‹ Roumanie, d'Andrinople à Balta-Liman (1829-1849) (volume 2)Chapitre 120 sur 215 · QUI DEVIENNENT PROPRIÉTAIRES AU MOYEN DE L'INDEM- NITÉ · texte numérisé non relu

QUI DEVIENNENT PROPRIÉTAIRES AU MOYEN DE L'INDEM- NITÉ

Voici enfin un vœu de progrès, il est l'écho d'un besoin réel, on ne peut qu'y applaudir. Mais quelle légèreté et quelle imprudence de décréter ainsi cette émancipation avant d'avoir étudié tous les côtés de cette grave question et avoir pris toutes les mesures en vue de son application ! Aussi est-il advenu de cette question ce qui était facile à prévoir : la Lieutenance princière a fait une tentative vaine pour faire voter cet article par une commission de délégués envoyés par les paysans et les propriétaires (2) .

(1) Claca, HÉLiADE, Mémoires, p. 398, note :

« Nous avons souvent parlé de la claca et des clacasi ; mais nous n'avons pas encore classé les habitants de la Valachie dans leurs rapports vis-à-vis de la propriété ! En Valachie, les habitants se divisent en véritables propriétaires, en embaticaires, en clacasi, en locataires ou prolétaires.

« Tout le monde connaît le sens attaché aux mots de propriétaires, de locataires on prolétaires ; nous n'avons qu'à nous occuper des embaticaires et des clacasi.

« Les embaticaires sont les propriétaires d'une maison ou de plantations sur une terre appartenant à autrui, et sur laquelle ils ont des droits à perpétuité, moyennant une minime redevance qui ne va pas à la dixième partie des intérêts de la valeur du terrain.

« Les clacasi sont des paysans qui ont le droit de jouir, sur la terre où ils se trouvent de neuf arpents de terrain, et pour lesquels ils ne doivent payer que presque le quart de ce que payent ceux qui ne se trouvent pas du même village.

« Par conséquent les clacasi sont propriétaires des trois quarts ou de la moitié du terrain qu'ils occupent. Les soi-disant patriotes d'aujourd'hui veulent les délivrer de leurs droits de clacasi pour les rendre complètement prolétaires, c'est-àdire ils veulent leur ravir les trois quarts de la propriété que la loi leur a reconnue. »)

(2) Vingt-huit ans plus tard, en 1876, le paysan était devenu propriétaire (loi de mai 1864); deux des personnages marquants de l'insurrection du 1 1 juin, MM. C. Rosetti et Bratiano (Jean), fidèles à leurs principes de 1848, pratiquèrent, comme ministres en fonction du Prince Charles de Hohenzollern, l'excitation à la haine des classes, en excitant le paysan qui cultive sa terre contre le proprié taire qui la fait cultiver. Le gouvernement libéral de ces messieurs donna à cette époque le spectacle inouï d'une bienveillante complicité, à l'occasion du vol de sept cents hectares commis, à main armée, par des paysans sur un domaine voisin de leurs terres.

Voir lettre à M. E. Costinesco, Bucarest, 28 septembre 1885, p. 58. — Affaire de Breaza; livre -. Politique, Religion, Duel, par le Prince Georges Bibesco (Pion, édit.).

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