‹ Roumanie, d'Andrinople à Balta-Liman (1829-1849) (volume 2)Chapitre 171 sur 215 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

rendre à la Roumanie que la Bessarabie, tandis que, victorieuse, la Russie serait libre d'unir en un faisceau les Roumains des. Carpathes, soit dix millions de Roumains. Plus préoccupés de l'avenir, ils eussent été amenés à prévoir que la France, après avoir subi une éclipse momentanée, reparaîtrait à l'Occident, fortifiée par le souvenir de ses malheurs, par le travail et la volonté de redevenir la France d'autrefois; que la Russie, après des siècles de labeur, finirait par émerger à l'Orient , plus redoutable qu'aucune autre Puissance , par le nombre discipliné autant que par le courage de ses armées ; et que l'amitié de ces deux grands combattants, cimentée aujourd'hui pour assurer la paix, pourrait, demain, enchaîner la victoire.

Pour avoir déserté la politique nationale, faute de n'avoir pas prévu Cronstadt, Toulon et leurs conséquences possibles, il est à craindre que les hommes politiques de la Roumanie n'aient créé à leur pays une situation des plus graves.

Serait-il temps d'améliorer cette situation? Il est bien tard; encore faudrait-il le vouloir sincèrement et résolument. S'il était vrai, comme le bruit en a couru, que la Roumanie se rapprochât de la France, on devrait se réjouir d'un pareil événement, précurseur d'une détente dans les relations entre le Royaume danubien et sa puissante Voisine.

En effet, quel sort ferait, au Royaume danubien, en cas de conflagration européenne le triomphe définitif de la Russie et de la France? Le Royaume serait, en quelque sorte, en dépit de la bravoure de son armée, à la merci de la Russie. Certainement la clairvoyance du Czar ne confondrait pas les sentiments de la nation roumaine avec la politique de ses gouvernants, et l'Empereur n'oublierait pas que cette nation est Fille, comme Il est Lui-même Fils, de la religion orthodoxe. Toujours est-il que notre espoir serait que la France se souvînt de ce peuple latin des Carpathes, isolé en Orient, vers lequel sont allées, jadis, toutes ses sympathies, dont plus d'un enfant est venu , — à l'heure

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