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L'EMEUTE DU PARIS CONSERVATEUR

par sa ratification plébiscitaire, donne à cet acte impudent la force de la légalité.

C'est à ce défi que la bourgeoisie de la capitale répond par le 13 vendémiaire. Il ne convient pas de s'étendre sur des événements connus ; mais ce qui importe, c'est de relever, dans la conduite et le langage de Paris conservateur, les procédés et les sophismes de Paris révolutionnaire. A peine le décret est-il connu que la ville s'agite. Des bandes de jeunes gens parcourent les rues en criant : a A bas les deux tiers! » Des affiches menaçantes couvrent les murs. Le tambour est battu partout. Les sections envoient des adresses impérieuses à l'assemblée : u Depuis le P"" prairial, disent-elles, la nation est rentrée dans ses droits; elle ne souffrira pas une usurpation. Les baïonnettes des despotes ont été brisées au l^juillet. « — a La souveraineté d'un grand peuple est au-dessus du pouvoir des hommes; elle dicle des lois et n'en reçoit jamais, v — a Citoyens, dit un orateur des sections s'adressant aux représentants, nous vous prions de bien vouloir nous entendre avec autant de décence que nous en mettons dans nos discussions. « D'autres sections déclarent que la Convention n'a plus de pouvoirs. Elles se défendent de conspirer : « Le peuple, disent-elles, conspire-t-il contre lui-même? " Elles insinuent au contraire que c'est l'assemblée qui Cl conspire contre le peuple « . La section Lepelletier prend des arrêtés où elle déclare que a les pouvoirs du corps constituant cessent en présence du peuple^ lorsqu'il délibère sur ses lois et sur son gouvernement ^î .

Oublions la sympathie qu'on peut avoir pour les auteurs du mouvement, le dégoût que doit inspirer la Convention : n'est-il pas évident que les sections pour-

suivent au service des idées modérées ce qu'elles ont si souvent accompli au service des passions révolutionnaires? Elles prétendent imposer la volonté de Paris au parlement par l'agitation et la menace. Ce sont maintenant les hommes de gauche qui fulminent contre les prétentions usurpatrices de Paris et rappellent les droits de la province. La Revellière-Lepaux dénonce à la tribune les meneurs des sections : et Qu'ils soient, dit-il, parés d'habits élégants ou couverts de haillons et de sales bonnets, ils ne perdent jamais de vue leur éternel projet de concentrer la souveraineté dans Paris : vous les voyez constamment avilir, maîlriser, opprimer, abreuver d'amertume, mutiler atrocement la représentation nationale. ^5 Lakanal demande que le Palais- Royal, naguère encore un des lieux sacrés de la Révolution, soit détruit comme étant devenu a un repaire de royalistes « et « qu'on élève sur ses décombres la statue vénérée de la République « .

Les sections de 1795 vont imiter plus complètement encore celles de 1792 et de 1793, comme s'il fallait montrer aux plus aveugles que Paris, même livré aux influences conservatrices, demeure fatalement un péril pour la liberté des assemblées, et qu'il est par nature toujours tenté de s'imposer à elles violemment. La section Lepelletier envoie aux autres sections un arrêté où, parlant de « l'impéritie et du brigandage des gouvernants actuels w , elle déclare " nulle et non avenue toute mesure qualifiée de loi tendant à retarder les opérations des électeurs ^5 ; elle ajoute « que tous les caractères de la tyrannie se développent ^^ dans les décrets de la Convention, et ce qu'il est temps que le peuple songe lui-même à son salut, puisqu'il est trompé, trahi,

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