JEAN THOMAS
Van Dyck, Quellyu le vieux et Jean van Hoeck. M. Félix Bogaerts lui attribue un tableau de l'église Saint-Augustin, à Anvers, tableau faisant partie d'une suite de peintures qui racontent l'histoire du célèbre évéque S et le livret du musée de Bruxelles met sous son nom un saint Nicolas Tolentin s' apprêtant à dire la messe. Ce dernier ouvrage est une production peu remarquable. Les types manquent d'élévation, le dessin de vigueur et les formes de pureté. La couleur seule charme la vue : elle est vraie, brillante et forte, mais n'a pas autant d'harmonie que celle de Rubens.
Le duc d'Aremberg possède de notre artiste un morceau bien supérieur, qui confirme nos observations précédentes.
Jean Thomas naquit à Ypres, vers l'année 1610. Rubens lui enseigna les secrets de son art, modela son talent de ses mains puissantes. Le goût des voyages, le désir, bien naturel chez un peintre, d'admirer les œuvres italiennes, le poussèrent à partir, jeune encore, pour la Péninsule, avec son ami Diepenbeck. Ils séjournèrent ensemble dans les difïèrentes villes, étudièrent passionément les œuvres des grands maîtres et tâchèrent de lutter contre eux. L'évéque de Metz, appréciant le mérite de Thomas , lui offrit de venir habiter son palais , d'y exécuter de grands ouvrages : le peintre flamand accepta et fit ses adieux à Diepenbeck. Il travailla beaucoup en Lorraine et ses tableaux, se répandant peu à peu en diverses parties de l'Europe, lui conquirent une brillante renommée. En 1642, il était à Anvers, car il y obtint le droit de bourgeoisie. En 1662, l'empereur Léo-
^ Esquini^e d'une histoire des Arts en Belgique, depuis IQ^O jusqu'en 1840, page 44.
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pold l'attira près de lui et le nomma son peintre officiel : depuis lors, il ne quitta plus FAutriche, et mourut à Vienne en 1673. C'est dans cette ville et dans celle de Metz qu'il faudrait faire des recherches, pour obtenir sur lui des renseignements biographiques et savoir ce que sont devenues ses productions. Le catalogue du musée de Cassel lui attribue deux toiles, dont Tune a pour sujet une école de peinture, l'autre une classe d'astronomie. L'église des Carmélites, à Anvers, renfermait jadis un tableau d'autel, où il avait représenté saint François à genoux devant la Fille de David et recevant d'elle le saint scapulaire. On prétend que ses œuvres annoncent une imagination fertile, sont abondantes, travaillées d'une main légère et charment les yeux par leur beau coloris. Les amateurs recherchent les calmes paysages qu'il a gravés et ornés de scènes mythologiques ^ .
Houbraken avoue que Mathieu van den Berg ne montra jamais d'inspiration et suivit pas à pas les traces de Rubens avec une prosaïque docilité. Son père, Jean van den Berg, natif d'Alkmaar, avait lui-même appris la peinture sous les yeux de Henri Goltzius ; mais comme il était fils d'un magister et que celui-ci alla s'établir dans le Brabant, où il gagnait peu, Jean fut contraint de l'aider à tenir sa classe et abandonna quelque temps le pinceau pour la plume. Bientôt néanmoins il sut se ménager des heures de loisir et, oubliant le récitatif mo-
* Houbraken, t. I, p. 290. — Iminerz.eel. — Balkéma. — Le catalogue de Winckler cite de lui quatre pièces : 1° Un satyre pressant une bergère, morceau gravé par François van den Wyngaerde; 2" le Sauveur auquel des anges apportent les instruments de la Passion, gravé par Corn. Galle; 3° la Sainte Famille revenant d'Egypte, gravée à l'eau-forte par F. van den i Wyngaerde ; 4° un ange gardien protégeant son pupille contre les vices, représentés sous la forme de bêtes monstrueuses, P. de Baliu sculpsit.