‹ Rouget de Lisle, son œuvre--sa vieChapitre 79 sur 124 · Collection Etienne Charavay · texte numérisé non relu

Collection Etienne Charavay

de notre histoire musicale, celui qui eût traité de radministration de notre première scène lyrique par Fauteur de la Marseillaise!

Il n'en était pas moins toujours à la recherche d'une position définitive: une haute position, surtout quelque chose de très extraordinaire, et qui le distinguât du commun des mortels: car ses ambitions étaient, à cet égard, très caractéristiques. Il aurait bien voulu aussi reprendre son uniforme d'offlcier, quitté avec tant de regret. Et coname, à la fin de Tannée 1800, de nouveaux mouvements de troupes se préparaient et qu'il était question de guerre, il écrivit à Bonaparte, le 29 brumaire an IX, une lettre qui se terminait par ces mots :

Général, pourquoi ne m'emmèneriez- vous pas avec vous? Je ne crains pas plus les balles qu'un autre ; les occasions ne vous manqueront pas de tirer de moi quelque parti. Emmenez-moi comme officier du génie, comme officier d'ètat-major, comme simple grenadier, — pourquoi pas comme votre barde ? Mais enfin emmenez-moi ^

Joséphine s'intéressait à lui et l'avait pris sous sa protection : il eût obtenu sa réintégration dans Tarmée si la guerre prévue avait eu lieu. En compensation, elle lui fit obtenir une mission à l'étranger, mission toute courtoise, toute d'apparat, à laquelle sa personnalité d'auteur du chant na-

Page 1