XII. ESSAI DE DÉNOMBREMENT
Est-il possible de dresser le catalogue complet de i'œuvre de Rubens ? Evidemment non. On aura une idée de la fécondité de l'artiste par ce seul fait que la gravure a reproduit plus de quinze cents de ses toiles. On estime qu'un nombre à peu près égal n'a pas été reproduit.
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Combien d'autres sont perdues, ont disparu dans les incendies, les naufrages, les voyages? A Paris, à Saint- Pétersbourg, à Madrid, à Anvers, à Londres, il y a, dans chaque musée, quarante ou cinquante toiles. A Munich, il y en a quatre-vingt-quinze. Il y en a encore un certain nombre à Bruxelles, Matines, Dresde, Vienne. S'il fallait seulement citer le titre de toutes ces œuvres et les décrire succinctement, ce volume n'y suffirait pas. C'est donc une vue à vol d'oiseau que je puis essayer ici, en m'arrètant aux œuvres qui ont une histoire ou qui marquent une étape dans la carrière de l'artiste.
Rubens, en Italie, chez le duc de Mantoue, qui le considère comme un habile copiste, doit à cette situation de pouvoir étudier les maîtres qu'il affectionne : Titien, Giôrgione, Véronèse, Michel-Ange, Raphaël, le Vinci. Il pénètre leur manière, s'assimile leur facture, et n'aliène pas sa liberté. Il sort de là avec une extrême habileté de main, une prodigieuse facilité de travail. Désormais, il a un métier qui sera le serviteur de sa fougue, il peut tout entreprendre. Il ne s'est pas borné à copier des tableaux, il a dessiné des statues et des architectures, il a plié sa main à tous les exercices.
Mais déjà, avant de quitter la Flandre pour l'Italie, Rubens avait composé plusieurs tableaux. Parmi ces premières œuvres : une Vierge soutenant le Christ^ que M. Wuyts a léguée à Lierre, sa ville natale ; une Tête de vieille^ qui est au musée de Munich; un Christ mort étendu sur les genoux de Dieu le Père, qui est au musée