LE MARTYRE DE SAINT THOMAS
Le Martyre de saint Thomas. — H y a encore un martyre parmi les derniers tableaux qui sortirent de l’atelier de Rubens, celui de Saint Thomas, (Œuvre. N° 498) qui lui fut commandé en 1637, en même temps qu’un Saint Augustin (Œuvre. N° 392) par le supérieur du couvent des Augustins à Prague, dont l’église était dédiée à l’évêque d’Hippone. Les deux tableaux furent payés par la comtesse Martinitz, née Hélène Werschowitz, qui en donna 945 florins. Ils furent placés sur le maître-autel de l’église susdite, où naguère ils se trouvaient encore : le Martyre de saint Thomas , à la place ordinaire des retables, le saint Augustin, immédiatement au-dessus. Récemment, ils ont été transportés au Musée de Prague. Dans le premier de ces tableaux, l’action offre la même cruauté sauvage que le Martyre de saint Liévin, mais sans les horribles détails de celui-ci. Sept bourreaux tombent avec rage sur le martyr : l’un d’eux lui enfonce sa lance dans le corps, et pour donner plus de force au coup, pose le pied sur la jambe de l’apôtre ; un second lui plonge un poignard dans le cou ; deux le lapident ; les autres arrivent à la rescousse, pour se jeter sur la malheureuse victime. Sf Thomas est peint d’après le même modèle que le saint Liévin du tableau de Bruxelles. La tonalité est brune; le bourreau à la lance porte une robe du même brun que sa chair; celui qui a une pierre à la main est enveloppé d’une draperie rouge ; la draperie du saint est noire. La lumière est d’un effet saisissant ; les figures se détachent puissamment lumineuses sur un fond obscur, mais pourtant transparent: c’est l’harmonie dans l’éclat et l’éblouissement. Ici encore, le fond est occupé par des édifices élégants, qui contribuent à donner un air de fête à cette scène de meurtre. Comme dans le Martyre de saint Liévin, Rubens peignit lui-même les figures du premier plan, et fit exécuter par ses élèves les figures secondaires et les accessoires.
Le saint Augustin, offre moins d’intérêt (Œuvre. N° 392). Debout sur le rivage, le saint regarde avec étonnement le petit enfant occupé de transvaser la mer dans un petit trou qu’il vient de creuser dans le sable. C’est une figure imposante qui se dessine vigoureusement dans son riche costume épiscopal sur un ciel bleu clair où flottent des nuages gris. La peinture est plus vigoureuse et la couleur plus riche que dans le Martyre de saint Thomas, bien que le tableau ait été préparé par des élèves et que Rubens n’ait retouché que la tête et les draperies de l’évêque.
L’Enlèvement des Sabines (National Gallery, Londres)