‹ Rouget de Lisle, son œuvre--sa vieChapitre 35 sur 124 · Cinquante chants français p · texte numérisé non relu

Cinquante chants français p

3. Molière musicien, IT, 450. — M. A. Loquiu [Mel. pop. de la France f 78), croit devoir contester cette assertion.

ment admissible. La tradition orale ne fut certainement pas étrangère à sa propagation : si, à la vérité, il est difficile d'admettre que la chanson de Rouget de Lisle ait été transportée aussi loin par cette seule voie (car elle eût subi bien plus d'altérations), par contre il résulte d'observations faites sur la première publication du texte à Marseille que les premières auditions données dans cette ville le furent de mémoire et sans que le chanteur eût devant les yeux la musique et les vers*.

Ici nous voilà transportés dans un milieu bien différent de celui où, pendant une année, nous avons vu vivre et se mouvoir Rouget de Lisle. Ce n'est plus la rêveuse et calme Alsace : c'est la Provence avec son radieux soleil, sa mer d'un bleu profond et cru. Ce ne sont plus les honnêtes bourgeois de Strasbourg, dévoués, assurément, autant qu'on peut Têtre, mais un peu timorés et d'une modération qui s'accorde mal avec la marche effrayante des événements : c'est le peuple de Marseille, avec sa tumultueuse exubérance. Le midi

parce que Castil-Blaze a ajouté que les voyageurs en question étaient venus de Strasbourg pour la foire de Beaucairo, et que la foire de Beaucairè ne s'ouvre qu'en juillet, c'està-dire dix jours après les événements dont il va ^tre question. Admettons alors que ces voyageurs ne sont pas venus pour la foire de Beaucairè, ou qu'ils sont arrivés dans le midi quelque temps avant cette foire : en quoi cela infirme-t-il le fait principal ? Et à quoi bon perdre son temps à de telles inutilités ?

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