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ministère de rintérieur, représente la famille du maire de Strasbourg, au milieu de laquelle, debout et le front découvert, se trouve le capitaine Rouget de Lisle.
Ge maire écoutant avec un intérêt mêlé de surprise le poète noble et majestueux qui déclame h Chant de l'armée du Rhin, tandis qn^une jeune fille raccompagne sur le piano, c'est Dietrich^ Tami des arts et de la constitution. 11 fut plus tard inquiété, ainsi que les siens, et conduit à Paris oU il fut décapité.
Rouget de Lisle témoignait quelquefois par une larme tout le regret qu'il avait eu d'apprendre les malbeurs de cette honorable famille. Cette larme renfermaât sans doute un sentiment d'amour que la Terreur avait détruit aussi. Mars comme il ne nous appartient pas de sonder ce mystère, nous respecterons le secret de celui qui voulut vivre seul sur la terre après avoir été séparé de ses affections les plus chères. . .
Il fit donc la musique et les paroles du Chant de l'armée du Rhin,
Eh bien ! malgré la déclaration honnêle et sincère du iM*aTe officier; car nous y oroyons , il y a des gens qui ne craignent pa» de dire hautement le contraire.
Nous en avons trouvé un exemple dans la Biographie des Musiciens, 2* édition publiée chez Didot, en 4864.
M. Fétis, homme d'un talent incontestable, s*y exprime de la manière suivante :
« Navoigille est le véritable auteur du chant de la Marseillaise dont Rouget de Lisle n'avait composé que les paroles ; cependant on a toujours attribué au poète la part du musicien. Rouget de Lisle ne démentît pas ce bruit, et même après la mort de Navoigille, il eut le tort de donner de nouvelles éditions de ce beau chant, en se l'attribuant. Je possède la plus ancienne édition, publié en 1793, sur une pelite feuille volante, semblable à toutes celles
des airs d'opéras et des chaols patriotiques qu'on vendait alors six nous à la porte du théâtre. Elle a pour titre : Marche des Marseillais, paroles du citoyen Rouget de Liste, musique du citoyen Nawigillc, à Paris, chez Frère, passage du Saumon, où l'on trouve tous les airs patriotiques des vrais sâns-culottes. »
Nous en sommes fâché pour le citoyen Navoigiile, s'il est venu au monde un an après Rouget de Lisle; mais il existe un exemplaire intitulé : Marche des Marseil" lais, chantée sur différents théâtres (sans nom d'auteur ni des paroles ni de la musique) édité en 1792, sur format in-octavo par rimprimerie du Ministère de la guerre, ra.e Favart, à Paris.
D'un autre côté, M. Fétis, qui a été induit en erreur par la feuille volante de 4793, n'a sans doute pas eu sous les yeux les Essais en vers et en prose dont nous avons parlé; sans cela, il aurait reconnu que, dans cette édition, imprimée en 4796, Rouget de
Lisle a eu le soin de dire : « Toutes les pièces lyriques de ce recueil marquées d'un astérisque ont été mises en musique par Fauteur des paroles. » Et parmi ces pièces on trouve précisément le Chant des Combats ou Hymne des MarseilloiSy qui est marqué d'un astérisque.
Or, combien de fois faut-il répéter: Je me nomme Rouget de Lislel
Et puis encore, tous les grands maîtres et les grands compositeurs de musique n'ont- ils pas exprimé l'avis que nul autre que l'auteur des paroles n'avait pu faire la musique d'une œuvre où tout est incontestablement beau^ poésie et chant? Les deux ne forment qu'une seule et même inspiralion. 11 n'y a plus qu'un moyen à employer si l'on n'est pas de cet avis, c'est de faire don de l'œuvre enlière au sieur Navoigille, en disant que c'est lui qui a créé la Marseil" laise, et... personne n'y ajoutera foi, attendu qu'il n'a fait valoir aucun droit à cet égard, ni en 1792, ni en 1796.
Rougel de Lisle esi né musicien ; mais il a fait tour à tour de la musique et de la littérature, pour prouver aussi qu'il était poêle.
Il a vécu des œuvres de sa plume et de son violon. Au moment de mourir. . . il a dû prononcer tout bas :
Amour sacré de la patrie.
C'est la dernière note harmonieuse qui s'échappa de sabouche.
Mais ne faut-il pas, quand le cygne n'est plus, qu'on lui arrache ses plumes? Les plus belles sont les meilleures à prendre.
Laissez donc à Rouget de Lisle sa Marseillaise ! car c'est lui qui a composé d'un seul trait d'union le chant et les paroles, rAnie et le Corps, comme il le disait.
Rouget de Lisle était un homme franc et loyal, qui n'aurait pas su mentir à sa conscience. Ce qu'il a dit à madame Voïart, celleci l'a répété, et ce qu'il a écrit lui-même dans son livre des Cinquante Chants français, est la vérité du testament. Il faut la respecter!
ROfJGBT DB I.ISLE. 51
Un mot encore :
A l'époque oîi le sieur Navoigille publiait à Paris la Marche des Marseillais dont il avait soi-disant fait la musique, Rouget de Lisle gémissait au fond d'une prison. Pouvait-il défendre ses œuvres? La Terreur ne lui en aurait donné ni la facilité, ni le temps...
La question tombe d'elle-même, avec la fraude du citoyen Navoigille.
Il y avait d*ailleurs"plusieurs Marseillaises qu'on chantait alors et auxquelles Rouget de Lisle est demeuré étranger.
Son hymne de guerre, le voici: M. Gindre de Mancy en possède la musique primordiale, notée et corrigée de la main de Tauteur. C'est un précieux autographe.
Allons, enfants de la patrie l Le Jour de gloire est arrivé.
Contre nous de la tyrannie L'étendard sanglant est levé {bi»).
Entendex-vons dans les c Mugir ces féroces scAdats?