‹ Roumanie, d'Andrinople à Balta-Liman (1829-1849) (volume 2)Chapitre 138 sur 215 · ÉTRANGERS AUX LOIS DU PAYS. JOUISSANCE DE LA LIBERTÉ DE · texte numérisé non relu

ÉTRANGERS AUX LOIS DU PAYS. JOUISSANCE DE LA LIBERTÉ DE

NAVIGATION SUR LE DaNUBE, AUX MÊMES CONDITIONS ÔUE LES AUTRES

Puissances.

(( Voilà ce que vous devrez demander aux Puissances et ce qu'elles devront vous accorder, si elles veulent sérieusement vous accorder quelque chose.

« Pour ce qui est de l'organisation intérieure, si elles s'en mêlaient trop, il en résulterait un habit d'Arlequin qui néanmoins pourrait contenir dans ses plis plus d'un sujet de secousse et de commotion.

« Je crois donc qu'il faudra se grouper autour du Règlement organique, pour en sauver tout ce qu'il contient de bon. Ce n'est pas faute de bonnes lois qu'aucun germe de bien n'a pu prendre sur notre sol sans cesse remué! Combien nous serions loin aujourd'hui, si les malheureux événements de 1848 et tout ce qui s'en jest suivi n'étaient pas venus nous arrêter dans notre course, pour nous faire reculer de trente ans en arrière ! C'est ce qu'il faudrait faire sentir aux commissaires, — pour

empêcher que la forme emporte le FOND, ET ÉVITER ûu'EN SE perdant DANS DES DÉTAILS INTÉRIEURS ON NE PERDE DE VUE L'ES- SENTIEL, C'eST-A-DIRE LES GARANTIES DE STABILITÉ.

« En attendant, voici quelques principes qui pourront faire partie de votre programme :

« i" Égalité devant la loi civile et criminelle, sans distinction DE classe ni de CONDITION.

« 2" Contribution de tous aux charges de l'État, par conséquent, l'Impôt foncier.

M 3° Admissibilité de tous les Valaques ayant la capacité nécessaire, a tous les emplois du pays.

« 4" Fusion dans la grande famille roumaine de tous les étrangers qui, par un long séjour dans le pays, par une conduite HONORABLE, ET PAR l'eXERCICE d'uNE INDUSTRIE OU D'UNE profession UTILE, POURRAIENT ÊTRE ADMIS A RÉCLAMER LE DROIT

RÉSUMÉ SUCCINCT

de cité, a la condition ôu'lls renonceraient a toute protection

étrangère. c'est de la aue sortirait notre bourgeoisie.

« 5° Respect de la propriété. C'est la pierre angulaire qu'on ne saurait ébranler sans ébranler tout l'édifice social.

« Méfiez-vous des formes par trop constitutionnelles. Elles ne sont pas faites pour des peuples encore dans l'enfance comme le nôtre, et qui ont le malheur d'être infestés de tous les vices d'une civilisation avancée, moins la civilisation. — Pour mon compte, je voudrais voir à la tête du gouvernement de mon pays un homme au bras de fer, mais au cœur d'or. Dans l'état de démoralisation et de désorganisation où il se trouve, ce serait son unique salut.

« Je vous ai parlé de \ Union, je l'appelle et l'ai appelée de tous mes vœux; mais je ne crois pas qu'on nous la donne, vu les grands intérêts étrangers qui s'y opposent.

« Voilà, mon cher Jean, ce que j'avais à vous dire; votre beaufrère Grégoire suppléera à ce que j'aurai oublié; j'ai pu lui communiquer longuement mes idées.

« Mille amitiés pour vous et pour tous les vôtres.

« Signé : G. BiBESCO. »

Ce document est trop éloquent dans sa concision, il donne trop bien la mesure de l'amour du Prince pour Son Pays et de la connaissance qu'il avait de ses besoins, pour qu'il soit utile d'ajouter aucun commentaire.

Toutefois, les appréciations du Prince sur les droits des Roumains, dont l'indépendance administrative et législative était, ah antiquo, fondée sur les traités des Princes roumains Mircea et Vlad V avec la Sublime Porte (i), nous suggèrent les réflexions suivantes :

(i) Voir t. 1", p. 59, le traité de 1392. — Voir à l'Appendice de ce volume celui de 1460.

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