‹ Roumanie, dA̓ndrinople a̓ Balta-Liman (1829-1849). Règne de BibescoChapitre 93 sur 121 · INAUGURATION DU PONT SUR L'OLT · texte numérisé non relu

INAUGURATION DU PONT SUR L'OLT

Lé Moniteur roumain, journal officieux, Bucarest (2).

Slatina. — Le 7 courant, vers huit heures du soir, sont arrivées dans notre ville LL. A A. le Prince et la Princesse, — Nos Souverains attendus avec tant d'impatience, — pour l'inauguration du pont majestueux construit sur l'Oit. I^ nouvelle de la solennité fixée pour le jour de la Sainte-Marie, patronne des malheureux qui s'aventurent sur les flots, avait réuni dans cette ville pittoresque une foule immense de visiteurs de toutes les classes, de toutes les conditions, accourue de la capitale et des districts, pour prendre part à une fête nationale qui vivra longtemps dans le souvenir des Roumains. Les maisons de Slatina n'ont pu suffire

(i) Écrit par Popa Flore, maître d'école au monastère de Saint-Georges. (2) N» 73, II" année, 1847.

aux visiteurs curieux et enthousiastes, parmi lesquels un grand nombre, ne trouvant pas de logement, cherchèrent gaiement un abri dans des cabanes, comme dans un camp provisoire, en dehors de la ville.

Le lendemain matin, les rues de la ville offraient un mouvement inaccoutumé ; hommes et femmes, citadins et étrangers, nobles et commerçants, emportés par un même désir, couraient et cherchaient à se dépasser les uns les autres pour avoir une meilleure place, dans le but d'être mieux placés au moment où aurait lieu la bénédiction du pont. Leurs Altesses, après avoir assisté au service divin et avoir reçu les hommages publics à l'occasion de l'anniversaire de notre gracieuse Princesse Marie, se rendirent vers deux heures au pont.

Là ils furent reçus par LL. Exe. les ministres, Tétat-major princier et toute la noblesse; puis par S. S. le Vicaire avec tout son clergé, à l'entrée du pavillon de feuillages grandiose qui occupait une partie du pont et au milieu duquel avait été élevé l'autel pour le service divin. Les coteaux des environs, la vallée de l'Oit, depuis la ville jusqu'au pont, la plus grande partie du' pont, étaient occupés par une foule en mouvement, désireuse de jouir de ce spectacle unique. Chacun cherchait à être plus près, à mieux entendre. Un seul petit espace, situé en face de Leurs Altesses, était vide : il attirait la foule, que retenaient cependant le respect et la crainte.

Enfin les hymnes furent entonnées, et il se fit dans la foule un profond silence. Sur le pont, on n'entendait que la voix du pontife, et, à ses pieds, le grondement étouffé de l'Oit. Réveillé un moment dans ses profondeurs par ce bruit inaccoutumé, l'Oit bondit furieux contre l'obstacle opposé à sa rage ; mais reconnaissant bientôt les enfants de ses rives dans cette foule qui trouble son repos, il s'adoucit, secoue son humide chevelure, sourit et, devant la force, accepte le joug de la main qui le dompte.

Après la cérémonie, le professeur de l'École nationale prononça, au nom de la ville, un discours témoignant la reconnaissance des habitants de Slatina et de tous les Roumains, pour cette immortel bienfait depuis si longtemps attendu ; œuvre difficile, qui avait été considérée, de tout temps, comme impossible, mais qui cependant avait été conduite à bonne fin par la volonté inébranlable de notre Prince. Alors Son Altesse, dont l'âme ardente se reflétait dans les yeux, pâle, sous l'empire d'une émotion profonde, — car les grandes joies et les grandes douleurs se manifestent souvent par des symptômes analogues, — répondit, autant que nous pouvons nous en souvenir, en ces termes :

« Messieurs^

« Nous apprécions avec la plus vive gratitude les sentiments que vous Nous témoignez ; Nous comprenons la joie qui vous fait vous presser II. 39

autour de Nous. Un Roumain pourrait-il ne pas se sentir ému jusqu'au fond de l'âme dans de pareilles circonstances? Cette journée annonce aux Roumains que nous avons fait en avant un nouveau pas qui nous permettra d'entreprendre des améliorations plus grandes encore. Les obstacles qui empêchaient — en la rendant souvent dangereuse — la communication entre la Grande et la Petite Roumanie ont disparu ; c'est un résultat qui, vous le savez, était, il y a deux ans à peine, regardé comme audessus de nos forces.

« Une nouvelle source de bonheur est ouverte à Notre patrie, et principalement aux habitants de Slatina, Nous sommes donc venu au milieu de vous, non comme Prince, mais comme Roumain, pour prendre part à la joie générale, et Nous avons choisi le jour le plus heureux pour Nous, jour où l'on célèbre l'anniversair de S. A. la Princesse, pour célébrer avec vous tous la solennité de cette fête, destinée à marquer le commencement d'une nouvelle vie pour cette ville. Nous avons pensé que Nous ne pouvions, Moi et S. A. la Princesse, vous donner une preuve plus grande du bien que Nous avons la volonté de vous faire et de l'affection que Nous vous portons.

« Il est de Notre devoir de témoigner Notre gratitude à tous ceux dont la collaboration Nous a permis d'atteindre cet heureux résultat, et tout d'abord Nous remercions du plus profond de Notre cœur Notre bien-aimé frère le Ban Barbu Stirbei, grâce à l'activité duquel a été préparé le matériel et ont pu commencer les travaux. Nous remercions également le Premier Boyard, le Grand Ban Georges Filippesco et le Vomie A. Vilara, qui tous deux, l'un après l'autre, dans l'accomplissement de leurs devoirs au Ministère de l'intérieur, ont mis à Notre service tout le zèle, toute l'activité nécessaires à l'achèvement de cette œuvre difficile. En ce qui concerne tous ceux qui ont travaillé, ont eu un rude labeur pour mettre en place tous ces matériaux. Nous avons cru devoir, — en signe de Notre particulière satisfaction, — suivre l'exemple que Nous ont légué les anciens Romains qui, — sur tous les travaux de pareille nature auxquels ils imprimaient le sceau de leur esprit de géants. — inscrivaient les noms des légions qui avaient pris part à leur exécution. On élèvera donc deux colonnes aux deux têtes du pont, et on y inscrira les noms de tous les villages qui ont contribué par leur travail à cette œuvre grandiose, du jour où elle fut commencée jusqu'au jour où elle a été achevée, afin que ces noms demeurent pour les générations futures un éternel encouragement. >»

Appelant ensuite M. Balzano, l'architecte chargé des travaux du pont, le Prince le remercia dans un magnifique langage pour les peines qu'il s'était données; Il détacha de son cou la décoration qu'il portait et

AffUINUH^Ii.

Il la remit à M. Balzano, que la récompense et la noble façon dont Son Altesse la lui décerna remplirent de reconnaissance.

Il est difficile de décrire l'impression laissée par le discours de Son Altesse. A peine eut-Elle prononcé Ses dernières paroles que des milliers d'acclamations retentirent; on vit des larmes de joie couler sur bien des visages qui pourtant demeurent impassibles jusque dans la douleur; les étrangers eux-mêmes, qui comprenaient à peine notre langue, étaient électrisés et montraient leurs sentiments par leurs larmes, tant cette éloquence parlait au cœur, tant elle était à la hauteur de la beauté du spectacle et de la magnificence de la solennité.

L'enthousiasme de la foule était arrivé au plus haut degré. Sur le pont, sur la route, dans les rues de la ville, on n'entendait que ces questions : « Avez- vous entendu le discours? Avez- vous entendu Son Altesse? Avez- vous vu la Princesse pleurer de joie? »

L'allégresse générale ne fut interrompue que par l'heure du repas du soir, quand Leurs Altesses retournèrent au pont où était dressée la table princière. Sur les bords de l'Oit, une autre immense table était préparée pour la foule considérable.

Les toasts portés à la santé de Leurs Altesses, à la prospérité de la ville et de la Roumanie, les cris de joie de la foule, le bruit des musiques militaires rappelant un passé glorieux, se mêlaient à la voix des canons placés sur les rives et se répercutèrent dans l'onde jusqu'au moment où le soleil, descendu sur l'horizon, fut remplacé par la lumière des feux d'artifice établis sur les deux rives. La lune inondant de sa lumière limpide les flots, la foule encombrant le pont et les environs, les feux de couleurs différentes s'allongeant et se croisant sur le miroir des eaux, les exclamations de joie et d'admiration de la multitude, la variété des cos tûmes et des uniformes qui se confondaient sans cesse d'un bout à l'autre du pont, l'affabilité et la bonté de S. A. la Princesse, patronne de la solennité, qui était l'objet de l'adoration générale, tout fit de ce jour et de cette soirée l'une des fêtes nationales les plus dignes d'être mentionnées et des plus inoubliables.

Discours prononcé par le professeur C, Stancovici, au nom des habitants de Slatina, en présence de Notre Souverain.

Très puissant Prince,

« De même qu'à l'aube du jour, lorsqu'un père généreux se présentée ses enfants les mains pleines de bienfaits, toute créature tressaille de joie et de nouvelles espérances la font sortir du froid et de l'engourdissement de la nuit, de même les paisibles habitants de Slatina et du district des deux côtés de ce majestueux pont, sujets fidèles du trône sur lequel

012 Arrci^ii^iv^iL.

Dieu a placé Votre Altesse pour la gloire et le bien du pays, attendaient avec impatience l'heure où Votre Altesse paraîtrait à l'inauguration du pont, comme ils ont eu la joie de La voir lors de la pose de la première pierre.

« Aujourd'hui un charme puissant s'est emparé d'eux ; le bonheur éclate sur leur visage, ils voient leurs espérances, conçues depuis tant d'années, finalement réalisées, l'œuvre considérée jusqu'à ce jour comme problématique, — la création d'un pont sur l'Oit, — devenue un fait accompli, une difficulté paraissant insurmontable vaincue gp-âce à la volonté inébranlable et au génie de Votre Altesse.

« Notre joie est à très juste titre immense, Très Puissant Prince, car nous qui aimons notre patrie et Ceux qui la gouvernent, — ses bienfaiteurs, — nous avons toujours eu un sentiment plus tendre pour notre district et notre ville^ heureux du bien qu'on leur fait et des embellissements nouveaux dont ils sont l'objet. Et il n'en saurait être autrement, parce que de tous les lieux, de toutes les villes que Dieu a dotés de beautés et de dons particuliers, que le goût et l'art ont achevé de rendre plus dignes d'être remarqués, aucune ne remplace, pour l'homme, la ville ou le lieu où il a cueilli les premières fleurs, versé les premières larmes et où, à l'aube de la vie, le rêve de la fantaisie lui a fait entrevoir un avenir plein de séduction après lequel il soupire jusqu'à la tombe.

« Aussi la joie et l'espoir de nouveaux bienfaits, partagés avec le même enthousiasme par toutes les classes et tous les âges, ont appelé autour de Vos Altesses cette multitude ici assemblée, dont ma faible voix est chargée d'exprimer l'infinie reconnaissance qu'elle garde à ses souverains. Cette foule prie le Dieu de miséricorde qu'il Vous protège jusqu'à Vos derniers jours ; elle appelle sur Vous les bénédictions des augustes ombres des grands hommes qui ont été les bienfaiteurs de l'humanité; elles demandent à ce Dieu tout-puissant de longs et heureux jours pour S. A. la Princesse, dont le brillant anniversaire est célébré au milieu des circonstances les plus heureuses et qui resteront gravées dans la mémoire des Roumains comme un des souvenirs les plus imposants et les plus doux.

n Les espérances qui nous ont souri à l'avènement heureux de Votre Altesse se sont réalisées ; elles vont chaque jour grandissant.

« Les mots sont superflus, les faits parlent aujourd'hui, et l'histoire les dira à nos petits-fils.

f( La facilité et la sécurité assurées aux habitants qui ont à traverser ce dangereux torrent, à Slatina, à l'époque surtout des inondations, et ce grand résultat d'avoir courbé l'Oit sous le joug de Votre Altesse rattachera à sa mémoire les mêmes doux souvenirs que gardeàTrajanlepont sur le Danube, ce pont complètement détruit, mais au-dessus des ruines

APPEN

duquel les flots du grand fleuve mui Trajan! »

M De toutes parts dans le pays croiss de tant de bienfaits. L'Oit lui-même redoutables, qui se brisent contre les ] le nom de Votre Majesté ; et les hab desquels Vous vivrez de nombreux Altesse de vouloir bien accepter l'ét sance. Ils prient avec ferveur le D Altesse, ainsi que S. A. la Princesse, afin de pouvoir achever tout ce que le le bien de la Patrie. »

Les membres du gouvernement p :

de V émigration j à- S a x '

Sire,

« Au milieu des maux qui ont pesé s ( douloureux par la main qui les inflig nous l'amertume de nos plaintes et le c

« A quelque épreuve que notre fidélit t dévié de la ligne de conduite que nous i restés jusqu'au dernier moment et nouî I de Votre Majesté (2).

« Votre Majesté nous rendra elle-mêi < avons fait tout ce qui dépendait de no nos ennemis, et ouvrir à la Sublime F régulière, plus conforme à sa dignité et 1

« Nous espérions que, de son côté, la fidélité, ne tolérerait sous aucun préi Russie, intervention qui viole à la fois prérogatives de la Cour suzeraine, seule <

w Aujourd'hui, bien que l'occupation d [

(i) Le pays n'est redevable des maux qui l'insurrection de 1848; le cri de leur désespo vaines^

(2) Cette fidélité était insuffisante au bon 1

(3) C'est donc en vue des intérêts et de la taires de cette adresse ont bouleversé le pay ' tendu que digne d'attention.

(4) Cette intervention armée avait été anr

pli, notre confiance dans le triomphe de nos droits est la même, comme aussi l'espoir que nous plaçons dans l'appui de notre Auguste Suzerain. La justice a été violée; il faut que la justice recouvre ses droits.

« La vérité a été étouffée sous le mensonge; il faut que la vérité se fasse jour (i).

a Voilà pourquoi nous déposons aux pieds du trône de Votre Majesté Impériale le mémoire ci-joint, où se trouve retracé, avec un court exposé des droits des Principautés, l'historique de la révolution roumaine du 11/23 juin.

« Et, en même temps que nous accomplissons ce devoir sacré envers Votre Majesté Impériale, laquelle ne peut vouloir jeter le découragement dans l'âme de ses fidèles vassaux par un plus long oubli de leurs droits, nous remplissons un autre devoir non moins sacré envers notre patrie, en protestant une dernière fois en son nom, ainsi que nous le faisons par la présente (2) :

« Contre le fait même de l'occupation ;

Contre l'emprunt imposé récemment à la Valachie paur subvenir aux frais de cette occupation, qui tend à la priver à jamais de son indépendance (3). 1»

Lettre (THêliade à Grâdisteano, du 10 juillet 18^6 {4).

« Odobesco aurait dit, sans ambages, au conseil, le soir du 18 juin ; H Je ne concentre pas l'armée parce que cela déplaît à la Russie, et je ne puis travailler contre la Russie que j'ai servie.

« — Très bien, lui répondirent Tell et Héliade, vous êtes très sincère et loyal ; mais, pour être plus loyal encore, donnez votre démission d'un gouvernement révolutionnaire qui vous impose une conduite qui déplairait à la Russie.

a — Je ne donne pas ma démission ; qui pourrait me destituer? riposta Odobesco avec sang-froid, en mettant la main sur son épée, comme s'il voulait dire : Je ne donne pas ma démission, et c'est moi qui vous enchaînerai. 11

(i) C'est un point sur lequel nous sommes d'accord avec MM. les signataires de l'adresse, voilà pourquoi nous avons fait l'historique de l'insurrection ; il est destiné à renverser une légende qui est l'œuvre de la calomnie.

(2) Le devoir sacré était de ne pas appeler sur le pays les fléaux qu'il a subis.

(3) Réclamer en faveur de l'indépendance du Pays Roumain c'est fort bien, mais il n'aurait pas fallu livrer les droits de l'État. (Voir p. 446 à 451 de ce volume.)

(4) Voir Lettres d'exil d' Héliade Radulesco, p. 540.

APPE

tt Rien de plus naturel et de plu était fidèle à son maître, et ouverten

« Le lendemain, il nous arrêta et vemement avec Cîmpineano. — Ros tenus par Solomon, vinrent (?) procl nement. Ne savaient-ils pas qu'Odob entendu sa déclaration de leurs propr

Héliade à Gr.

« Je ne me suis jamais fait d'illus son devoir sans illusions équivaut à vous savez disposé à vous faire du i chez nous, j'en avais trouvé un meillt je l'aurais préféré, et par bon je n'ent le pays, car, pour moi personnellen beaucoup meilleurs que Ghica, mais à eux. J'ai maltraité dans mes écrit ils se sont comportés en gens de cœi étrangère, et que le sort avait frappé sans qu'ils s'enquissent de son état. ' visiter tous ceux qui l'ont trahi, ma fa pas envoyé même un chien, de laquelle partit du pays en 1842, moi, qui n'ai jam père et au prêtre, je la lui ai baisée lor< comme à un chien. Quand, en 1855, j voir, rempli de joie, oubliant tout ce qi et ainsi qu'à Nicolas, sur moi. — Il m'i de Dobre, un intendant de cour, tandis m'a pris dans ses bras et pleurait en m'<

Le Pruncul roman (Le Roumain dan I

Que peuvent donc bien nous reproc ( promptement contre nous leurs cruautés

(i) Lettres d'exil d' Héliade, par Russo-Lo 1

APPE

ou au Marché, et faire jurer au pei:

Elle aurait dû faire célébrer le Servit non devant deux ou trois aristocrate ces hommes qui maudissent la libert l'ancienne tyrannie, eût passé par le

A l'heure ttU'iL EST, L'ON N'a ENC AVERTIS A TEMPS, ILS ONT RÉUSSI COLÈRE POPULAIRE. SANS ttUOI, LEUF RUES DE BUCAREST ; ET, AVEC CE ÉCRIT, AU COIN DE TOUS LES CARREï

.Dorénavant, il serait puéril de di être chose accomplie » ; mais on dira : le peuple commande ». Le peuple, c'c et le pouvoir exécutif! le peuple, c'esl

Il n'est pas digne de faire partie de jusqu'au peuple, il n'est point Roumai trop tard son pays (i). s'il est vrai qu' Roumain est désormais impossible à g

Le Roumain ne souffrira point d' Monsieur ! Mais il se laissera toujours

A la tête de ceux qui allaient détrt des aristocrates, il y avait trois prêti d'une quinzaine d'années les accompag

Allons, frères, soyons tous unis ! — Noi palais, — qui recèlent tant de péchés, — i

N'entendez-vous point une rumeur dans main; — car le soldat nous poursuit; — frappez ! s'il veut vous frapper.

Assez longtemps, les chaînes nous ont m pleurer près de notre foyer ; — notre cœui d'amertume ; — mieux vaudrait être mort !

Quand le cri de douleur — de la patrie n( vie — dans un esclavage honteux, — périss»

Frères, soyez sans pitié 1 — frappez ceu: enlève notre charrue, nos récoltes, — le b

Leur droit ! c'est le nôtre ; — leur champ générale, — étant une maison roumaine, —

(i) Le décret 236, année 1845 (t. L p. 171 (2) Ce principe a été mis en application p

6i8 APPENDICE.

Allons! Roumain, ouvre la bouche; — fais toi-même tes lois; — vous, ciocol (4), restez à la porte; — toi, Moscovite, sors du pays, — car c'est la volonté du peuple.

Que le tambour résonne sur la place ; — que tous les Roumains se rassem blent ! — que ce soit pour la vie et la mort 1 — Il est doux, au nom de la liberté, — de gagner une tombe.

Jean Catina.

Le Pruncul roman, qui publiait ces strophes, ajoutait : « La dernière révolution roumaine n'a fait autre chose que de séparer les brebis des boucs, et prouver aux aristocrates que si, par leurs intrigues, ils peuvent tromper et trahir deux ou trois hommes, on ne se joue jamais d'un peuple entier. Il donnera son sang et il ne restera plus sur le sol roumain trace d'aristocrates, m — {Pruncul roman du 8 juillet 1848.) (Voir Blaram- BERO, Essai. — La Révolution par le sang,)

Heureusement qu'il y avait dans le gouvernement provisoire quelques hommes de bien, qui sauvèrent le pays des horreurs dont quelques énergumènes le menaçaient.

Le gouvernement réprouva les excès.

u En ce jour», disait-il dans une de ses proclamations, « en ce jour de la résurrection de nos droits (20 juin) que nous allions perdre de nouveau par les intrigues de nos ennemis, une partie du peuple, disons-nous, a envahi les maisons de quelques particuliers, y apportant l'épouvante et la terreur; ils ont brisé tout ce qu'ils ont trouvé, et ont fourni ainsi des armes aux malveillants qui assurent que les Roumains ne sont pas mûrs pour des institutions libres. » — Proclamation du Gouvernement provisoire, signée : Néophyte, J. Héliade, J. Campineano, N. Balcesco, N. MiNCO. — {Vestitorul roman, 4 juillet 1848.)

M. Rosetti n'a pas signé cette proclamation.

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