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L'EMEUTE DU PARIS COIVSERVATEUR

égorgé par ceux mêmes qui sont chargés de ses intérêts " . En conséquence, la section convoque tous les électeurs au Théâtre-Français, en les invitant" à se faire accompagner par une force capable d'assurer leur marche « . C'est un appel à la lutte armée. Celle-ci éclate dès le lendemain. Quarante mille gardes nationaux marchent contre la Convention. Le premier jour, ils paraissent avoir l'avantage. Le 31 mai des modérés va-t-il donc réussir? Mais le second jour, le parti révolutionnaire fait intervenir une force jusqu'ici étrangère aux discordes civiles, l'armée : fait grave dans l'histoire de notre liberté ou plutôt de notre servitude. L'insurrection, mal commandée, est facilement balayée par les canons du jeune général Bonaparte.

La Convention l'emporte donc dans ce dernier combat contre la population parisienne. Mais est-il étonnant que, vers la fln de son existence, se souvenant de tant de luttes où sa liberté a été menacée et même détruite, elle se préoccupe, elle aussi, du danger qui résulte pour les assemblées du séjour à Paris? Telles avaient été, nous l'avons vu, les préoccupations suprêmes de la Constituante et de la Législative. Lors des émeutes de germinal et de prairial, la Convention a déjà décidé que, a en cas de trouble '5 , elle siégerait à Châlons. La dernière des trois constitutions qu'elle a rédigées, celle où elle a rassemblé tous les fruits d'une expérience achetée si cher, décide que le public assistant aux séances ne pourra excéder la moitié du nombre des députés, et, disposition plus grave, donne au conseil des Anciens le droit de transférer ailleurs qu'à Paris les séances du Corps législatif. Les esprits modérés qui avaient préparé la constitution de l'an III auraient peut-être voulu

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faire davantage. L'un des membres de la commission de constitution, Thibaudeau, rapporte qu'on avait proposé d'établir la législature hors de Paris. Il était de cet avis. « L'expérience, disait-il, faisait justement craindre l'influence de la capitale. « Il ajoutait que ^ cette ville, privée de la présence d'un gouvernement sans faste, ne perdrait pas grand'chose; qu'elle avait bien prospéré sous le gouvernement royal qui n'y résidait pas; que, dût-on établir la législature seulement à Versailles et laisser le pouvoir exécutif à Paris, c'en serait assez pour que la représentation nationale ne fût pas surprise, envahie et dissoute de fait comme cela était arrivé plusieurs fois à la Convention ^^ . Cette argumentation de Thibaudeau était irréfutable. Toutefois, on n'osa pas aller jusque-là; a la question resta indécise, on convint qu'il n'en serait plus parlé î' , et ce fut par transaction qu'on donna au conseil des Anciens le droit de transférer le siège de la législature. Madame de Staël, qui était liée avec les modérés de la Convention, écrivait, quelques années plus tard, à propos de la constitution de l'an III : u L'essai d'une république avait de la grandeur : toutefois, pour qu'il pût réussir, il aurait fallu peut-être sacrifier Paris à la France. 55 Mais elle ajoutait tristement que cette mesure ne s'accordait pas avec ce qu'elle et ses amis croyaient être « le caractère et les habitudes de la nation îî .

§ 13. — l'abdication de paris.

Qui veut étudier, sous le Directoire, l'action de Paris Capitale, n'a guère qu'à constater une abdication de jour

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