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LIXCAPACITE DANS LA CRISE

isolée (le M. de Chateaubriand, les gémissements discrets de M. de Villèle, l'intervention sans espoir ou l'abstention attristée des amis de M. de Martignac, ne pouvaient pas la gêner un moment. Elle régnait seule au milieu des débris du parti royaliste, démembré, discrédité, annulé par elle. L'heure est venue de la crise décisive. IVous allons donc enfin voir ce parti à l'œuvre et le juger par ses actes. Hélas ! l'épreuve ne sera pas longue ! En quelques semaines se succèdent les scènes de ce drame rapide : adresse des 221, dissolution, élections, ordonnances; puis — non plus en quelques semaines, mais en quelques heures — démission du cabinet, abdication du roi, renonciation du dauphin, impossibilité de poser

l'abdication de Charles X, de l'abnégation du dauphin, son fils, et de la fille de Louis XV I, qu'à l'aspect d'un prince de dix ans, que ne pouvait atteindre une animosité ou un reproche, la France n'ait pas eu le prévoyant courage de consacrer, dans ces journées décisives, le principe de l'inviolabilité royale, en même temps que celui de la responsabilité ministérielle. On eîjt dit alors : La royauté est sauvée; il eût fallu ajouter : La liberté l'est aussi. La liberté se serait affermie par sa modération autant que par sa victoire. En sacrifiant le droit hérédilaire, on crut qu'elle échappait au dernier danger et triom-

I phait sans retour. Gela était vrai dans les intentions et dans les espérances, mais non pas dans les chances de l'avenir qui s'ouvrait pour notre pays... La violence était rentrée dans cette arène que ne

j ferment jamais ceux qui l'ont ouverte. > — AL Guizot, dans ses Mémoires, tout en rappelant les faits qui rendaient cet acte de sa-

i gesse difficile, a dit : « C'eût été, certainement, un grand bien pour la France, et de sa part un grand acte d'inlelligeuce, comme de verlu politique, que sa résistance se renfermât dans les limites du droit monarchique, et qu'elle ressaisît ses libertés sans renverser son gouvernement. On ne garantit jamais mieux le respect de ses propres aroits (ju'en respectant les droits qui les balancent; et quand on a besoin de la monarchie, il est plus sur de la maintenir que d'avoir à la fonder; maisily a des sagesses difficiles qu'on n'impose pas à jour fixe aux nations, et que la pesante main de Dieu, qui dispose des événements et des années, peut seule leur inculquer, n

même un instant la couronne sur la jeune tête du duc de Bordeaux, et victoire de la révolution! On ne s'attend pas à voir retracer ici le détail de ces événements; ils ne sont que trop connus. Et même à quoi bon s'arrêter pour mettre l'extrême droite en face de son œuvre et Técraser sous le poids de sa responsabilité? Les faits, à eux seuls, sont assez accablants. Toutefois, ce qui surprend le plus dans cette catastrophe et ce qu'il convient de mettre en lumière pour compléter le portrait des ultras, ce n'est pas l'audace avec laquelle ils s'attaquent de front au principe des libertés publiques, ce n'est pas Tillusion étrange qui rassure leur conscience sur la légimité de leur conduite, c'est la légèreté inouïe, la prodigieuse maladresse avec laquelle cette affaire est conduite. On n'avait jamais vu de faiseurs de coup d'Etat si scrupuleux et si honnêtes, mais jamais non plus de si incapables. Ces hommes, qui méditent la plus hardie des entreprises et qui lancent volontairement la monarchie dans la plus périlleuse des aventures, ne savent même pas prendre les précautions les plus vulgaires ni se mettre en état de soutenir, à l'heure critique, un semblant de lutte.

Celte impuissance avait apparu dès le début du ministère. Le nom seul des ministres avait été une provocation, et le secret de leur politique avait été dévoilé par leurs journaux. A leur point de vue, il n'y aurait eu qu'une tactique : surprendre et intimider le pays par quebjue acte de rapide énergie. AL de Polignac, au contraire, était resté plusieurs mois inactif et immobile; troublé de son renom et, pour ainsi dire, dépaysé au pouvoir; il laissait l'esprit public aller à la dérive, l'opposition prendre courage et narguer ce ce ministère

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