Voir deux lettres à Pleyel, Ménestrel, 188o, p
4. Lettre de Madame Gaïl, Catalogue d'autographes, 26 novembre 1883, Eug. Charavay, no 239.
rélève, dit l'avoir vu souvent chez elle en 1809*. La plus grande partie du temps, il vit seul, comme un sauvage, retiré du monde, presque toujours chez lui, dans de modestes logements, dont il change souvent pour des raisons trop faciles à deviner. Oh ! nous sommes bien renseignés sur sa manière de vivre à cette époque: par la police, tout simplement. Car il était surveillé, et de près. Les Archives nationales conservent plus d'un rapport de police le concernant. En Fan XII, le Grand Juge, ministre de la Justice, ordonne au Conseiller d'Etat, Préfet de police, de « prendre les mesures convenables pour connaître sa conduite et ses discours. On Taccuse de se mêler d'escroquerie, et on assure même qu'en l'an IX il a fait un billet faux au sujet d'une comptabilité d'hôpital. » Gomme c'était agréable de vivre en ce temps-là !... Aussitôt^ les agents de Fouché sont mis en mouvement ; mais le préfet de police ne trouve rien à répondre, si ce n'est que Rouget de Lisle, ex-chef de bataillon, loge à l'hôtel, qu'il y est peu connu, qu'il paie exactement ses loyers, et que le soir il rentre un des premiers. « Je le fais surveiller, » ajoute le digne fonctionnaire. Quelques semaines après, nouveau rapport confirmant les premiers renseignements, déclarant d'abord que « cet individu est peu connu et paraît mener une conduite assez régulière, » faisant de nouveau connaître