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L'OPPOSITION DE DROITE

le nombre total des votants fut presque le même: Grégoire eut 548 voix, le candidat ministériel 362, le candidat de la droite 110. Ainsi près de cent électeurs d'extrême droite s'étaient reportés sur Grégoire, aimant mieux élire un « prêtre régicide ^5 que de laisser passer un royaliste de la nuance de M. de Serre. « Ce sera, disaient-ils hautement, la goutte d'eau qui fera déborder le vase, et maintenant on peut tenir le ministère pour perdu. 5) En effet, les journaux du parti faisaient aussitôt entendre un long et violent cri de scandale et d'indignation; ils n'attribuaient cette élection qu'à la politique ministérielle. « N'accusons pas l'abbé Grégoire, disait le Conservateur , accusons le ministère. ->•> Puis, il esquivait, par un redoublement de violence contre les ministres, le reproche qui pouvait être adressé aux électeurs: «C'est la faute des royalistes! s'écriait-il ironiquement; on connaît ce langage. Ne sait-on pas que depuis 1793, les royalistes ont tout fait? Ils ont brûlé leurs châteaux, ils se sont guillotinés eux-mêmes pour calomnier le peuple... Courage! Accusez les victimes, c'est la vieille tactique des tyrans... Nous savons que ceux qui parlent aujourd'hui des loyalistes, comme on en parlait à la Convention, n'ont pas commis les excès de nos anciens révolutionnaires. Non, sans doute. Il y a des hommes qui sont restés purs aux yeux de la justice humaine, parce qu'ils ont été trop lâches pour exécuter les forfaits dont ils nourrissaient le désir; mais la justice divine les verra d'un autre œil, et le crime du cœur de ces hommes, pesé dans la balance éternelle, s'augmentera de tout le poids de leur infâme innocence. « Pendant ce temps, Louis XVIII écrivait à un de ses ministres : « C'est une consolation pour moi

de penser qu'un jour rhisloire qui, à la longue, ne flatte personne, dira à qui nous sommes redevables d'un pareil choix, w

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