PARIS ET LES ELECTIONS A LA COWEXTION
à la tribnne de la Législative, et flétrissait " ces agitateurs pervers dont le but secret était de se faire nommer à la Convention nationale « .
La manœuvre réussit à Paris. Les élections, faites dans la salle même des Jacobins, en pleine horreur des
. massacres, alors que les honnêtes gens se cachaient, ne furent qu'une sinistre comédie. Robespierre fut le grand électeur avec Danton et Alarat, et les vingt-quatre élus furent tels que la Commune les désirait.
Terroriser la province devait être une œuvre plus difficile pour THotel de ville. La présence du gouvernement à Paris lui permettait de la tenter. La province, en effet, n'eût pas été remuée par les excitations des délégués d'une simple ville; elle n'eût pas subi leurs volontés. Mais les meneurs de Paris pouvaient parler à la France sous le couvert d'un gouvernement qui, siégeant dans cette cité, était entièrement à leur merci. Dès le 3 septembre, tous les courriers de la poste emportaient, avec le contre-seing du minisire de la justice, une circulaire signée des principaux membres de la Commune. On y informait les frères des départements des massacres faits dans les prisons, ^ actes de justice qui ont paru indispensables î) , et on ajoutait : ci Sans doute, la nation entière s'empressera d'adopter ce moyen si nécessaire au salut public. 15 Le ministre, qui était Danton, y joignait une proclamation où il demandait et que le sang des traîtres fût le premier holocauste offert sur l'autel de la patrie 55 . Ces provocations officielles au massacre ne suffirent pas. Vers la fin d'août, l'assemblée avait autorisé l'envoi en province d'agents chargés de presser la formation des nouveaux bataillons. Par Dan-
' ton, la Commune obtint que ses propres délégués fus-
sent choisis et envoyés en qualité de commissaires du gouvernement. Ces commissaires, en apparence agents des ministres, étaient en réalité les hommes de la Commune. Guermeur, envoyé en lîrelagne, emportait ce pouvoir qui révélait clairement les prétentions de Paris : « Mission lui est donnée d'éclairer le peuple et de rengager à prendie les mesures les plus promptes pour le salut de la patrie^ il est en conséquence autorisé à faire dans les départements de la ci-devant Bi elagne des perquisitions et des réquisitions... et ce au nom de la municipalité de Paris qui s'engage à tirer vengeance de toute violence, de toute opposition dont son délégué pourrait avoir à se plaindre dans l'exercice de son mandat. « Le personnel de ces commissaires était tel que les révolutionnaires eux-mêmes en étaient embarrassés et dégoûtés. On s'en plaignait à Danton : i. Eh! f. .., répondit-il, croyez-vous qu'on vous enverra des demoiselles? 55 On pouvait suivre ces hommes à la trace du désordre, de l'obscénité, de la rapine et du sang. Ils proclamaient, en arrivant àMeaux, u qu'il n'y avait plus de lois et que chacun pouvait agir comme il voulait ^ . Partout ils destituaient arbitrairement les pouvoirs élus. Dans plusieurs villes, des bandes excitées par eux et souvent venues de Paris, a purgeaient les prisons « pour tt imiter la capitale •>■) . A Orléans, où il y avait des prisonniers de marque, ce fut toute une armée, commandée par l'ignoble Fournier, dit l'Américain, que Paris vomit. La prison fut vidée, les prisonniers conduits à Versailles, où ils furent massacrés après avoir été dépouillés. Cependant celte troupe d'égorgeurs et de bandits, à sa rentrée dans Paris, était félicitée par Danton, qui la haranguait du balcon du ministère, u Celui qui