‹ Rouget de Lisle, son œuvre--sa vieChapitre 26 sur 124 · Moniteur du 6 mai · texte numérisé non relu

Moniteur du 6 mai

aura devant soi quinze mille ennemis de plus !

Puis ToQ répétait les beaux traits révélés dans

la journée : le maréchal Luckner recevant des

propositions pour servir TAu triche, propositions

écrites de la main même de son flls, et la façon

méprisante dont il y avait répondu, affectant de

de ne pas reconnaître l'écriture*; ses protestations

publiques de fidélité et d'amour de la France, et

ses embrassades avec le vieux général La Morhère ;

on félicitait Victor de Broglie de sa générosité dans

laffaire des bataillons sans solde, et Rouget de

Lisle du récit qu'il en avait fait le jour même dans

Je journal, ainsi que la verte manière dont il avait

traité les Laveaux et les Schneider. Les mots :

« Enfants de la patrie » revenaient souvent dans

la causerie : c'était ainsi que se nommaient les

bataillons des jeunes volontaires, notamment celui

de Strasbourg que commandait le fils Dietrich ; il y

avait d'autres « Enfants de la patrie » à Schelestadt

et à Colmar^. Et toujours revenaient les phrases

dans le ton du jour : « Aux armes, citoyens !

L'étendard de la guerre est déployé ; le signal est

donné. Aux armes !... Qu'ils tremblent donc, ces

despotes couronnés.. Marchons! soyons libres

jusqu'au dernier soupir !... »

Le repas se poursuivait dans une animation

Page 1