‹ Rouget de Lisle, son œuvre--sa vieChapitre 87 sur 124 · Le Siècle, 25 Mai · texte numérisé non relu

Le Siècle, 25 Mai

dans ses relations les plus indirectes et les plus

éloignées, » et connaissant « Tadresse infernale

qu'ont certaines gens pour dénaturer du blanc au

noir les choses les plus innocentes*. » Lui, si

énergique autrefois, même si téméraire, lui qui

avait résisté au 10 août, souffert une année dans

les prisons révolutionnaires, .marché bravement

sur les champs de bataille, tenu tête à Carnot età

Bonaparte, le voilà décidément vaincu : le ressort

est détendu ; il est las, il demande enfin le repos,

la tranquillité.

Mais, ce repos même, il ne pouvait pas le trouver, dans Tétat singulièrement embrouillé de ses affaires. Et ce n'est pas seulement de ses affaires personnelles qu'il s'agissait, mais aussi de ses affaires de famille, qui n'étaient pas plus prospères. Les détails nous en sont connus par les lettres que Rouget de Lisle écrivit à sa mère et à sa sœur de 1806 à 1811, lettres dont la collection appartient à la Bibliothèque Carnavalet. Une seule est antérieure il cette période : elle remonte à 1796 ou 97, et est écrite avec cette vivacité qui caractérisait le style de Rouget de Lisle avant la période d'abattement final : par quelques phrases, cependant, il est facile de s'apercevoir quexléjà la situation de la famille était embarrassée. Son père était mort à une époque inconnue, vraisemblablement pendant la Uévolution,et,ses frères et sœurs s'étant dispersés,

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