LE PORTEMENT DE LA CROIX
achevé en 1636 et le retable de Rubens y fut placé le 8 avril 1637. On le lui paya 1600 florins plus 500 florins pour l’ouvrier et l'apprenti qui firent le cadre et y tendirent la toile. Les Français enlevèrent le retable en 1794; il fut restitué en 1815, et placé au Musée de Bruxelles l’année suivante.
La scène se déroule sur un chemin qui gravit la pente escarpée du Golgotha; au bas, on voit deux soldats romains cuirassés et casqués, qui conduisent les deux larrons. Au milieu du
chemin, le Christ s’est affaissé sous la croix ; les deux hommes, qui aident à la porter, la soulèvent ; Véronique essuie la sueur du Sauveur Jean se penche pour l’aider à se redresser. De chaque côté, une femme son enfant sur le bras, regarde avec compassion ce triste spectacle ; un soldat frappe le Christ de son bâton, pour le contraindre à se mettre debout. Plus haut, un officier lève son bâton pour montrer le chemin ; devant lui, deux cavaliers portent des étendards en tête du cortège.
Les trois groupes ne se suivent pas ; ils sont plutôt placés les uns à côté des autres. C'est au centre que se passe le drame proprement dit. Le Christ est tombé, les mains et les genoux sur le sol ; sa mère émue de pitié, tend les bras pour secourir le bienaimé ; deux amis réunissent leurs efforts pour soulever la lourde croix. Véronique et les deux mères complètent ce groupe souffrant et apitoyé. Le reste n’est que du remplissage. Les accessoires, qui jouent le grand rôle, ont quelque chose de théâtral, de décoratif. Les deux cavaliers qui marchent en tête ainsi que les officiers et les deux soldats qui escortent les larrons sont élégants et bien tournés. En bas, les dos nus des larrons forment une belle tache lumineuse et colorée à côté des soldats en armure. De même, dans le groupe central ce sont les personnages secondaires qui attirent l’attention, l’homme au torse découvert, est la figure dominante ; et le peintre n’a pas montré moins de prédilection pour Véronique et pour la jeune mère blonde, tandis qu’il a négligé le Christ, Marie et Jean. Rubens ne cherche pas à émouvoir : ce qui le frappe, c’est l’effet pittoresque du cortège qui gravit la montagne, la beauté des gestes, la vigueur des corps. Mais le ton du tableau est robuste, puissant surtout dans le bas, où les ombres sont fortes. Sur cette base solide, s’étagent avec une clarté et une finesse croissantes, les groupes supérieurs jusqu’aux cavaliers à l’allure si crâne qui donnent à ce funèbre cortège un air de fête. Au sommet de la
La Décapitation de saint Paul (D’après le dessin à la National Qallery de Londres).
ZlOîO AJ 3G T'/lJMJTflO4} 3J
(23lbxm8 ,332 U M)
(mBbiafamA'b aèsnM — sesiiipea)
Le Portement de la Croix
(Musée, Bruxelles)
(Esquisse — Musée d’Amsterdam)