sur coup son verre de . Champagne mousseux. Il cède à tant d'instances; il dit qu'il essayera, et sort enfin du souper vivement impressionné par les discours belliqueux quMl vient d'entendre. . . En traversant les rues alors silencieuses, mais encombrées de chariots de guerre, de canons, de faisceaux d'armes, l'enthousiasme s'empare de lui. Rentré dans sa chambre garnie, il saisit son violon, et, tout en chantant la phrase musicale, les paroles venaient presque k son insu s'offrir d'elles-mêmes au rhythme guerrier qui résonnait dans sa pensée. — - Car, ro'a-t-il dit, je ne les écrivis que pour garder l'ordre qu'elles devaient occuper dans la mélodie. »
Ce récit s'accorde parfaitement du reste avec la déclaration formelle de Rouget de
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Lisle qui, dans la publication de ses Cin' quatUe ChatU8 français, s^exprime en ces termes par une note placée en tête de t* Hymne des Marseillais (chant n<* 23) .
« Je fis les paroles et Tair de ce chant à Strasbourg, dans la nuit qui suivit la proclamation de la guerre, fin d'avril 4792.
Intitulé d*abord Chant de Varmée du Rhin, il parvint à Marseille par la voie d*un journal constitutionnel rédigé sous les auspices deTillustre et malheureux Dietrich. Lorsqu'il lit son explosion, quelques mois après, j'étais errant en Alsace sous le poids d*une destitution encourue à Iluningue pour avoir i*efusé d^adhérer à la catastrophe du 4 août, et poursuivi par la proscription immédiate qui. Tannée suivante, dès le commencement de la Terreur, me jeta dans les prisons de Robespierre, d*où je ne sortis qu'après le 9 thermidor.
Une gravure de Gottin^ diaprés le tableau original peint par Pils, et appartenant au