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à la Francs unie à l'Europe entière ; à la France devenue î'aj'liëe de l'Angleterre? Et qui doute que Bonaparte n'eût rapidement consommé l'œuvre infernale de destruction qu'il avait commencé en 1802 , si en i8o3, l'Angleterre S'eut pas déclaré la guerre à la France, et rompu ainsi , par ses immenses flottes, la communication entre la France et Saint-Domingue ?
Tout a été prévu dans le traité de paix entre les souverains de l'Europe. Ne co naissant pas la sagesse et ïes principes de Votre Excellence , on a supposé que vous pourriez hésiter dans la conduite que vous devez suivre , et on es£ convenu que pour remplacer la population d'Hayti , qui , dans ce cas, serait totalement anéantie par les masses de forces qu'elle attirerait contre elle, il fallait que pendant plusieurs années , la France continuât le commerce de la traite des africains, dans le double but de remplacer les bras attachés à la culture, et d'en former des soldats , à l'imitation des anglais.
Il est sans doute inutile d'entrer dans des détails avec un homme d'un esprïÉ aussi supérieur que Votre Excellence , mais il convient , peut-être , que ces grandes considérations soient présentées aux personnes que Votre Excellence) honore de sa confiance.
Si l'alliance des puissances de l'Europe a eu pour but le rétablissement de l'ordre et la chute de l'usurpateur qui le troublait sans cesse, les augustes monarques qui composent celte alliance , n'ont pas montré pour cela moins d'estime aux dignes supports de la gloire et de l'indépendance de la France ; à ces illustres militaires qui, pendant 2.5 ans de calamités , n'ont jamais déserté le poste du péril , et ont sauvé à leur patrie , et les horreurs de la guerre civile , et l'humiliation du démembrement de la France. Le Roi le plus généreux et le plus sage du monde, le vertueux Louis XVIII , a plus vivement senti qu'aucun de ses grands alliés les titres qu'avaient ces braves , à la munificence royale, comme à la gratitude publique; ils sont aujourd'hui comblés d'honneurs , ils jouissent des fortunes immenses , et ils bénirent les événemens qui ont donné à leur superbe exisence , la stabilité que ne pouvais leur donner un usurpateur.
Suivez leur exemple , Général , proclamez Louis XVIII à Hayi , comme ils l'ont proclamé en France, et non-seulement des honneurs et des récompenses vous seront présentées, mais ceux que vous désignerez, recevront des marques de la satisfaction de noire souverain, et de la reconnaissance de notre patrie ; et l'empire des préjugés qui est détruit avec l'ancien régime , ne mettra aucun obstacle , à ce que les récompenses soient égalées à la grandeur des services rendus au Roi.
Sans doute si Bonaparte vous adressait du haut du trône de la France, les
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paroles que je vons porte, je vous plaindrais de vous y livrer. Ses succès en politique étaient dus à l'art de tromper , sa perfidie égalait la puissance de ses armes , et le général Toussaint n'est pas le seul qui en ait fait la fatale et cruelle expérience ; mais le Roi légitime de la France , l'auguste successeur; de tant de souverains illustres, le descendant de St. Louis et de Henry IV , n'a sans doute pas besoin des moyens vils d'un usurpateur , sa parole royale est sacrée autant que sa race esi antique et vénérable, ei tel que l'un de ses magnanimes ancêtres , Louis XV LU a dit : que si la bonne foi était bannie de la terre , elle devait se retrouver dans le cœur des Rois.
Ainsi donc ce qu'il vous promettra, Général, sera certain et sera stable ; vous ne pouvez en douter.
• Mais je sens qu'il esi peut être parmi vos généraux des personnes qui craignent que les chefs envoyés par le roi , oubliant les instructions qu'ils en auront reçu , et se laissant influencer par les créoles et les émigrés , ne rétablissent peu à peu le régime des préjuges. Mais croyez-moi, Général, le règne des préjugés est terminé pour jamais. Il ne revivra pas plus dans les colonies frar içaises , qu'en France , et qui peut croire qu'il existe encore dans ce dernier pays ? lorsqu'à côté des Monîmorency , des Rohan , des Périgord, etc. sont assis les Snult , les Suchet , les Dessoies , etc. lorsque des hommes d'origine si différentes ; mais également illustre les uns, par leurs hauts faits , les autres par ceux de leurs ancêtres, siègent en conséquence égaux dans la chambre des Pairs , et partagent également les grandes dignités de l'état ? Le rci qui veut que le bi?n se prenne partout où il peut se trouver, agira , n'en doutez pas , comme les Monarques d'Espagne et de Portugal, qui, par, des lettres de blanc , donnent à un individu de quelle couleur , qu'il soit l'état d'un individu blanc. Sa puissance royale qui a égalé les Ney , les Soult, les Suehet , les Dessoles , etc. aux Montmorency, aux Rohan /-etc. par un acte de munificence et d équité auquel toute la Fiance a applaudi , peut également rendre un homme noir ou jaune, semblable devant le trône et la loi , et dans les habitudes sociales, à i homme le plus blond de la Picardie.
Vous ne nous forcerez pas. Général , à changer en soldats les nègres que l'on traite dans ce moment à la côte d'Afrique ; vous ne nous forcerez pas à user de tous les moyens de destructions possibles ; vous ne vous exposerez pas à voir déserter vos bataillons, qui seront bientôt informés que la discipline française, qui est la plus parfaite de l'univers, n'exige pas la sévérité excessive que vous avez si souvent exercée ; nous connaissons tous vos moyens de défenses ; quand je dis vous , je veux dire les personnes qui sont sous vos ordres,
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Gap Je vous croîs la lêfe trop saine , un esprit trop éclairé et trop noble $ pour ne pas être satisfait de devenir un grand seigneur et un officier général , sous cette antique dynastie des Bourbons, que la providence semble se plaire» en dépit de tous les calculs humains , à vouloir perpétuer sur le trône de notre chère France , vous préférerez devenir un illustre serviteur du grand souverain des français , au sort plus que précaire de chef d'esclaves révol es. Et s'il fallaiê des exemples pour vous engagera l'imitation, voyez les généraux Murât eC Bernadotte , Chefs ou Rois , depuis plusieurs années , des nations qu'ils ont illustrées par les armes , descendant noblement des trônes sur lesquels les avaientélevés les suites de la révolution française. Voyez-les, dîs-j?, descendant: noblement et volontairement de ces trônes, pour devenir de giands et d'illustres seigneurs, et préférer déshonneurs légitimes et durables , pour eux- et Ieu£ postérité , au titre odieux et précaire d'usurpateur.
Carne vous faites pas illusion, Général , les souverains de l'Europe , quoiqu'ils aient fait la paix, ils n'ont pas encore remis î'épée dans le fourreau ; et sans doute , vous n'ignorez pas ce que tout le monde sait en Europe , quoique la chose ne soit pas encore diplomatiquement publique, que le principal article du pacte que viennent de signer tous les souverains européens, sur leur honneur royal , est d'unir leurs armes, s'il en est besoin , et de se donner tous les secours nécessaires pour détruire tous les gouvernemens qui se sont formés par suite de la révolution française, soit en Europe , soit dans le Nouveau Monde. N'ignorez pas que c'est la Grande-Bretagne qui est Je centre et la principale partie , dans celte convention, à laquelle il faudra quelques mois plutô' on plus tard , que tout gouvernement se soumette ; et que tout gouvernement ou chefs qui ne se soumettront pas , seront traités comme des traînes et des brigands : tandis que ceux qui , volontairement et de bonne grâce, seront assez raisonnables , et assez honnêtes gens pour adhérer à ce principe , en contiibuani à faire rentrée îes peuples qu'ils gouvernent sous l'obéissance des souverains légitimes , obtiendront, de ces souverains, une existence et des étabiissemens aussi honorables que durables.
La dernière considération que ]"e présenterai à Votre Excellence, c'est la moralité et la loyauté qui caractérisent le Ministre actuel de la Marine. Tout !e monde sait qu'au temps de l'Assemblée constituante , où il fut constamment l'un des plus zélés défenseurs de la cause du Roi , il insista sur la ^nécessité et la justice d'améliorer le sort des noirs et des hommes de couleur. Prononce^ le nom de Malouet, c'est rappeller l'idée des plus hautes vertus et de la bonne foi la plus inflexible, Tout ce qui sera promis par un tel homme . sera aussi
sacré et aussi certain , que si c'était [ je demande pardon de l'expression ~] la .Divinité même qui vous le promettait.
Veuillez agréer, Général, lessentimensde haute considération avec lesqueh j'ai rhonneur d'être ,
DE VOTRE EXCELLENCE, l Le très-humbie et très-obéissant Serviteur .
Signé le général DAUXION LAVAYSSE.
P. S. Le colonel Médina , qui est associé à ma mission, doit se rendre auprès de Votre Excellence, dont il mérite toute la -confiance,
Pour preuve de la loyauté avec laquelle j'agis , je joins ici la copie de la lettre que j'ai adressée au général Pétion : A peine l'avais-je écrite que je tombai malade , ce qui m'empêcha d'avoir l'honneur d'écrire à V. E. dans le même moment.
COPIE de la Lettre du général DA UX 1 ON LA VA Y S S E,
au général PETION.
Kingston, Jamaïque, 6 Septembre 1814.
GENERAL
Une des personnes qui ont la confiance de Votre Excellence , et avec laquelle le général Hodgson eut la bonté de m'aboucher à Curaçao , vous a sans doute rendu compte du but de ma mission , ainsi que des intentions paternelles et libérales de notre roi bien-aimé Louis XVIII.
Vous êtefc trop éclairé , Général , et sans doute assez dépassionné , pour ne pas concevoir et sentir toute la différence qui existe , entre Tordre de choses établi , à ia restauration de Louis XVIII , et ce qu'on appelé l'ancien régime \ ainsi que le gouvernement despotique et arbitraire que Bonaparte avait essaye d'établir en France.
Tromper pour asservir , était devenu depuis dix ans , le grand secret , et le principal mobile de la politique du perfide et haineux usurpateur. Exécré du monde entier , abandonné des compagnons de sa gloire militaire , le sort de cet Energumène sera , i! faut l'espérer, une leçon pour tous ceux qui exercent un pouvoir illégitime et précaire ont cependant la tête saine.
Il n est pas besoin de grandes connaissances endroit public pour apercevoir la différence qui existe entre la Forme constitutionnelle, du gouvernement ds de France actuel \ et celui qui existait avant 178g.
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- Ce n'est pas ce que les émigrés et les républicains appelaient* une contre révolution , il y a quelques années , qui a replacé les Bourbons sur le trône de France. Les Rois de l'Europe n'ont point fait la guerre au peuple français , leurs armées n'ont point fait la conquête de la France. Le généreux Alexandre et ses alliés venus en France pour se venger d'un lyran en délire , ont é:é le point de ralliement des français , las depuis long-temps du plus extravagant et du plus sanguinaire despolistne.
C'est auprès d'Alexandre que se sont ralîfes les hommes énergiques , sages et habiles qui ont joué les premiers rôles druant noie révolution. (Je sont les -Talleyrand-Bénéven» , les Dessoles , les Dupont , les Marmont , les Ney , les Bournpriville , etc. etc. qui , après avoir travaillé pendant plus de vingt ans durant :es diverses variations de notre révolution , à l'œuvre de la liberté et de l'indépendance de la France , ont été les agens de notre patrie pour réédifier la monarchie française sur les bases d'une constitution libre et représentative ; et cette cohsfitutkn , c'est Louis XVI M. qui en est l'auteur et le rédacteur principal ; combien cette ciiconstauce , GénéràF, ne doit-elle pas rendre le nom de son royal auteur précieux à tous les vrais amis delà liberté! De quelle heureuse augure ne doit-elle pas être pour nos fières de 1 île d'Hayti !
Oui, Général, c'est un roi philosophe, un nouveau Marc-Anrèle , un nouvel Henry IV qui est assis sur le trône de France ; croyez m'en , je ne parle pas le langage de la flatterie , mais celui de la vérité , celui de mes compatriotes.
Pour bien vous fixer sur l'esprit qui règne aujourd'hui en France , jetez les yeux sur Sa liste de la chambre des pairs , et des principales autorités de l'Etat. Là vous verrez cesantiques colonnes .corinthiennes de la monarchie française les Montmorencys, les Rohans, les Périgords , les La Rochefoncaut , etc. mêlées à ces colonnes héroïques d'ordre moderne, ies Neys, les Suchet , les Marmont , les Bournonvilie , les Malouet , les Dessoies , les Dupont , etc. les défenseurs de la gloire et de l'indépendance de notre chè; e France.
Vous verrez tous ces hommes qui parleurs talens , leur génie, leur vaillance et leurs vertus, se sont illustré? pendant les orages et les grandes. scènes de notre révolution; vous les venez, di^-je, dignement placés entre le B.oi et {3 peuple , également soutiens de la Majesté et de la puissance de la couronne 3 des droits de Sa nation , et de la liberté publique.
Lisez la charte constitutionnelle et les actes du gouvernement actuel , et vous verrez qu'au mépris des ctiailleries et des absurdités des partisans aveugles ou intéressés de l'ancien régime , tout ce que la révolution a produit de bien , de
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'^gj'iip.m. ( 'U'JiuiJiiL-
principes libérons compatibles avec nos habitudes monarchiques a été religieusement conservé.
gMfltânwa bien sur ces choses, et dires vous je vous en prie, Général, « Louis XVilI est un Roi philosophe, qui fui avant , et au commencement de k révolution, un des plus zélés défenseurs de la liberté publique: les grands magistrats, ies généraux qui l'entourent , sont presque tous les enfans de la révolution , conséquemment les ennemis des anciens abus et des anciens Préjogé»w..Cesho.nine» se sont élevés par la révolution, à l'égal des premières famillesdeFiance.... Et nous ; comme eux , élevés par les orages de la même
révolution, etparlesinêmescauses, nous resterions dans l'avilissement Cela
nVst pas possible »,
^ Dites-vous aasji : « Bonaparte fut un despote perfide et cruel, qui n'employait guère en politique que des agens aussi immoraux et aussi peifides que lui, mieux eut valu combattre jusques dans nos derniers retranchemens , que de ne jamais faire aucun traité avec ce Corse qni ne respecta jamais ses promesses : mais Louis XV III est un souverain légitime , le descendant de Saint- Louis et de Henry IV. Il n'emploie pour traiter avec nous que des hommes d'honneur, des hommes sans préjugés , peut-être des hommes qui , sous un autre gouvernement , ouï défendu noire cause dans leurs écrits , ou leurs discours. . Ils n'écouteront pas la voix d'hommes aveuglés par leurs préjugés ou
aigris par leurs malheurs. ... Il est le père et l'arbitre commun de tous ses su jets. .. . Prenons confiance en ce roi généreux , loyal , éclairé, il nous fera partager les droits de sujeis et de citoyens français, ce qui certes, est préférable au sort d'ê re traité comme des sauvages malfaisans , ou traqués comme des nègre* marrons ».
Faites ces réflexions, ce monologue , Général j pénétrez-en les hommes raisonnablesqui militent votre confiance, et vous mériterez ies marques les plus honorables de la satisfaction de votre souverain et la reconnaissance de votre patrie et des babitans d'Hayii , que nous ne pouvons cesser de considérée comme français.
Vous avez trop d'esprit , la tête trop saine, -Général , vous connaissez trop bien la France pour prendre ce langage pour celui de la faiblesse: la faiblesse menace » l'homme fort et puissant frappe et écrase , lorsque l'on méconnaît et que l'on dédaigne sa générosité.
Je suis t etc.
Signé DAUXION LAVAYSSE.
Pour copie conforme ,
DAUXIQN LAVAYSSE.
Numéro
COPIES des Pièces des Agens du Gouvernement français* imprimées et publiées en vertu de la Proclamation de SA, MAJESTE, du ii Novembre 1814 ? Pan onzième de Pindé~ pendance d'Hayti.
Paris, le 27 Juin 1814»
ji Messieurs D AU XI ON LAVAYSSE , DE MEDINA
et DRAVERMANN.
Messieurs , j'ai reçu les lettres que vous m'avez écrites séparément et collectivement pour offrir, au Roi vos services à Saint-Domingue. 3. M. n'a encore arrêté aucune mesure relative à îa prise de possession de sa colonie , il ne lui paraît pas même nécessaire d'envoyer , dans le premier moment , des; commissaires pour notifier ses ordres, ou faire connaître ses intentions aux chefs des insurgés ; mais , sur le compte que j'ai rendu au Roi que vos affaires personnelles vous appelaient à St-Domingue, que vos rapports antérieurs avec quelques-uns des chefs de la colonie vous mettaient dans le cas de les voir „ et sur ce que j'ai appris de rattachement qu'ils avaient souvent montré pour la France et son souverain légitime, S. M. m'a permis de vous dire qu'elle verrait avec plaisir que vous me missiez en état de lui rendre un compte plus positiE de l'état actuel de cette colonie , des dispositions de ses chefs, et de ce que vous pensez des moyens les plus sûrs pour en faire cesser l'anarchie et prévenir: Soute nouvelle effusion de sang dans le rétablissement prochain du gouvernement royal. Je ne vous donne donc point une mission spéciale , ce qui serait au-dessous de la dignité du Roi; mais j'accepte vos offres de chercher à vous rendre utile dans ce voyage à la France , aux colons et à toutes les castes divisées qu'il serait si raisonnable , pour elles mômes , de faire rentrée dans Tordre social et monarchique.
Colon moi même et connu à Saint-Domingue-, je suppose que le chef Christophe n'ignore pas que j'étais d'avis , il y a vingt cinq ans , d'améliorer ïa condition des noirs en maintenant, toutefois, un régime de subordination et de police , sans lequel les colonies ne sauraient exister.
Vous pouvez donc entrer eu explication avec lui. S il se déclare fidèle sujet du Roi , s'il veut concourir sincèrement au rétablissement de l'autorité royale » je serai le premier à solliciter pour lui et pour les plus méntanst de sa caste toutes les grâces dont ils sont susceptibles. c
En prenant , sans tergiversation le seul parti que la raison et son intérêt lut conseillent» il peut tout espérer; en annonçant de trop hautes prétentions ont en laissant croire qu'il riésîïe à se déclarer fidèle sujet du Roi , il a tout à craindre; et , pour le lui prouver , vous n'aurez qu'à lui rendre un compte fidèle de ce que vous avez vu en France et de ce que vous connaissez des dispositions de toutes les puissances maritimes devenues aujourd'hui nos alliés^ Je joins au surplus à la présente lettre des instructions plus détaillées don* Vous ne vous écarterez pas.
Recevez, MM., l'assurance de ma considération.
Le Secrétaire d'Etat , Ministre de la Marine et des Colonies,
Signé M AL OU ET.
JXÇSTR U C TIONS pour MM. Dauxion Lavaysse, de Médina eï
Dravermanrio^
^ Les intentions paternelles de Sa Majesté étant de rétablir l'ordre et la paîg. dans toutes les parties de ses états par les moyens les plus doux , elle a résolut: de ne déployer sa puissance pour faire rentrer les insurgés de Saint-Domingue dans le devoir, qu'après avoir épuisé toutes les mesures que lui inspire sa> clémence.. C'est plein de cette pensée, que le B.oi a porté ses regards sur ïa colonie de Saint-Domingue. En conséquence , quoiqu'il ait donné ordre de préparer des forces majeures et de les tenir prêtes à agir si leur emploi devenail nécessaire , il a autorisé son Ministre de la mariue et des colonies à envoyer à Saint-Domingue des agens pour prendre une connaissance exacte des dispositions de ceux qui y exercent actuellement un pouvoir quelconque , de même que de la situation où s'y trouvent les choses, et les individus de toute classe, Sa Majesté est disposée à faite des concessions et des avantages à-tous ceux qui se rangeront promptement à l'obéissance qui lui est due et qui contribueront au rétablissement de la paix et de la prospérité de la colonie, C'est d'après Le rapport que lui fera son Ministre de la marine , lorsque ce Ministre aura entendu celui des agens ci-dessus désignés , qu'il déterminera la mesure de ces concessions.
MM. Dauxion Lavaysse , de Médina et Dravermanu désignés au Roi poujS «emplir cette mission se rendront incessamment,, soit à Porto Rico , soit à la Jamaïque par un des paquets-bots anglais qui font voile de Falmoulh régulièrement deux fois chaque mois. De celles de ces îles où ils auront débarqué \ |is passeront à Sajnl-Dcmirgue et ce s'y montreront .d'abord que ccuirne genj
qui viennent préparer pour leur compte , ou pour celui de quelque maison de commerce , des opérations de ce genre* Deux d'entr'eux se meltront le plutôt qu'ils pourront, mais avec beaucoup de circonspection , en rapport avec Péthion et son second Borgelîa : le troisième fera de même à l'égard de Christophe. Ce ne sera qu'après avoir sondé adroitement les dispositions de ces chefs, après avoir pris connaissance de leurs moyens intérieurs , de leur plus ou moins Je prépondérance daus l'île, de l'esprit de toutes les classes subordonnées, qu'ils s'ouvriront davantage à eux , et ils n'iront jusqu'à leur donner connais» sance de leurs lettres de créance que lorsqu'ils jugeront que le moment en est venu. On ne saurait à cet égard , leur tracer une marche précise , on s'eo repose donc sur leur prudence.
Lorsqu'ils en seront venus au point de traiter, franchement, avec ces chefs 9 ils discuteront un plan d'organisation politique qui leur agrée et qui soit tel que le roi puisse consentir à l'accorder. lis recevront de ces chefs l'assurance qu'ils adhéreront à ce plan, et que , protégés par la puissance royale , ils rangeront; à l'obéissance tous leurs subordonnés. De leur côté, les agens , sans signet aucun traité formel, chose qui ne serait pas de la dignité du Roi assureront aux chefs que Sa Majesté est disposée à accorder ce don! on aura été convenu , et q- 'elle le fera connaître aussitôt leur retour en France, par une déclaration émanée da sa grâce. Ils pénétreront en outre ces chefs de cette vérité i que ce que Je Roi aura une fois déclaré sera irrévocablement eg religieusement observé»
Si ces chefs sont comme on rassure des gens instruits et éclairés [particulière ment Péthion et Borgelîa J ils sentiront qu'il ne suffit pas pour eux , et pour les leurs successivement en descendant , d'obtenir des avantages, mais qu'il fauÊ 4aussi les rendre solides î ils reconnaîtront que, pour être tels , ees avantages ne doivent être exagérés 4 ni en mesure pour eux-mêmes , ni en extension à la généralité ; ils verront bien que si la grande masse des noirs n'est pas remise e* maintenue dans un état d'esclavage, ou tout ou moins de soumission semblable à celui où elle était avant les troubles , il ne peut y avoir ni tranquille, ni prospérité pour la colonie, ni sûreté pour eux-mêmes. Ils verront encore que pour que cette classe nombreuse qui constitue le peuple dans la colonie demeure soumise à un régime. exact quoique modéré, il faut que l'intervalle qui la sépare de l'autorité suprême soit rempli par des intermédiaires' et que l'exemple d'une prééminence et d'une obéissance graduées , lui rende sort infériorité moins frappante. D'après ces cons^aions, il est raisonnable de 3upporter que Pé;hion et Borgelîa , satisfaits d'obtenir faveur entière, pour eux H pour un petit nombre de leurs qui 8om les instruis nécessaires InseK
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liront , sans difficulté , â ce que leur caste , en acquérant la presque totalité des droits politiques , reste pourtant , à quelques égards , un peu au-dessous de la caste blanche ; car d'une part, l'assimiliation totale à eux accordée sera plu$ saillante et plus flatteuse; et de l'autre , leur caste sera d'autant plus assurée de maintenir la caste noire libre et par celle-ci les noirs non libres à la distance où il lui importe de les maintenir , qu'elle aura elle-même laissé subsister une petite différence enfr'elle et les blancs.
On insiste beaucoup sur ce point parce qu'il doit être le premier pas dans la négociation. Il est bien important de conserver aux blancs une prééminence quelconque sur les gens de couleur du 1e1' ordre ; sauf à admettre absolument et sans restriction aucune, Péthion , Borgeila et quelques autres, dès à présent , parmi les blancs , et à donner , par Sa suite , sobrement , de temps à autres des lettres de blancs à quelques individus que leur couleur éloignée du noir , leur fortune , leur éducation , leurs services auront rendus dignes de cette faveur. Si Péthion tombe d'accord de placer l'homme de couleur, jusqu'au mulâtre inclusivement, un peu au-dessous du banc, il devient beaucoup plus facile de restreindre les privilèges de la caste au-dessous de celle-là [ composée des nuances entre le mulâtre et le nègre J et ceux des nègres libres , si Ton établi ces trois castes intermédiaires entre le blanc et le nègre esclave. Partout Il est singulièrement recommandé à MM. Dauxion Lavaysse , Médina et Dravermann de se rapprocher le plus qu'il leur sera possible de l'ancien ordre de choses colonial , et de ne s'en écarter que là où il leur sera démontré impossible de faire autrement ; et toujours , dans leurs conférences avec les ch^fs sur ces matières, iis doivent partir de ce principe que le Roi ne concède que parce qu il veut concéder, et que, loin d'admettre des prétentions exagérées, il n accordera rien et fera sentir sa puissance dans toute son étendue, si ses faveurs sont repoussées. En effet, qui doute que si le Roi de France voulaif faire peser toutes ses forces sur une portion de sujets rebelles qui sont à peine un centième de la population de ses états ; qui n'ont en eux , ni chez eux , aucun des grands moyens militaires moraux ou matériels de l'Europe , qui seront privés de tous secours extéiieurs ; qui doute , disons nous, qu'il ne les réduisîj , dût -il les exterminer r MM. Dauxion, de Médina et Dravermann durant le cours de leur négociation doivent , sans cesse, avoir cette considération sous les yeux , la présenter sans affectation, sans menaces, à ces deux chefs, et placer toujours à cô é de la bonté du Roi, sa puissance. Il n'est, pour ainsi dire pas douteux que s'ils font bien usage de ces moyens, ils ne
parviennent à prévenir la nécessité d'employer la force , sans Irop accorder.
Ils
ïls y réussiront , surfont s'ils Font bien sentir à Pe'ihion et autres , que leur situation actuelle , s'il sont abandonnés à eux-mêmes , est extrêmement précaire; que bientôt la caste des mulâtres, infiniment moins nombreuse que celle des noirs , sera écrasée par celle-ci ; que la colonie sera en proie à des factions dont les chefs seront successivement abattus par des compétiteurs plus heureux pour le moment ; qu'une paix durable étant conclue entre la Fiance et toutes les puissances maritimes , nul pavillon étranger ne pourra aborder dans les ports de Saint Dorr.ingue et qu'il suffira au Boi de six frégates pouc interdire aux habitans actuels de cette île toute communica ion avec le dehors ; que ces habit ans cultiveraient vainement les riches productions, du sol , puisqu'ils ne pourraient les échanger contre les objets qui leur manquent ; et qu'ils seraient bientôt réduits à vivre comme des sauvages privés de tous les avantages de la civilisation européenne.
Ces considérations doivent nécessairement frapper Péthion et Borgella , et ils reconnaîtront que si le Roi s'abstient actuellement des moyens de contrainte, c'est parce qu'il veut le bonheur de ses sujets de toutes les classes; et parce qu'il ne suppose pas que ses vues bienfaisantes trouvent des obstacles qu'il faudrait renverser. Convaincu que les habit-ans actuels de Saint-Domingue , las des troubles qui les agitent depuis vit gt cinq ans , s'empresseront de jouir des avantages certains que leur offre son gouvernement paternel ; Sa Majesté^ Suspend toute mesure de rigueur et elle n'envoyé pas la plus petite force dans les parages de Saint-Domingue : elle s'abstient même d'interdire , pour le moment , le commerce que font les bâtimens étrangers dansj cette colonie ; mais , au retour des agens à qui ces instructions sont données et d'après leur; rapport , S. M. fera partir des forces suffisantes pour proiéger , ou , si cela devenait nécessaire, des forces auxquelles rien dans l'île ne saurait résister.
Une fo^s d'accord avec Péthion et Borgella sur ce qui les concerne eux-mêmes et sur ce qui regarde la i6re classe des gens de couleur , les agens établiront avec eux la mesure moindre d'avantages à accorder à la seconde ctasse composée de ce qui est moins blanc que franc mulâtre, sans eue îout-à fait nègre, et à la tioisième composée de nègies iibes.
Pour cette fois, pourront être admis, L si Péthion et Borgella le jugent euxmêmes convenable J dans la iere classe, indistinctement tous tes mulâtres, anciennement libres de droit, au nouvellement libres de fait, sou nés enltg ime mariage , soi' bâtard. Mais , à l'avenii , & u* nés en bâtardise ne participa ion! pas aux avantages de la dite class< ou caste. Is» se on; restreints a (a simple JAui&s»aiice des avautages des l'homme ue couleur îïbit avant 1789 »» Néani
moins , en se mariant dans la iere classe , es bâtards y feront rentrer leurs enfans,
Le même priaci^è devra être àp$ que à la 2eme et 3eme classe.
Les niches d'un iniivlude c.bse supérieure avec un individu de la classe immédia enent au dessous -, pourraient élever à la première de ces deux > les enfdus qui en seront is^us , soit à 1-t première, soii à la seconde génération; mais,' peut-être , serait-il mieux d'établir qoe le mariage d'un individu de la I classe avec un de la 3eme porterai les enfans dans la classe intermédiaire.
Les enfans nés de mères esclaves [ou censées telles 3 par le concubinage de blancs mulâtres, ou sures, suivront invariablement la condition de la mère et appartiendront au maître de celle-ci. Sur ce point la résolution doit ère invariable : néanmoins, lesdits enfans pourront ère affranchis , si le père
qui les avouera paye au propriétaire une somme de et an lise une
autre somme et s il assure la subsistance de l'enfant, La quotité de ces sommes sera fixée par un règlement : îesdits affranchis ne jouiront que des privi'éges de l'homme de couleur libre avant 1789» ; leur mariage dans une des classes ci-dessus désignées fera entrer leurs enfans dans cette classe.
Quant à la classe la- plus considérable en nombre , celle des noirs attaches a la culture et aux manufactures de sucre , d'indigo , etc. V- est essentiel qu'elle demeure ou qu'elle rentre dans la situation où elle était avant 1789 »<> sauf à faire des règlemens sur la discipline à observer, tels que celte disciplina Soit suffisante au bon ordre et à une somme de travail raisonnable , mais n ait rien de trop sévère. Il faudra , de concert avec Péihion , aviser ans moyens de faire rentrer sur les habita' ions et dans la subordination le plus grand nombre de noirs possible, afin de diminuer celai des noirs libres. Ceux que l'on ne voudrait pas admettre dans cette dernière classe et qui pourraient porter dans Taure nb esprit d'insurrection trop dangereux devront être îransporiés à l'île c!e Ra:au ou ailleurs. Cette mesure doit entrer dans les. idées de Péfhiod , s'il veut assurer sz fortune et les intérêts de sa caste ; e£ nul ne peut mieux que lui disposer les choses pour son exécution lorsque le moment en sera venu.
Nous avons dit que l'un des trois âgens se rendrait pies de Christophe ». apiès l'avoir sondé, il s'entendra avec ses deux collègues pour juger s'il convint de suivre une négociation avec lui et pour dé erminer sur quelles bases. Celte négociation aura lieu , de concert avec Pe'fhion et Borg 'lia , ou à leur insçu , ainsi que les agens le trouveront convenable 1 sur ce , l'on s'en rapporte à leur prudence.
Autant qu'on en puisée iuger actuellement d'ici , il parait que le point îeplus important est de tomber d'accord avec le parti de Péihion et que , cela
» -lUttf
na* wii!m'uJg-.t^^L-JSJBB
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Fait, il serait facile de réduire celui de r,hiis(ophe à l'obéissance «vans grande effusion de^ang. Mais comme l'intention du Roi est de prévenir autant que possible cette effusion et de hâter la pac.fi -ation générale de îa colonie, MM. les Agens ne négligeront aucun m iyen coi v-uabiepour faire tomber les armes des mains des adnérèhs à Christophe comme de celles des adhérens de péthion,
MM, les Agens saisiront toutes les occasions sûres jour info: mer le Minisire de S. M. de leur arrivée, du début et des prog è- de leur ne'gociaiiou et de toutes les connaissances certaines qu'ils auront acquises sur l'état des choses dans la colonie. Ils se serviront d'un chiffre pour tout ce dont l'interception pourrait avoir des suites fâcheuses. Dés qu'ils auront conclu un arrangement, ils reviendront , par la voye la plus prompte , rendre compte de leur mission. Toutefois s'ils jugent important que l'un on même deux d'entr'eux demeurent sur les lieux , et y attendent l'arrivée de l'ai moment desiiné pour la colonie , ils prendront ce parti; mais il faudra, dans ions le cas, que l'un des trois au moins, vienne porter veiba'emenl les renseignemens les plus détaillés.
On n'a esquissé dans ces instructions un projet d'organisation politique à Saint-Domingue que pour donner à MM, les Agens une idée de ce que le Roi pourrait consentir à accorder un travai! ai fini; if sur celte matière ne peut-être que le résultat des connaissances que le Ministre du roi acquerra par eux. Ils doivent donc apporter le plus grand soin à resserrer les concessions dans des limites raisonnables , moins ces limites s'écarteiom ds? celles précédemment établies et mieux ce sera. En résumé , i's ne promettront rien au-delà de ce qui va être énoncé , après avoir tout fait pour demeurer en deçà.
i°. A Péthion, Borgella et quelques autres f toutefois que la couleur les rapproche de la caste blanche J assimilation entière aux blancs et avantages honorifiques ainsi que de fortune.
2°. Au reste de leur caste actuellement existant , la jouissance des droits polinques des blancs, à quelques exceptions psès qui les placent un peu au • dessous.
3°. A tout ce qui est moins rapproché du blanc que le franc mulâtre, ces droits politiques dans une moindre mesure.
4°. Aux libres qui sont ton* à fait, noirs encore un peu moins d'avantager
5°. Attacher à la glèbe , et rendre à leurs anciens propriétaires, non-seulement tous les noirs oui travaillent ac utilement suivies habitations, mais encore y ramener le plus possible de ceux qui se sont affranchis de cette condition*
6°. Purger l'île de tous les noirs qu'il ne conviendrait pas d'admettre, parmi les fibres tt qu'il serait dangereux de rejetter parmi ceux attachés au:; habitation?»
7°. Restreindre la création de nouveaux libres de la manière indiqué* plus haut.
Lorsque les agens seront convenus de ces bases avec les chefs , ils y ajouteront les conditions suivantes.
i° Il est bien entendu que pour que l'ordre se re'tablisse à St Domingue, les lois de la propriété et tous les principes qui en assurent la garantie doivent être établies et respectées de telle manière que chaque propriétaire, muni de ses titres d'acquisit'onou d'hérédité ou de l'acte de notoriété qui la constate légalement, soit remis en possession de ses terres , et bâiimens dans l'état où ils se trouveront, sans égard aux dispositions arbitraires qui pourraient en avoir été faites par ceux qui , jusqu'à cette époque , avaient exercé quelque pouvoir public.
2° L'admission aux dioiis politiques de tous les gens de couleur, l'assimiliation môme des principaux propriétaires de la première classe qui pourrait en être faite aux blancs, laisse toujours à la disposition du Roi et de ses représentons le choix de ceux qui paraîtraient le plus susceptibles d'emplois supérieurs ou mêmes inférieurs dans les places civiles ou militaires, de telle sorte qu'aucun d'eux ne soit reconnu avoir un droit acquis, mais seulement éventuel , de même que les blancs , aux emplois supérieurs et inférieurs. Quant à ceux qui sont actuellement investis des pouvoirs du gouvernement colonial , il est entendu que leur soumission entière à S. M. Et le succès de leur influence suc la caste qui leur obéit , leur assureront les grâces du Roi , mais sans aucune stipulation qui puisse engager dans telle ou telle forme l'autorité souveraine: lesdits chefs devant s'en rapporter entièrement à la volonté et à la bonté du Roi.
Lorsque tous ces points auront été discutés et convenus avec les chefs , il en sera dressé pioès veibal et cet acte sera , après leur soumission écrite , leur garantie effective , en ce qu'il ne sera désormais rien exigé «Aux qui ne soit conforme aux présentes instructions signées par moi Secrétaire d'état, Ministre de Sa Majesté.
Il est bien recommandé à MM. Dauxion Lavaysse, de Médina et Dravermann de relire plusieurs fois , durant la traversée, les présentes Instructions pour bien se pénétrer de leur esprit, afin de ne jamais s'en écarter dans lô cours de ieur négociation.
Signé MALOUET.
Certifie conforme aux Originaux déposés dans les archives de ï Ebat.
Le Secrétaire d'E a , Ministre des Affaires é.rangères ,
Gqmtjs De Limonade.
Numéro
mm
ROYAUME D'HAYTL