TROISIÈME PARTIE
prononcé avant que le travail de la commission fût prêt, et que ce discours établissait les quatre points que Bibesco engageait le Divan à adopter, et qu'il adopta. Or, il importait, pour la légende (i), qu'il fût établi que tout ce qui avait été fait au Divan ad hoc avait été' l'œuvre des prétendus patriotes de 1848.
Est-il nécessaire de rappeler que c'est M. J. Bratiano qui a demandé au Divan de prendre en main la réorganisation intérieure du pays, — faute que le Prince avait exhorté ses partisans à ne pas commettre, — que M. Alexandre E. Floresco a combattu cette proposition, et que l'Assemblée l'a repoussée comme n'étant pas de son ressort? A quoi bon? Notons seulement que le document dont nous parlons ne mentionne pas cette motion : c'est plutôt un document de parti qu'un document historique.
Rendons cette justice à M. N. Blaramberg que, bien que appartenant par la Princesse Ghica, sa mère, à cette dernière famille, il n'a pas goûté ce procédé mesquin, et a publié la majeure partie du discours du Prince Bibesco dans son ouvrage : « Essai comparé sur les institutions, les lois et les mœurs de la Roumanie (p. 308) .
(i) On a pu se rendre compte, à propos du voyage en Roumanie de M. Ulbach, ami de M. C. Rosetti, et de sa conférence à Paris, — retour de Bucarest, — du soin que les membres de l'insurrection de 1848 mettaient à entretenir leur légende.
Il nous a été donné, depuis, de constater les énormités, que chaque jour, le mensonge, en matière d'histoire, fait écrire à l'ignorance, en lisant un paragraphe des <( Notes sur la vie du Roi Charles » publiées par V Indépendance roîimaine le i^l^S octobre dernier. — Les derniers des Hospodars installés, y est-il raconté, n'agirent en rien autrement que les plus détestables des Princes phanariotes envoyés de Constantinople. Ils poursuivaient de la même haine qu'eux le réveil de l'esprit national, et étouffaient par la force brutale toutes les tentatives de régénération d' tin peuple foulé aux pieds, etc.. La révolutiofi de 1848 survint... l'Hospodar de Valachie, le Prince Bibesco, fut déposé, etc.
Autant de mots, autant de grossières erreurs publiées d'ailleurs avec insouciance à Bucarest même, sans qu'aucun Roumain, par fierté nationale ou par amour de la vérité, songeât à relever l'ignorance ou la mauvaise foi du rédacteur de la Deustche Revue.
Nous y avons répondu de Genève, dans un opuscule intitulé : « Ignorance ou mauvaise foi. » L'ouvrage que nous publions complète notre courte réponse de 1893.