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L'EXTREME DROITE ET M. DE MARTIGA^AG

et l'érection des autels à la déesse de la Raison « . Le même journal se plaignait qu'on eût rouvert les cours de MU. Guizot, Cousin et Villemain, qui, à son avis, « pervertissaient » la jeunesse el la " conduisaient à cet état d'abrutissement et de dégradation dans lequel étaient les Grecs et les Romains dégénérés». La politique étrangère du gouvernement n'était pas plus épargnée. Par amour pour la « légitimité » du Grand Turc, la Gazette condamnait l'expédition de Morée, œuvre presque personnelle de AL de la Ferronnays; la Quotidienne déplorait les conséquences du combat de Xavarin, « événement glorieux, disait-elle, mais malbeureux » .

Critiquer et renverser AL de Alartignac, ce n'était pas tout. Comment entendait-on le remplacer? Quel programme voulait-on substituer au programme de conciliation libérale qu'on clierchait à faire écbouer? Car enfin il est temps de demander à ces infatigables opposants qui ont jeté à terre AL de Serre et AI. de Villèle et qui s'efforcent de faire subir le même sort à AL de Alartignac, quelles sont leurs vues de gouvernement? Dès ce moment il est facile d'entrevoir cbez eux une aspiration vers la politique qui fera les ordonnances de juillet 1830. AL Cottu publiait une brocbure où il établissait que le prince, héritier de l'auteur de la Charte, possédant le pouvoir constituant tout entier, pouvait changeràlui seul le système électoral. ccAlais, ajoutait-il, une fois cette résolution prise, il faut, pour la soutenir, un roi et des princes déterminés à périr sur les marches du trône, et des ministres qui ne craignent pas d'être massacrés dans une émeute populaire ou condamnés comme Strafford par des Chambres factieuses, n Les

journaux d'extrême droite faisaient grand accueil à cette brochure. La Gazette de France déclarait que des ministres seraient coupables s'ils refusaient de contresigner des ordonnances qu'aux termes de l'article 14 de la Charte le souverain jugerait nécessaires au salut de l'État. «Le roi, disait-elle, dans les circonstances que suppose la Charte, et dont lui seul est juge, n'agit pas proprement comme pouvoir législatif, ni même comme pouvoir exécutif ordinaire ; \\ ^^\[ comme i^ouvoir dictatorial qui ne peut ni ne doit être soumis à aucun contrôle. « La Quotidienne pardonnait presque à W. Cottu sa haine des Jésuites en le voyant attribuer au roi le droit de modifier la Charte. « C'est là, disait-elle, ce qui assure à M. Cottu, malgré ses erreurs en matière religieuse, l'estime des honnêtes gens. « Les mêmes journaux dénonçaient une vaste conspiration libérale : il était temps d'aviser; mais ce n'était pas, selon eux, par (t l'ordre légal altéré au profit de la révolution « que la monarchie pouvait être sauvée; « la légalité menaçait et défiait la légitimité o; bientôt donc, disaient-ils, la royauté serait « dans l'alternative périlleuse d'être dévorée par les institutions ou de se sauver par des mesures extralégales w . Ils ajoutaient que le mot célèbre : « L'État, c'est moi! » était « un des mots les plus royaux qui eussent été prononcés » , et la Quotidienne citait en exemple à Charles X, Louis XIV allant, tout botté et le fouet à la main, réprimander son parlement. Le péril était déjà grand de suivre une telle politique ; mais se plaire à l'annoncer d'avance avec une sorte de forfanterie provocante, n'était-ce pas une folie sans précédent? Les adversaires de la royauté se gardaient bien de ne pas en profiter.

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