‹ Rouget de Lisle, son œuvre--sa vieChapitre 80 sur 124 · Collection Le Petit · texte numérisé non relu

Collection Le Petit

tional de la Révolution — sous le régime de laquelle, en somme, la France vivait encore — ne pouvait qu'ajouter un éclat de plus. Il s'agissait d'aller présenter au roi d'Espagne des cadeaux envoyés, en gage d'amitié, par le Premier Consul et sa femme : des armes pour le roi, des diamants pour la reine. Rouget de Lisle allait ainsi briller au premier rang, dans une cour étrangère dont le prestige était encore vivace, y représenter officiellement la France; il ne se sentit pas de joie! Il écrivit:

Paris, 7 frimaire an IX.

Citoyen Consul,

Madame Bonaparte m'a pénétré de reconnaissance en m'apprenant avec quelle bonté vous avez accueilli l'idée de me charger des présens que vous destinez au roi d'Espagne. Une pareille mission est tout à la fois si flatteuse et si honorable que je n'oserais y prétendre, s'il ne m'était permis de le faire sous des auspices aussi puissans que ceux de Madame Bonaparte.

Une seule destination me paraîtrait préférable encore, celle pour laquelle je vous témoignais une vocation si sincère dans ma dernière lettre. Mais je sens qu'il est des faveurs insignes qui ne peuvent être le partage que d'un petit nombre d'élus, et auxquelles le simple dévoûment ne donne pas de droits.

Salut et respect*.

Mais la malechance allait de nouveau s'acharner sur lui. Du haut de ses nouvelles grandeurs. Rouget de Lisle retomba, et, cette fois, pour ne se relever

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