EXPOSÉ SUCCINCT DES ÉVÉNEMENTS
aUI ONT PRÉCÉDÉ ET SUIVI l'OUVERTURE DE l'ASSEMBLÉE A BUCAREST. TEXTE EN LANGUE FRANÇAISE.
« La Caïmacamie réglementaire établie par la convention de Paris avait une rude tâche à remplir : celle de préparer, en peu de temps, le pays, qu'elle enlevait aux mains d'un gouvernement démoralisateur, et à procéder librement au choix du chef de la Nation. Il lui fallait pour cette tâche, non pas seulement du zèle, du patriotisme et de l'énergie, mais avant tout l'union entre ses membres. Cette union avait fait défaut dès l'abord ; quand il s'était agi de modifier le personnel administratif, composé en entier des créatures du Prince Ghica, un des Caïmacams opposa son veto ; après plusieurs jours de lutte, les deux autres avaient pris sous leur responsabilité de nommer trois ministres et quelques préfets nouveaux. La Porte, sollicitée par des protestations diverses, avait cru tout concilier en approuvant les modifications faites et en interdisant les changements pour l'avenir. Les deux plus précieux instruments d'un gouvernement en temps de trouble et d'agitation, la police et l'armée, se trouvèrent ainsi conserver pour chefs ceux que le Prince Ghica leur avait donnés.
« Malgré cette impuissance du pouvoir, malgré les menées incessantes du parti révolutionnaire, qui faisait cause commune avec le parti Ghica, le parti avide de tranquillité avait eu la sagesse d'envoyer les partisans de l'ordre en majorité à l'Assemblée. L'apparition de cette majorité, qui devait mettre les intrigues des révolutionnaires à néant, les décida à tout oser pour enlever, par la violence, un succès qu'ils ne pouvaient plus espérer, même par une apparente légalité. Là est toute l'explication des tristes journées des 3, 4 et 5 février (i), dont voici brièvement l'histoire.
(i) 22, 23 et 24 janvier.