I. A Peiresc, 2 décembre
lues. Si bien que, Buckingham assassiné, La Rochelle prise, l'Angleterre épuisée renonce à la lutte, et pour traiter se trouve maintenant indécise entre les propositions de l'Espagne et celles de la France, entre Richelieu et Olivarès. Rubens est tout désigné pour continuer une affaire qu'il a commencée. On l'enverra donc à Londres. Seulement, il faut d'abord, pour augmenter le prestige de l'ambassadeur, qu'Isabelle lui délivre patente « de l'office de secrétaire de son conseil privé, avec survivance de cette charge au profit de son fils aîné ». Rubens part le 29 avril 1629, traverse Paris, où il visite le palais du Luxembourg, Bruxelles, où il voit l'archiduchesse, Anvers, où pendant quelques jours il reprend le goût de son foyer. Lorsqu'au commencement d'août, il arrive à Londres, son humeur est mélancolique : « Les voyages l'intéressent moins maintenant qu'il est fatigué ; ses forces vont déclinant, et de tant de fatigues il ne saurait tirer d'autre profit que celui de mourir un peu plus instruit^ ».
Pourtant, l'accueil qu'il reçoit ne peut que le flatter. Charles P"", qui déjà autrefois avait insisté pour que le peintre lui envoyât son propre portrait, s'est déclaré enchanté de cette mission, « non seulement eu égard aux propositions qu'apportait Rubens, mais aussi à cause du désir qu'il avait de connaître un homme d'un pareil mérite^». Le diplomate, il est