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PARIS ET LES GIRONDINS

qu'à prendre des mesures réelles et efficaces. Et d'ailleurs, s'il eût été possible au début de ne pas venir à Paris, était-il possible alors d'en sortir? N'y était-on pas prisonnier > Quoi qu'il en soit, ces vaines paroles des Girondins ne servent que de prétexte pour soulever contre eux les passions de la grande cité. Cluuimette s'écrie dans une assemblée de la Commune : « La Convention menace de quitter Paris! Autrefois nous avions la cour, les grands; à présent nous n'avons personne... Si la Convention quitte Paris, nous sommes tous perdus; tuons-nous tous; il ne nous resfe plus qu'à égorger nos enfants... Eh! que deviendra Paris? Je propose donc que le conseil général déclare que si la Convention quitte Paris, Paris la suivra partout où elle ira; que si la Convention s'en va à Versailles, tout Paris ira aussi à Versailles; qu'enfin Paris ne se séparera jamais de la Convention. « On invente contre les Girondins l'accusation stupide mais bientôt mortelle de « fédéralisme ^^ . Robespierre, qui sait combien le séjour dans la capitale sert ses desseins de dictature, se montre particulièrement scandalisé des attaques contre cette ville. « Le texte ordinaire des déclamations de tous les ennemis de la liberté, dit-il, c'est la tyrannie du peuple de Paris... Tant qu'il y aura en France des ambitieux, ils chercheront à calomnier, à détruire Paris, v Que de fois a-t-on répété les mêmes phrases contre ceux qui prétendaient soustraire aux usurpations d'une ville la liberté des assemblées? Il est bon au moins de savoir qui l'on copie.

Cependant voilà huit mois que dure la lutte entre Paris et la représentation nationale. L'heure de la crise suprême a sonné. Depuis que, le 10 mai, la Convention

s'est transportée aux Tuileries, lieu marqué par la Providence où les Girondins doivent à leur tour trouver leur déchéance, le drame est devenu plus poignant et plus terrible. Le complot, préparé depuis longtemps par les meneurs parisiens, est mûr. Il a été facile d'en arrêter d'avance le scénario : on ne faisait que copier servilement le 10 août. Quatre-vingt-seize inconnus, se disant commissaires des sections, se présentent, dans la nuit du 30 au 31 mai, à l'Hôtel de ville. « Le peuple de Paris, disent-ils au conseil général de la Commune, blessé dans ses droits, vient de prendre les mesures nécessaires pour conserver sa liberté : il retire les pouvoirs de toutes les autorités constituées, i? — " Citoyens membres de la commission révolutionnaire, répond le président du conseil, vos pouvoirs sont évidents, ils sont légitimes. C'est maintenant que, sans faiblesse et sans honte, nous allons cesser nos fonctions. i) La nouvelle Commune s'installe, nomme Hanriot général de l'armée révolutionnaire qui est, on l'a vu, tout organisée. Le tocsin sonne. Paris, en se réveillant, apprend que, de par THùtel de ville, il est en insurrection, et il regarde les troupes de l'émeute investir la Convention. Le maire Pache, le Pétion du 31 mai, s'efforce d'endormir l'assemblée : " Ce n'est, dit-il, qu'une insurrection morale. » Les Girondins ne s'y trompent pas. Vergniaud éclate. La foule pénètre dans la salle et somme qu'on lui livre les députés accusés. Les Girondins, à bout d'efforts de tribune, sortent pour essayer d'émouvoir le peuple. Madame Roland se mêle à la foule, disant qu'il faudrait au moins consulter les dé(3artements. « Est-ce qu'il a fallu les consulter le 10 août, répond l'homme du peuple, et les départements n'ont-ils pas approuvé Paris? Ils feront de même cette

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