Le lloY DE Sai>'te-Choix. La Marseillaise, i
coïncidence singulière, les vers sont disposés semblablement tout le long du couplet. Et il faut voir quel effet burlesque produit cette association de l'air pleurard avec les strophes enflammées ! Cette facétie eut cours pendant tout le règne de Louis- Philippe, qui lui-même aimait à la pratiquer, sans doute pour se consoler d'avoir été forcé trop souvent à son gré de chanter primitivement Tair de Rouget de Lisle. Berlioz ne la goûtait pas moins : il a pris la peine d'en donner dans un de ses livres une notation la plus sérieuse du monde *. Elle est si bien dans sa nature d'esprit que l'on pourrait se demander si elle n'est pas de son invention I
Interprétée par un roi, parodiée par un maître, que manquait-il maintenant à la gloire de la Marseillaise ? Plus rien assurément. On aurait pu, à la vérité, la prendre définitivement comme chant national ; mais les temps n'étaient pas encore venus. L'on préféra en faire un pâle décalque. A cet égard, Casimir Delavigne réusssitfort bien à en évoquer le souvenir, à donner l'illusion d'une J/or- «ei7/ats^ dégénérée, lorsque, sur un air dont les premières notes sont semblables à celle du chant de Rouget de Lisle, mais qui tombe aussitôt après dans une parfaite vulgarité, il écrivit les vers de la Parisienne, chanson qui, pendant tout le règne de Louis-Philippe, joua le rôle de l'hymi^e national français.