CHAPITRE IV
RÉORGANISATION DES PRINCIPAUTÉS DANUBIENNES
Attitude de la Porte pendant cette période de réorganisation des Principautés. — Nomination par la Porte d'Alexandre Ghyka comme prince de Valachie, de Michel Stourdza comme prince de Moldavie. — Mai 1834. — Le prince Ghyka est déposé en 1842 par un firman de la Porte. — Nomination d'une Caïmacanie chargée de gouverner le pays en attendant l'élection du futur Prince.
On pourrait s'étonner de l'attitude de la Porte, pendant cette période de réorganisation des Principautés danubiennes par la Russie, si on ne se souvenait pas de la situation dans laquelle elle s'était trouvée : comprimée d'un côté par la Russie, de l'autre par Méhémet-Ali (i).
Son indifférence apparente n'avait donc été que de la résignation ; elle avait dû subir, — quelque déplaisir qu'elle en éprouvât, — la présence des Russes au milieu de populations encore soumises à sa suzeraineté.
Attentive aux événements qui se passaient en Europe et dont elle espérait profiter , lente à remplir les conditions du traité d'Andrinople, la Turquie montrait clairement son parti pris de temporiser.
Le cabinet de Saint-Pétersbourg, de son côté, n'en paraissait pas préoccupé outre mesure, et il avait, pour cela, ses raisons. En effet, il avait décidé que si, au mois de mai 1832, date fixée pour le dernier payement de l'indemnité de guerre, la Porte ne s'était pas acquittée, l'évacuation des Principautés, — intimement liée à l'exécution de cette condition, — serait retardée, au moins jus-
(i) Voir lettre de Constantinople, 5 mai 1836, Porto folio, vol. III.
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qu'au printemps, et qu'alors les troupes du général Kisseleff en profiteraient pour conserver « une attitude imposante sur le Danube » (i) .
Toutefois , le général envisageait aussi , dans une lettre au comte de Nesselrode, l'hypothèse de dispositions telles, de la part de la Porte, qu'il n'y aurait à concevoir aucune appréhension, et il concluait que, dans ce cas, on pourrait se hâter d'évacuer les Principautés, ainsi que la forteresse de Silistrie, o en tâchant de s'assurer de la dette turque par une hypothèque moins onéreuse, et nommément par la garantie de V Autriche ou de toute autre puissance qui interviendrait dans la question » (2).
Ainsi, au mois de septembre 1831, personne n'aurait pu dire si l'occupation des Principautés danubiennes prendrait fin en 1832, ou si elle se prolongerait, comme cela a eu lieu, jusqu'en 1834.
Au mois de février, l'attitude de la Porte étant devenue plus significative, — puisqu'elle n'avait encore rempli aucun de ses engagements à l'égard des Principautés et de la Serbie, et qu'elle déclinait l'exécution du traité d'Andrinople, — le général Kisseleff n'hésita pas à proposer à son gouvernement de se fonder sur la convention de Saint-Pétersbourg (3), si, à la date du 2 mai, la Porte n'avait pas acquitté sa dette, a et de faire dépendre V évacuation des Principautés de l'exécution pleine et entière du traité d'Andrinople ».
Dans sa lettre au comte de Nesselrode, datée de Bucarest, 3 septembre 1831, le général de Kisselefï passait en revue les différentes éventualités qui pouvaient se produire, et déclarait « qu'il ne considérait pas comme utile la réunion des Principautés à l'empire de Russie, si jamais la Porte venait à renoncer à leur
(1) Lettre de Kisseleff au comte de Nesselrode, Bucarest, 3 sept. 1831. {Mémoires du général Kisseleff, tome IV, p. 20.)
(2) Lettre de Kisseleff au comte de Nesselrode, Bucarest, 3 septembre 1831. {Mémoires du général Kisseleff, tome IV, p. 20.)
(3) Mémoires du général Kisseleff, Bucarest, 19 fév. 1832, tome IV, p. 64. (Voir la convention de Saint-Pétersbourg aux Pièces justificatives.)
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suzeraineté, comme il est à présumer », écrivait le général, « surtout si la Russie est décidée à ne pas voir d'un œil indifférent les empiétements qu'ils (les Turcs) ne manqueront pas de faire sur les privilèges garantis aux Principautés » . Mais si telle était l'opinion de Kisseleff sur cette question, il est intéressant de constater que les idées du maréchal Diebitsch s'en écartaient sensiblement.
Le maréchal avait stipulé dix ans d'occupation, afin de pouvoir assurer plus aisément les moyens de résistance de la forteresse de Silistrie, pour laquelle la Russie devait s'imposer de sérieux sacrifices; afin de se donner le temps de rendre favorable à la politique du cabinet de Saint-Pétersbourg, l'Autriche, désireuse de voir s'accomplir l'évacuation des Principautés, « et dans V espoir qu'après dix ans d'occupation de la Moldo-Valachie , — au cas où la Sublime Porte se refuserait à remplir ses engagements, — l'Europe serait accoutmnée à la présence de la Russie dans ces provinces ». Et, ajoute INI. Boutenieff, en rappelant les idées-du maréchal Diebitsch, « si Ton objectait que le but de la politique de la Russie n'est point celui de V extension de territoire, je répondrais que la marche des choses est plus forte que les prévisions, et que la Russie n'a pas marché depuis plus d'un siècle des rives du Dnieper pour s'arrêter sur celles du Pruth. — D'ailleurs, pour ne point sortir de la question, je reviendrai au but que je me propose en me résumant ainsi :
« 7° Qu'il y a danger de se laisser circonvenir par l'astucieuse politique de la Porte, soutenue des conseils de nos soi-disant amis ;
« 2° Que la convention de Pétersbourg suppose V exécution du traité d'Andrinople, et qu'il faudrait se prévaloir de l'inexactitude des Turcs à remplir les clauses de cet acte complémentaire pour rentrer dans l'exercice du droit réservé par l'article 4 de la même convention ;
« j" Qu'il faut garder en hypothèque les Principautés jusqu'à l'exécution des principales stipulations d'Andrinople, si l'on ne
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veut pas perdre le fruit de la guerre et toute influence sur le ministère ottoman (i). »
Ce n'était pas la première fois que ces Principautés étaient l'objet de la convoitise de leurs puissants voisins; l'histoire est là pour nous dire, qu'à l'époque où le général Diebitsch exposait ses théories sur l'utiUté qu'il y avait pour la Russie à annexer la Moldo-Valachie, quatre millions de Roumains du Banat , de la Bucovine, de la Transylvanie, de la Bessarabie, avaient déjà été détachés de la mère patrie.
En 1807, à Tilsitt, les arrangements de Napoléon I"" avaient failli livrer les Principautés à la Russie, et cette question d'être ou de ne pas être devait, on le voit, faire encore en 1832, pour la nation roumaine, l'objet des méditations de la diplomatie russe. Toutefois, à quelque discussion qu'elle ait pu donner lieu, nous constatons, en lisant les Mémoires du comte de Kisseleff, qu'à l'époque que nous traversons la Russie, tout en marchant à son but, et bien que préoccupée avant tout de ses intérêts propres, n'en était pas moins désireuse « de fixer le bien-être des habitants des Principautés » par des causes déterminantes de générosité, de sympathie et d'humanité, en dehors des questions d'influence à exercer; non moins intéressée à préserver les peuples chrétiens de l'Orient de la contagion, des désordres et de l'anarchie, dont un régime vicieux entretenait les causes dans les Principautés et était une menace pour les provinces russes limitrophes ; non moins déterminée à vouloir le repos futur des Principautés, en réorganisant entièrement et dans toutes ses parties leur administration intérieure, que, de son côté, la Porte Ottomane était résolue à maintenir un état de choses qu'elle exploitait, depuis des siècles, à son profit.
({ U Autriche elle-même, — ajoute le comte Kisseleff, en faisant allusion aux modifications et au bien-être que son adminis-
(i) Boutenieffau général Kisseleff, tome IV, p. 79.
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tration avait déjà introduits dans les Principautés, — est très éloignée d' applaudir au bienfait d'une réforme qui doit établir chez les peuples moldo-valaques soumis à sa domination des comparaisons fort désavantageuses pour son administration. Elle 7ie peut et ne doit point voir avec indifférence V émancipation commerciale et les avantages politiques d'une nation dont les relations sont si naturelles, si intimes et si suivies avec ses États limitrophes . Elle voit que les motifs qui obligeaient naguère le paysan valaque à chercher, par V émigration, un asile et du repos chez ses voisins, n'existeront plus ; elle craint même qu'une plus grande somme d'avantages politiques et commerciaux n'attire en Valachie et en Moldavie une partie des habitants de la Transylvanie et de la Bucovine. »
Les événements ont confirmé ces prévisions, car aujourd'hui non seulement les cultivateurs, mais encore les paysans de tous les pays roumains, affluent aux Bàlci (grandes foires annuelles) de la Roumanie.
Quoi qu'il en soit, le 2 mai 1832, le général Kisseleff prévint le représentant de la Porte, le reiss-effendi, que la contribution de guerre, prévue par les traités, n'ayant pas été acquittée, les troupes russes continueraient à séjourner dans les Principautés.
« Puisque les troupes russes, — lui répondit avec calme le reiss-effendi, — se trouvent déjà dans les deux provinces, la Porte est résignée à ce qu'elles y prolongent leur séjour. »
Deux mois plus tard , Ibrahim-Pacha battait les troupes du Sultan à Homs : on sait le reste. En ce qui concerne les Principautés, la conséquence de ces événements fut leur occupation, par les Russes, jusqu'au milieu de l'année 1834.
Peu de jours après le départ du général Kisseleff, la Sublime Porte, de concert avec la Russie, nomma : prince de Moldavie, Michel Stourdza, et prince de Valachie, Alexandre Ghyka (i) .
(i) Rappelons que les Grecs s'étaient organisés, avec l'assentiment tacite de la Russie, en sociétés qui provoquèrent le mouvement de 1821 contre les Turcs;
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Ces nominations eurent lieu au mois de mai 1834.
En Moldavie, le pouvoir fut tenu d'une main ferme par le prince Stourdza. Homme d'une haute intelligence et d'une grande énergie, ce prince s'appliqua à ne pas laisser fléchir les institutions à bases solides que lui avait léguées son prédécesseur.
Le trait suivant peut donner une idée du caractère du prince :
Un jour un de ses ministres lui ayant conseillé de faire un emprunt à l'étranger : « Faire un emprunt! s'écria le Prince. 'Je ne veux pas donner mo7i pays en hypothèque à des banquiers étrangers (i) . »
En Valachie, il n'en fut pas de même; le prince Ghyka, doué de qualités sérieuses, animé du désir du bien, mais d'un caractère faible, mal entouré, desservi par son frère Michel, fut débordé par le flot des mauvaises passions refoulées et longtemps contenues ; le désordre rentra peu à peu dans toutes les branches de l'administration, et la misère remplaça bientôt la prospérité, qui était parvenue à prendre racine sur les débris des institutions de 1828.
En 1842, le mal devint si grand, que l'assemblée générale placée par le règlement organique auprès du Prince, avec droit de contrôle sur tous les actes du gouvernement, adressa au prince Ghyka un mémoire (2) , dans lequel elle exposait la situa-
que le mouvement fut purement chrétien dans la Péninsule, et que les Roumains de Macédoine et les Albanais aidèrent les Grecs à créer l'hellénisme.
Mais dans les Principautés, les Grecs tyrannisaient à ce point les Roumains, que les boyards opposèrent à Ypsilanti, Tudor Wladimiresco, qui périt victime de la cause roumaine, assassiné à Golesci par ordre de ce prince.
La révolte des Grecs eut pour conséquence d'irriter la Porte contre eux et de la déterminer à ne plus confier les trônes roumains qu'à des indigènes. En effet, elle nomma Grégoire Ghyka en Valachie et Joan Sandu Stourdza en Moldavie. Ces princes régnèrent de 1822 à 1828.
Ce fut le premier pas fait par les Roumains vers la conquête de leur indépendance perdue.
(1) Voir, à propos du prince Michel Stourdza, la biographie du poète Konaky Vogorides, par le prince Constantin Vogorides.
(2) Adresse de l'Assemblée générale de 1842 au prince A. Ghyka. — Extrait du Moniteur .
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tion lamentable du pays et priait Son Altesse de porter un prompt remède à ses maux.
Le paysan, dont le sort était digne de la plus vive sollicitude, se trouvait, disait le rapport, plus que jamais livré à la concussion et à la rapine.
Les greniers de réserves prévus par le règlement organique étaient devenus, dans un grand nombre de localités, un moyen d'exactions ruineuses pour les paysans, à cause des exigences auxquelles ces malheureux étaient soumis de la part des autorités.
L'intérêt privé et l'arbitraire primaient l'intérêt général et la règle, dans les questions du recrutement de la milice, de l'entretien des Dorobantz, des réparations des routes, des transports, des achats, des corvées, des impôts.
Les villages des bords du Danube, auxquels étaient confiée la garde de la frontière, bien qu'ayant un service pénible, avaient supporté leur sort sans se plaindre, dans l'espoir d'un avenir meilleur.
Cependant, non seulement les quatorze journées que chaque famille fournissait dans le principe, — à son tour de rôle, — avaient été portées à trente-six et quarante, mais les plus fortes corvées continuaient de peser sur ces villages.
On était menacé de voir tous leurs habitants émigrer au delà du Danube.
Le principe fondamental de la séparation des pouvoirs, adopté par le règlement organique, — séparation qui n'existait pas sous l'ancien régime, — recevait chaque jour de nouvelles atteintes.
L'opinion générale accusait les conseils municipaux des villes de mauvaise administration des deniers publics et même de spéculations coupables. La démoralisation, qui avait pénétré dans les tribunaux, le mépris des lois, l'envahissement du pouvoir judiciaire par les autres pouvoirs, mettaient souvent en péril les intérêts et la fortune des particuliers, faisaient naître partout l'inquiétude et jetaient le trouble dans le commerce.
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Voilà, très en abrégé, une partie des griefs exposés dans le mémoire que l'assemblée générale présenta à S. A. le Prince A. Ghyka.
Les cours de Russie et de Constantinople en prirent connaissance. Elles en furent si vivement impressionnées, qu'elles envoyèrent en Valachie des commissaires extraordinaires, avec mission de faire une enquête et de s'assurer de la portée des griefs exprimés.
La Sublime Porte désio^na Chakib-Effendi.
Si la Turquie, dans cette circonstance, fit montre d'indépendance à l'égard de la France, — très bien disposée en faveur du prince Ghyka par son consul général M. Billecoq, l'ami du Prince, — d'indépendance et de courage envers la Russie, en chargeant Chakib-Effendi d'une mission qui était considérée comme une manifestation du principe de souveraineté, la réserve et la haute prudence dans lesquelles l'ambassadeur de France à Constantinople, M. le baron de Bourqueney, entendait maintenir la politique du Roi dans les Principautés n'en sont pas moins dignes de remarque.
On voit le baron de Bourqueney chercher à pénétrer M. Billecoq de la nécessité de cette politique : « De ce qui se passe en ce moment à Bucarest », écrit-il le i8 octobre (i), « il ne doit résulter aucune aggravation de rapports entre le gouvernement du Roi et les cours alliées; il faut que le jeu naturel de la politique s'y exerce sans bruit!... Nous ne faisons pas de politique valaque, nous soutenons la suzeraineté de fait.
« Je sais que vous évitez toujours », lui dit-il, « un rôle apparent d'ingérence qui ne convient ni à notre position géographique, ni à notre politique générale. »
Ces recommandations , le baron de Bourqueney les renou-
(i) M. le baron de Bourqueney, ambassadeur de France à Bucarest, à M. Billecoq. Lettre du i8 octobre 1842. Archives du ministère des affaires étrangères (Paris) .
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velle de la façon la plus instante dans sa lettre du 20 octobre, par laquelle il annonce au consul général l'arrivée à Bucarest de Svafet-Effendi , interprète du divan impérial et porteur du firman de déposition du prince Ghyka. Il insiste pour que rien, dans l'attitude ou le langage de M. Billecoq, ne puisse faire considérer la déposition du prince Ghyka comme un échec à la politique de la France, ou comme un acte blâmable de pusillanimité de la part de la Porte.
« La situation générale est vive et complexe », affirme le représentant de la France; « les affaires de Valachie y entrent pour leur part, mais elles n'y entrent pas seules.
a La Porte, volontairement ou à coittre-cœur, use en ce moment d'un droit qu'elle tient des traités. Ce qui nous importe, c'est que tout se passe conformément à leurs stipulations . » Et comme M. de Bourqueney a acquis la conviction que son surbordonné, malgré ses conseils, se compromet en n'observant pas toute la réserve désirable, il accentue ses recommandations :
« Vos relations avec le Prince Ghyka autoriseîtt des regrets personnels ; mais ne donnez pas à ces regrets un caractère politique, les yeux seront fixés sur vous ; on vous reproche dans les derniers événements un rôle actif en dehors du rôle d'observation que je vous avais toujours particulièrement recommandé . Vous devinez d'où part ce reproche ; je ne l'accepte pas, je le repousse hautement , mais je ne puis trop recommander en ce moment une parfaite sobriété d'actio7i et de langage (i). »
Le chef couvre son subordonné, mais il sait à quoi s'en tenir sur sa conduite.
Ainsi que M. de Bourqueney l'a annoncé à M. de Billecoq, Savfet-Effendi était porteur du firman de déchéance (2) du
(1) M. le baron de Bourqueney à M. Billecoq. Lettre du 20 octobre 1842, de Therapia. On verra par la suite si M. Billecoq a profité des leçons bienveillantes du baron de Bourqueney.
(2) Du 2 octobre 1842, date du mois de Ramazan 1258.
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prince Ghyka. Aussitôt le rapport de son commissaire parvenu à sa connaissance, le Sultan avait prononcé la sentence; puis, d'accord avec la Russie, il avait résolu de laisser la nation exercer son droit souverain d'élection.
La Porte reconnut, conformément aux statuts organiques du règlement, le président du grand Divan (i) ; le ministre de l'intérieur et le ministre de la justice comme caïmacans (2) provisoires de la Valachie, jusqu'à l'élection d'un nouveau Prince.
Elle les confirma dans cette qualité, leur confia le gouvernement du pays, et les chargea de convoquer, sans retard, l'assemblée générale ordinaire, afin que celle-ci choisît les membres qui devaient former l'assemblée extraordinaire pour l'élection du futur souverain de la Valachie.
(1) Haute assemblée.
(2) Gouverneurs.