‹ Roumanie, d'Andrinople à Balta-Liman (1829-1849) (volume 2)Chapitre 34 sur 215 · EXPULSION · texte numérisé non relu

EXPULSION

DE

DEUX HÉGOUMÈNES.

Rimnic; vu les termes inconvenants, inexcusables, dans lesquels ces deux hégoumènes ont osé contester la soumission qu'ils doivent au Prince et à S. S. le Métropolitain et leur refuser de reconnaître les conditions arrêtées, — au sujet de l'affermage des domaines des monastères, — dans le but de mettre un terme aux irrégularités qui se commettaient lors de la conclusion des contrats particuliers ;

Considérant que c'est la première fois que le Gouvernement et S. S. le Métropolitain constatent une pareille résistance de la part des hégoumènes, résistance accompagnée de prétentions à des droits injustifiables, — comme le démontrent les dispositions des fondateurs et les actes Princiers qui les confirment, — et que les hégoumènes n'ont jamais émis;

Vu l'avis formulé par ledit journal, à savoir : qu'il n'est pas convenable de laisser plus longtemps l'administration des monastères aux mains de ces révoltés ; que les maintenir dans leurs fonctions serait d'un exemple funeste et contraire aux droits de l'administration ecclésiastique, à laquelle incombe le devoir de surveiller avec soin le corps du clergé ;

Nous partageons l'opinion émise dans ledit journal, et ordonnons que ces deux moines soient expulsés du pays pour leur résistance sans exemple. Le Logothète des affaires ecclésiastiques s'entendra avec S. S. le Métropolitain en ce qui concerne l'avoir de ces deux monastères, et avec l'Aga au sujet du renvoi des deux moines de la Principauté;

En même temps, S. S. l'Ephore du Saint Monastère de Sinaï sera informé de la conduite coupable des deux hégoumènes et invité à en envoyer d'autres qui soient animés de la crainte de Dieu, qui possèdent les qualités requises, et que le Gouvernement puisse admettre à administrer les couvents dédiés, avec la certitude que les intérêts de ces établissements ne seront pas lésés, et que les droits des monastères indigènes seront respectés. Jusque-là, S. S. le Métropolitain et le Logothète des affaires ecclé-

siastiques auront soin de désigner deux administrateurs provisoires, choisis parmi les ecclésiastiques que leur bonne conduite et le respect des choses saintes recommanderont avant tous autres, et qui auront à se consacrer de tout cœur à l'administration desdits monastères, jusqu'à l'arrivée des hégoumènes envoyés par les Saints Lieux. Les revenus seront déposés à la Métropole.

(Suit la signature de Son Altesse Sérénissime.)

Le chef du Département, M. Floresco.

COMMENT ON ÉCRIT L'HISTOIRE

« L'abbé du monastère de Saint-Georges , à Bucarest, avait perdu les titres des terres dépendant de ce monastère dans Vincendie qui dévora, en i8^y, une notable partie de la ville. Il demanda que les copies qui existaient de ces titres fussent légalisées. Mais il lui fut répondu qu'on ne lui accorderait le paragraphe nécessaire que moyennant le don d'une terre qui rapportât 6^,000 piastres de revenu. Il dut subir la condition de cet onéreux pot-de-vin. Les exigences devenant chaque jour plus oppressives^ les moines furent obligés de recourir de nouveau à la protection moscovite. »

C'est M. Elias Regnault qui parle (p. 328), et il s'inspire comme toujours de l'honnête anonyme Chainoi, auquel il renvoie [Principautés Danubiennes) .

M. Ubicini parle aussi, à propos de cette question, des exactions de Bibesco qui contraignirent les hégoumènes à implorer de nouveau l'assistance de la Russie (p. 178),

Nous avons reproduit dans notre premier volume la lettre du

Page 1