FRANÇOIS
plume, les mœurs, les inclinations ; en un mot tout ce qui caractérise une espèce, un genre, est amené sur sa toile avec le coloris de la vérité jusqu'au plus haut degré de Fillusion. L'Espagne possède un grand nombre de tableaux peints par lui ^ »
Snyders avait un long visage osseux, d'un aspect militaire, en parfaite harmonie avec son style et avec celui de toute l'école anversoise, des cheveux hardiment jetés, une barbe pointue, de longues moustaches, qui se relevaient d'abord, puis tombaient en accolades. Le manteau, le pourpoint, le large col de chemise à la mode du temps, achevaient de lui donner une tournure chevaleresque. Son expression était d'ailleurs noble et grave. Sa taille fait songer aux sveltes proportions, qui distinguent généralement ses animaux. Son portrait à l'eau- forte, par Van Dyck, est regardé avec justice comme le meilleur de tous ceux que le grand peintre a dessinés sur le cuivre. Cette image, à défaut de renseignements écrits, prouve que les deux artistes vécurent dans l'intimité : ils s'étaient connus, liés d'affection chez leur maître et ami Rubens. L'effigie qui nous occupe devint plus tard, sous le burin de Jacques Neefs, une gravure achevée.
Snyders a lui-même publié seize eaux-fortes de diverses grandeurs, représentant des animaux, où Ton retrouve les qualités ordinaires de sa peinture : les amateurs en font grand cas, mais elles sont d'une extrême rareté. Jean Zaal et Réveil ont aussi gravé quelques tableaux du fameux Anversois^.
* Guide des amateurs de tableaux pour les écoles allemande, flamande et hollandaise^ tome I, pages 139-140.
~ J'ai publié, en 1852, la pins grande partie de ce chapitre dan>; le Magasin pittoresque.