S 9. — PARIS ET LES GIRONDINS
Le duel à mort entre la Gironde et la Montagne, qu'est-ce, sinon la lutte des représentants de la nation contre les meneurs de la démagogie parisienne? Les Girondins ont en effet, à celte époque de leur courte histoire, cet honneur, — que les enlraînements et les défaillances de leurs débuis ne méritaient guère, — de représenter la souveraineté nationale. C'est derrière eux que se groupent, volontiers ou à regret, tous ceux qui soupirent après un peu de justice, de bon sens et de liberté. A la Montagne, au contraire, sont assis les députés de Paris élus sous le coup des massacres de septembre et les représentants de même couleur que les commissaires de la Commune ont réussi à imposer aux départements. Du premier jour, il apparaît que les Girondins ont dans la Convention une grande majorité. Ils ont de plus les postes importants du ministère. Roland est à rintérieur. Vont-ils donc l'emporter sur les Montagnards? Mais ceux-ci ont pour eux Paris, ou plutôt les deux grandes forces révolutionnaires de cette ville, la Commune et le club des Jacobins. C'est assez, — l'assemblée et le gouvernement étant à Paris, — pour exécuter le plan de Marat. Danton, arec celte franchise cynique et pittoresque dont il usait souvent dans les conversations de couloir, ne dissimulait ni la situation, ni le dessein de son parti, u Je sais bien, disait-il, que