‹ Roumanie, d'Andrinople à Balta-Liman (1829-1849) (volume 2)Chapitre 126 sur 215 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

dirigée contre la vie de Napoléon III, pouvait deviner ce que l'Empereur ferait en 1856 en faveur de la Roumanie (i). Certes, ce n'est pas leur faute, si la Roumanie a dû son salut, en 1856, à Napoléon et à la France (2).

(1) Voir Rousso Locusteano, note 29, Lettres d'exil. « C'est à la France que nous devons notre salut ».

Lettre d'Héliade à Gradisteano.

« Chio, 27/9 juin 1853.

« J'ai regret de tout ce que vous m'écrivez de Bratiano, non à cause de sa personne, mais parce que c'est un Roumain, et je n'aurais pas voulu que les Roumains figurassent dans des causes si pourries. Je ne sais que dire de ces gens. Lorsque dans le pays, en 1848, les Russes voulaient nous faire passer pour démagogues, socialistes, communistes, ils faisaient tous leurs efforts pour se montrer tels que voulaient les dépeindre les calomnies russes : et, depuis, jusqu'en 1853, leurs actions ont le même esprit de suite et les mêmes conséquences. Que les Russes ou le Czar veuillent aujourd'hui susciter des troubles en France, pour empêcher Napoléon de leur résister en Orient, vous voyez ces gens se jeter dans des intrigues et complots de cette nature. Sont-ils aveugles? et s'ils ne le sont pas, est-ce un système chez eux? » Lettres d'exil d'Héliade. — Voir Rousso Locusteano > p. 229.

(2) Note 31 de Russo Locusteano, Lettres d'exil, p. 674.

(( L'Empereur se préparait alors à faire la guerre à la Russie, pour la chasser de notre pays, qu'elle avait occupé le 30 juin, avec la volonté de n'en plus sortir : et lorsque la vie d'un potentat qui venait sauver notre pays et notre nationalité devait nous être chère, il se trouvait des Roumains pour attenter aux jours de celui de qui dépendait notre existence comme Nation libre, et faire les affaires du colosse du Nord. C'étaient les mêmes hommes qui, en 1848, servaient inconsciemment la Russie, dans le pays, en complotant de remplacer Héliade et Tell, au gouvernement, par Odobesco et Solomon, instruments du Czar : et ce sont encore eux qui continuaient à rendre, loin de leur pays, les mêmes services à TEmpire, envahisseur des peuples et destructeur des nationalités, en donnant à notre candide mouvement une couleur de sang ; et toujours sans se rendre compte des conséquences, sans savoir ce qu'ils faisaient. »

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