NICOLAS VAN DER HORST
iiotone des écoliers, leur paresse ingénieuse et leurs traits de malice, goûta la douceur attachée aux travaux qu'on aime. Il avait fait la connaissance de Rubens, qui, loin d'assoupir son imagination, la stimulait et l'exaltait. Peu à peu le grand homme le prit en alFection et, voyant sa répugnance pour la lérule, ce sceptre des pédagogues, lui confia l'administration de ses terres. Presque tous ses biens étant situés dans les environs d'Ypres, Jean van den Berg dut y établir sa résidence. Ce fut là que son fils Mathieu vint au monde.
Ayant comme son père de la vocation pour les beauxarts, il se trouva tout naturellement le disciple de Rubens. Mais la nature ne lui avait pas donné un génie inventif et le crayon lui était plus agréable que le pinceau . Il devint donc un très habile dessinateur. On le voyait toujours reproduisant sur le papier soit des objets réels, soit un beau tableau , car il était fort laborieux. La vieillesse même ne diminua point son activité. Ce qui lui manquait, c'était l'initiative : fidèle copiste, il ne pouvait rien tirer de son cerveau . Parmi les dessins nombreux qu'il exécutait, à peine quelques-uns étaient-ils le produit d'une inspiration personnelle. Cette tendance, au reste, se manifesta en lui dès ses débuts ; quand il étudiait chez Rubens, il avait fait le portrait de son père dans toutes les attitudes et sous tous les costumes. Les amateurs possédaient encore de ces effigies durant le siècle dernier.
Après la mort de Rubens, Mathieu van den Berg quitta Anvers pour la Hollande. Il fut reçu par la confrérie de Saint-Luc, à Alkmaar, le 1" juin 1646, et termina ses jours dans la même ville en 1687. L'église Sainte-Anne, à Bruges, possède de lui un tableau représentant saint