‹ Rouget de Lisle, son œuvre--sa vieChapitre 39 sur 124 · Voy. Revue politique et littéraire^ 18 Août 1883, p · texte numérisé non relu

Voy. Revue politique et littéraire^ 18 Août 1883, p

répètent l'air ravissant qui coûta la vie aux généreux précurseurs de votre régénération soudaine*. » Soit dit en passant, il avait vraiment un joli style, Aoacharsîs Cioots, FOrateur du genre humain !

Cette conquête de la Savoie fut, pour la Marseillaise^ la cause de nouveaux triomphes. La Convention, au reçu de la nouvelle, avait décrété qu'une fête civique serait célébrée : sur la proposition du ministre de la guerre Servan, il fut décidé qu'à cette fête, au lieu de Te DeurUy Ton chanterait YHijmne des Marseillais'^, La séance où cette consécration fut donnée au chant de Rouget de Liste (celle du 28 septembre 1792) est assurément la première où son nom fut mentionné dans l'Assemblée, et Texécution donnée conformément à cette décision fut sa première exécution ofQcielle. La fête eu lieu le 14 octobre : l'ordonnance en fut des plus simples. Après le défilé du cortège, qui se rendit processionnellement de l'Hôtel de Ville à la place de la Révolution, les délégations de la Con- Tealion, de la province nouvellement conquise et des diverses autorités prirent place au pied de la statue de la Liberté, ornée pour la circonstance de drapeaux et d'inscriptions; puis on exécuta l'hymne, et ce fut là, en réalité, tout le programme. « Le chant des guerriers marseillais,

i. Moniteur du 30 septembre 1792.

2. Procès-verbal de la Convention nationale^ séance du 28 septembre 1792, p. 92. Voy. Pièces justificatives, Q.

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devenu l'hymne de la République, a été chanté avec enthousiasme, et les spectateurs attendris, remplis de cette satisfaction douce si différente de l'agitation bruyante de la fausse joie, se sont retirés paisiblement*... »

Mais un autre intérêt s'attache encore à cette exécution de la Marseillaise à la fête du 14 octobre 1792. Ce fut ce jour-là qu'on chanta pour la première fois un couplet qui n'est pas de Rouget de Lisle, mais qui, cependant, demeura, jouit d'une popularité égale à celle des deux plus belles strophes, la première et la dernière, et a fait oublier, ou tout au moins négliger, la plupart des autres. C'est le couplet des enfants :

Nous entrerons dans la carrière Quand nos aînés n'y seront plus*.

Un mystère assez obscur entoure l'origine de ce couplet, dont on n'a pas su déterminer d'une façon positive le véritable auteur. Certains désignent Marie-Joseph Chénier : mais cette opinion est insoutenable, Chénier n'ayant jamais eu l'habitude de voiler ses compositions sous l'anonymat, aucune donnée sérieuse n'existant d'ailleurs en faveur de cette attribution. Les principales probabilités se partagent entre deux littérateurs aujour-

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