‹ Rouget de Lisle, son œuvre--sa vieChapitre 54 sur 124 · Id., p · texte numérisé non relu

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ses attaques furieuses contre les jacobins, particulièrement contre ce Laveaux, ennemi déclaré du maire et de son parti, qui déjà avait appris à connaître son style, et sur qui il avait appris à Bâle des particularités nouvelles qu'il dévoile en ces termes : « Après avoir exercé trente-six métiers, celui de cordelier entre autres, Laveaux, tombé à Bâle comme des nues, fut engagé en qualité de scribe chez M. Michel, négociant célèbre. Eh bien, à peine entré dans cette maison, Laveaux en fut CHASSÉ, ignominieusement chassé, chassé comme un gagiste sans foi, comme un mercenaire infidèle, trop heureux de n'être point dénoncé au Magistrat qui Teût expulsé de la ville aussi honteusement qu'il l'avait été de la maison à laquelle il DÉROBAIT sa subsistance*. » Et ailleurs : « C'est de crime en crime que cet homme est parvenu à se faire l'un des coryphées de la faction jacobite, et il n'y a presque point d'horreurs ni de scélératesses dont sa vie ne soit souillée. — II devint dans un même jour apostat, ravisseur et violateur de toutes les lois de l'hospitalité. — 11 fut partout le plus bas et le plus méchant des hommes. À Bâle, à Berlin, à Stuttgard, qui furent successivement le

1. Feuille de Strasbourg du 25 juin 1792. Pour la première fois il signe en toutes lettres, terminant sa correspondance par cette phrase : « Je vous prie. Monsieur, et vous somme d'apposer ma signature au bas de ma lettre, comme je le fais ici. — F. Rouget (de Lisle), capitaine au corps du génie. »

théâtre de ses infamies, son nom seul suffit pour exciter l'expression du mépris,ou celle de l'indignation, ou celle de la frayeur sur les visages de tous les gens de bien*. » Cette polémique rétrospective n'a plus grand chose pour nous intéresser par elle-même, mais du moins elle nous fait connaître le ton auquel était monté alors Rouget de Lisle ; il faut convenir qu'il serait difficile qu'il fût parvenu à un plus haut degré de passion !

Pendant son séjour à Huningue, il ne semble pas que l'auteur de la Marseillaise ait composé de nouveaux vers ni de la musique nouvelle. L'on rapporte cependant que, en ce chaud été de 1792, par les fenêtres ouvertes de la maison qu'il habitait (la seconde maison à droite en entrant par la rue d'Alsace, tout au bout de la ville, chez un des notables citoyens de la localité, Ritter, membre de l'Assemblée législative, et, plus tard, de la Convention et du Conseil des Cinq-Cents), les habitants d'Huningue lui entendaient parfois jouer du violon, et que tout le monde connaissait la maison de M. Ritter et son hôte, vite passé grand homme^; mais il est évident que ses exercices musicaux se bornaient à de simples délassements d'exécutant, et qu'il fut trop occupé pendant cette période pour pouvoir rien écrire.

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