LE 23 AVRIL 1843, PAR C.-C. ARISTIA
TRADUCTION
Tu as enfin aperçu la lumière, ô Pays si longtemps éprouvé par le sort ! — Que de fois tes ennemis ont creusé ta tombe ! — Que de fois les
(1) Le Métropolitain.
(2) C'est-à-dire le Prince. .
APPENDICE
cruels, menaçant nos frontières, se tenaient prêts à lancer sur nous leurs foudres.
Mais l'Etre qui commande à tout, — qui peut élever et abaisser l'homme, — sut te sauver du danger. Tu subis les vicissitudes du sort, passant, dans ta vie, tantôt des ténèbres à l'éclat de la lumière, tantôt de la lumière aux ténèbres.
Si l'Oit nous disait combien de fois le sang répandu par de cruels ennemis a rougi ses flots, — si les bois nous disaient combien de mères, en pleurs, ont vu leurs souffrances abrégées par la violence; — si les Carpathes pouvaient parler, que de choses ils raconteraient ! Si les Roumains songeaint aux siècles qui se sont écoulés, — ils sauraient vénérer, — comme une vivante image, — la poussière de Radu, de Mircea, leurs anciens Princes.
Nous avons eu des époques difficiles; nous avons été punis pour nos péchés ; — les infidèles ont infesté cette terre bénie de Dieu. — Les Roumains désarmés gémissaient sous leur joug, — quand un héros, Michel, apparut pour leur salut.
Mais les vices et les vertus des hommes sont des causes incessantes de changements. — Si du ciel lumineux une étoile disparaît, l'ombre prend sa place; si l'on voit périr un homme au nom retentissant, un héros par l'éclat de ses actions et de sa parole, il se passe des siècles avant qu'un autre prenne sa place.
Tu as enfin aperçu la lumière, ô Pays éprouvé par le sort ! — Sur ton trône, que sûrement la bonté divine voulut conserver, — un autre Michel règne, et sa main porte l'épée ; — son esprit est fait pour gouverner ; Il est né pour régner.
Michel a su briser l'ennemi, si fort qu'il fût; — il a su porter nos frontières bien au delà des Carpathes ; — Bibesco saura lui aussi dompter le lion ; — il saura faire rendre justice aux opprimés.
Son patron, saint Georges, sut, à cheval, la lance en main, — mettre à mort le dragon et triompher de l'infidèle; — son client, Georges, porte sur la tête une couronne — que Minerve a tressée de ses plus belles fleurs.
Il étouffe l'ignorance, disssipe les ténèbres, — Il réveille de leur sommeil les fils de Romulus ! — Sa droite tient le sceptre. Il ressuscite le droit ; Sa gauche tient le livre de la loi : il est à la fois législateur et Prince.
Chassée par nos crimes, Astrée s'était enfuie; — je la vois accourir aujourd'hui près du trône de Roumanie; — grâce à elle Saturne régnait, jadis, paisiblement sur le Latium ; — Bibesco régnera de même, sans jamais se séparer d'elle.
C'est en Lui, Roumains, c'est en Lui que vous devez, tous, mettre Votre espoir! — Priez le Seigneur de Le prendre sous sa garde! — C'est
APPENDICE
le ciel qui L'a choisi, c'est Dieu qui L'a appelé à régner. — Criez tous : Qu'il vive à jamais heureux, le Prince Bibesco.