CONCLUSION
Le mouvement de 1848, en dehors de la part que nous avons déjà faite à l'enthousiasme et à la sincérité, a une cause moins noble que celle dont ses auteurs se prévalent aux yeux de la postérité. Un esprit clairvoyant la découvrira, en parcourant cet ouvrage, dans le patriotisme et l'excès même de libéralisme du premier Elu de la nation.
Nous nous expliquons :
De même qu'à Vienne , « tout en rendant justice aux quart lités distinguées du Prince », — écrivait confidentiellement M. Philippsborn à Son Altesse, — « à Ses sentiments élevés; « tout en faisant passer au creuset de la critique le désir qu'il « avait annoncé, à Son avènement, de marcher droit à la réforme, « de ne pas dévier de cette voie, quand même, et qu'en y tenant « avec une rare persévérance II n'avait pris conseil que de Ses « inspirations généreuses,.., on inclinait à croire que le Prince « s'était trop hâté (i) ; » de même que pour le cabinet de Saint- Pétersbourg, « Bibesco n'était pas assez docile. Ses réformes devenaient un sujet de méfiance (2) », de même, pour les régénérateurs, l'Elu de 1843 tendait trop à régénérer sans eux.
Ils ne songèrent pas à le renverser, mais à faire servir à leurs
(1) Lettre de M. Philippsborn, agent du Prince Bibesco auprès du gouvernement de l'Autriche, à Son Altesse. (Voir la Correspondance générale diplomatique, t. I, p. 255.
(2) M. de Nion à M. Guizot, lettre du 22 juillet 1847. (Archives du Ministère des affaires étrangères, Paris.)