‹ Royer-CollardChapitre 19 sur 26 · J HO-l EI!-(.<)LLAIÎl · texte numérisé non relu

J HO-l EI!-(.<)LLAIÎl

avaient l'esprit terme à toute idée de progrès^ social : ce sont eux, au eontraii'e. ([ui en ont. un moment, porté le drapeau, dans la société française au xix^ siècle. Ils ont aimé les idées; ils ont même cherché, avec leur théorie de la souveraineté de la raison, à procurer le règne de Tintelligence. Surtout le caractère profondément social de la Révolution française ne leur a jamais échappé. Personne en France n'aélé plus convaincu que Royer-Collard que de la Révolution est née toute une nation nouvelle, et profondément différente de Tancienne; il en a- salué l'avènement en termes magnifiques : « Voilà enfin qu'après trente années qui se sonl écoulées depuis l'origine de nos troubles, dit-il un jour, une nation nouvelle s'avance et se range autour du trône renouvelé comme elle. A mesure qu'elle s'avance, elle recueille dans ses rangs tous ceux qui n'ont été ni mazarins ni frondeurs, et qui n'ont voulu que le hien de l'Etat, espèce de gens, dit le cardinal de Retz, qui ne peut rien au commencement des troubles, et qui peut tout à la fin. La nation dont je parle, innocente de la Révolution dont elle est née, mais qui n'est point son ouvrage, ne se condamne point à l'admettre ou à la rejeter tout entière. Ses résultats seuls lui appartiennent, dégagés de tout ce qui les a rendus irrévocables. Supérieure aux partis en force, en dignité, en bon sens, exempte du vieux levain de discorde qui les tourmente, étrangère à leurs querelles, qui sont déjà loin d'elle, leurs excès lui ont enseigné la modération, leur turbulence leur a fait un besoin du repos; elle vient, au nom de la patrie commune, leur commander le silence et

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