Juin 1814. — Une sorte d’inquiétude agite inquiétu
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les esprits depuis quelques jours. La nécessité des F"ts à Pa réformes n’est contestée par personne et chacun de ceux sur qui elles frappent s’en plaint avec amertume. Ceci est vrai pour l’ordre civil et surtout pour l’ordre militaire. Le refrain commun est que les choses ne peuvent pas aller comme elles vont. La lecture des gazettes anglaises a augmenté cette disposition des esprits; on y a vu des censures et des moqueries qui peuvent être indifférentes pour un peuple façonné, depuis 120 ans, à la liberté de la presse, mais qui sont dangereuses pour celui qui cherche cette liberté, depuis 2 5 ans, et qui ne l’a pas rencontrée.
Quelques étrangers de marque prennent, dans la société, le ton des feuilles anglaises. Les hommes de lettres et à prétentions se rangent du même bord, et on voit une opposition naître et se développer dans quelques salons de Paris. On y rend justice aux talents très élevés des ministres; mais, ensuite, on leur reproche de n’avoir pas une marche fixe vers
Incident au Théâtre- Français.
5o ROYAUTÉ OU EMPIRE.
un but clairement indiqué; de n’avoir pas dominé l’opinion par ces opérations d’une utilité majeure qui raffermissent le présent et préparent l’avenir; enfin, de trop se confier dans l’ascendant de la personne du Roi et de n’y avoir que fort peu ajouté.
Une scène assez vive a eu lieu, hier, au Théâtre Français où l'on donnait Hamlet. Il s’y trouve quelques vers injurieux pour les Anglais, entre autres celui-ci : « L’Angleterre en forfaits fut toujours très fertile ». Le parterre a applaudi avec violence. A ce moment, une voix partie des loges, a crié : « Vivent les Anglais !» et a été couverte de huées. Le tumulte a duré pendant dix minutes; on s’obstinait à vouloir faire sortir de la salle celui qui avait ainsi crié, mais on n’a pu le découvrir et la pièce a continué.