DEUXIÈME PARTIE
Art. II. — La garde nationale.
On lui donne un fusil pour défendre les institutions établies, et au besoin pour les renverser (i), conformément aux conseils du poète Héliade (2) et du journal le Priincul (3).
Art. 12. — Émancipation des monastères dédiés aux
Saints Lieux.
Comme les questions sont faciles à trancher sur le papier, et quel bon air vous a une grave loi décrétée en sept mots! Il n'en a pas fallu davantage aux législateurs de 1848 pour décréter l'émancipation des monastères dédiés aux Saints Lieux. Peine perdue; ce décret se heurtait à une question de politique internationale qu'il leur était interdit d'aborder. Personne ne l'ignorait. La question, d'ailleurs, n'était pas nouvelle; mais il convenait aux régénérateurs de 1848 d'oublier qu'il n'avait pas fallu à Bibesco moins de six années de lutte opiniâtre, tant contre les Saints Lieux que contre la Russie et la Turquie, — qui les soutenaient, — pour empêcher les intérêts de l'Eglise et du pays de sombrer, et pour sauvegarder les droits de l'Etat (4). Ce n'est que dix ans plus tard que le prince Couza parvint, à la faveur d'un coup d'État (5), — le pays jouissait d'une indépendance presque complète et de la sympathie de la majorité des grandes Puissances, — à trancher définitivement cette question des biens conventuels.
La loi de 1848 était donc sans objet, c'était un coup d'épée dans l'eau; les auteurs de l'article le savaient bien, mais leur but était de provoquer l'enthousiasme des ignorants, dans le présent et dans l'avenir.
(1) Voir les Mémoires de Joseph Prud'homme, par Henri Monnier.
(2) Histoire de la régénération roumaine ^ p. 77.
(3) Pruncul roman, n° 10.
(4) Voir la Question des Saints Lieux, t. I, p. 60-137.
(5) Id., t. I, p. 83 et 84.
Art. 13. — Émancipation des paysans de la claca (i),