‹ Rouget de Lisle, son œuvre--sa vieChapitre 47 sur 124 · Mémoires de Dumoiirtez^ ap. Chuquet, Jemmapes, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Dumoiirtez^ ap. Chuquet, Jemmapes, p

la Marseillaise, entonnée par toute une ligne de

bataille marchant au pas de charge, les baïonnettes

en avant, électrisait les combattants, les soulevait,

les entraînait avec une force inconnue. L'effet en

devait être prodigieux; les ennemis Tout constaté

d'eux-mêmes. « Une fois, comme le jour venait

de poindre, dit un officier allemand qui avait fait

la campagne de 1792, nous entendîmes sonner

Falarme. Personne ne pouvait se rendre compte

des bruits qui retentissaient au loin : on croyait

entendre des cris, des roulements de tambour, des

coups de canon. C'était bien tout cela effective-

vement. Les Français, qui s'étaient rapprochés de

nous depuis quelques heures, saluaient Taube

matinale, et en même temps Tennemi, en répétant

Yhymne terrible des Marseillais. Décrire Teffet de

cet hymne chanté par des milliers de voix est chose

humainement impossible*. »

Cette force du chant national était si grande que les généraux la mettaient véritablement en compte parmi leurs chances de vaincre. Lorsqu'on mars 1793 quelques échecs en Hollande eurent fait tomber un peu de cette belle ardeur et mis le découragement dans Tarmée, Dumouriez, pour remonter le moral à ses hommes, leur adressa une proclamation, d'un ton paternel, les appelant « mes braves camarades, mes amis, mes enfants, » les consolant, leur rappelant Grandpré, Valmy, Jem-

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