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LE BERGER EMBRASSANT UNE BERGÈRE ET AUTRES TABLEAUX

l’homme de la nature y est rendue de la façon la plus réaliste. Ce tableau est de la main de Rubens et date de ses dernières années, probablement de 1639. Cependant il n’a pas hésité à se mettre lui-même en scène sous les traits du berger en rut, et de donner ceux de sa femme à la bergère lutine, qui n’a pas l’air de s’effaroucher des avances du galant. C’est propablement la Sylvia qui figurait dans la succession de Rubens, et qui fut achetée par Balthasar van Engelen pour le prince d’Orange. On en voit une répétition à l’Ermitage de Saint-Petersbourg (Œuvre. N° 841). Le tableau de Munich est une œuvre pleine de virtuosité, une glorification de la lumière. Le terrain est d’un brun doré, le ciel est ouaté, vert sombre et gris, mais les teintes sont indécises ou se jouent en demi tons afin de faire ressortir les parties lumineuses. Celles-ci ont des couleurs tendres ou éclatantes, blanc crémeux et rouge écarlate pour la bergère, dont la chevelure aux reflets dorés est nouée d’un ruban blanc. Le berger est brun avec des reflets brillants sur le torse et le genou, et contraste avec la blancheur de la femme; rien de riche et d’harmonieux comme ces reflets d’or et d’argent, ces tons clairs et obscurs, qui se modifient les uns les autres ; comme cette lumière, qui jaillit de la pénombre, monte, grandit, illuminant toute chose, triomphant de toutes les ombres.

Dans la même succession, figuraient aussi un Suisse et sa maîtresse, accompagnés d’un satyre, peinture sur panneau et qui s’est perdue, et une Troupe de Suisses, réquisitionnant de l'argent et des vivres chez des paysans (Œuvre. N° 844). Waagen croyait avoir trouvé ce dernier tableau dans la collection du comte Dunmore. Une composition du même genre nous est connue par une gravure de François van den Wyngaerde. M. Somzée, à Bruxelles, possède un tableau répondant à cette gravure, et qui paraît être de la main de Rubens et dater de ses dernières années, malgré l’étrangeté de la composition et du coloris.

Dans la succession de Rubens, figurait encore une Danse de paysans italiens, qui fut vendue 800 florins au roi d’Espagne et appartient aujourd’hui au musée de Madrid (Œuvre. N° 838). C’est une petite merveille; le mouvement est hardi, la couleur brillante, avec des effets remarquables de lumière et d’ombre. Une autre danse de paysans italiens échut à Hélène Fourment, lors du partage de la succession de Rubens; c’est peut-être l’esquisse du tableau précédent, qui appartient aujourd’hui à l’Académie des beaux-arts devienne (Œuvre. N° 838bis) ou une répétition d'une autre main, appartenant à M. le consul Weber, à Hambourg (Œuvre. N° 839).

Un tableau allégorique, mais traité à la façon des tableaux de genre, représente une Vieille Femme tenant une chandelle allumée, qui exprime sous une forme familière la conception de la vie qu’on trouve dans ces vers de Lucrèce: « Les hommes s’en vont rapidement et, comme les coureurs dans l’arène, ils se passent de main en main le flambeau de la vie. En effet, un jeune garçon allume sa chandelle à celle de la vieille. En 1 855, ce tableau appartenait à lord Feversham. Nous ignorons où il se trouve actuellement. Il en existe une gravure, qui passe pour avoir été ébauchée par Rubens, et achevée par Pontius. Toujours dans la succession de Rubens, figurait un Combat de paysans, fait d’après un dessin de Breughel le Vieux (Œuvre. N° 843). C’est probablement le tableau gravé par Vosterman, d’après Pierre Breughel, et représentant cinq paysans qui se battent : l’un d’eux décharge un coup de fléau sur la tête d’un autre, qui est armé d’une fourche et jette une femme par terre; un troisième s’efforce de détourner le

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