LA CONVERSATION A LA MODE
dans un paysage , de Dulwich College ( Œuvre No 471) et le Saint Jérôme du Musée impérial de Vienne ( Œuvre N° 464), offrent moins d’intérêt.
Le Banquet d' Hérode, qui date de la même époque ( Œuvre N° 242), diffère notablement des autres tableaux, il présente les couleurs éclatantes et vivement éclairées qui caractérisent certains ouvrages de la dernière période de Rubens. Quelques personnages rappellent d’une manière frappante ceux du Christ chez Simon le Pharisien [Œuvre. N° 254). Comme ce dernier tableau, il rappelle les banquets de Paul Veronèse, mais au lieu de se borner à montrer un spectacle éclatant et somptueux, l’artiste a peint une action dramatique en même temps qu’un festin princier. Salomé apporte sur un plat la tête de saint Jean, que sa mère Hérodiade montre du bout de sa fourchette; tous les convives se lèvent ou détournent la tête pour ne pas voir le hideux trophée du meurtre qui vient de s’accomplir. Seul Hérode, abîmé dans ses réflexions, le regarde d’un œil fixe, et demeure immobile, stupéfait par l’apparition imprévue de cette tête, qui lui rappelle son forfait. C’est une des figures les plus tragiques de l’œuvre de Rubens. Le maître a donné ses propres traits à Hérode, et ceux d’Hélène Fourment à Hérodiade. Quoique le tableau représente une action importante et des personnages nombreux, Rubens a donné de petites dimensions aux figures comme à celles du Massacre des Innocents et de ses dernières Susannes, parce que la goutte l’empêchait d’entreprendre de grands ouvrages. L’œuvre n’en égale pas moins en valeur ses tableaux les plus importants. Au xvne siècle, il a probablement appartenu à Sandrart et est aujourd’hui la propriété de M. Herman Linde. On en a fait plusieurs copies de grandes dimensions.
Tableaux de genre. Après avoir créé tant d’œuvres magistrales, Rubens aborda sur la fin de sa vie un domaine tout nouveau pour lui, le genre, et y réussit brillamment comme dans tous les autres. Parmi ses œuvres antérieures, nous ne rencontrons qu’un tableau de genre, Y Amour et le Vin, [Œuvre. No 833), au Musée municipal de Gênes. Peut-être, le Soldat, la Signora et la Vieille femme, [Œuvre. N° 842), qui appartenait à Sandrart, datait-il aussi des années d'Italie de Rubens. En 1635-1640, il traita tout une série de sujets empruntés à la vie des gens de qualité et à celle des paysans. Ce genre n’était pas nouveau dans l’école flamande. Vinckeboons avait placé plus d’une fois des groupes de seigneurs et de dames dans ses paysages et ses parcs seigneuriaux. Pierre Breughel le Vieux avait peint des scènes de la vie des paysans, et Adrien Brouwer n'avait jamais traité d’autres sujets. Rubens estimait beaucoup ces deux derniers artistes ; il possédait dans sa collection douze tableaux du premier et dix-sept de l’autre. Mais il s’abstint de les prendre pour modèles ; et lorsqu’il se fit le peintre de la vie journalière de son temps, il ne s’attacha qu’à faire vrai en prenant la nature pour seul guide. Il rendit ce qu'il voyait, comme il le voyait. Son séjour à Elewijt influa sans doute sur cette tendance, car ses tableaux de genre sont contemporains de ses paysages. Dans quelques uns de ceux-ci, nous voyons des seigneurs et des paysans en fête: c’est le cas pour le Paysage ou des couples se lutinent, au Musée de Vienne [Œuvre. N« 1190), pour le Paysage au tournoi, du Louvre, [Œuvre. N° 845) et pour la Danse rustique, de Madrid [Œuvre. N° 838).
La Conversation a la mode. Le plus célèbre de ces tableaux de genre représente des gens du monde causant, flirtant et dansant dans un beau jardin [Œuvre. N°835). Un couple