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ÉLÈVES ET COLLABORATEURS

A aucune époque de sa vie, Rubens ne produisit tant d’œuvres originales et de haute valeur; à aucune époque non plus, il ne se fit aider par une plus nombreuse phalange de collaborateurs. Il employa la plupart des artistes de talent, qui habitaient Anvers, à l’exécution des Métamorphoses d'Ovide pour la Torre de la Parada et des peintures qui servirent pour la Joyeuse Entrée du cardinal-infant. Tous n’étaient pas ses élèves ni ses collaborateurs habituels;

(1) II. Il vm ans : Deux nouveaux autographes de Rubens (Académie royale de Belgique. Bulletin de la Classe des Lettres, etc. 1900. page 674).

ERASME QUELLIN. ABRAHAM VAN DIEPENBEECK. JEAN VAN DEN HOECKE 611

mais lorsqu’il le désirait, ils travaillaient volontiers sous sa direction. Il nous reste à dire quelques mots de ses collaborateurs ordinaires de 1630 à 1640.

Erasme Quellin. Durant les dernières années de Rubens, Erasme Quellin fut son élève favori. Fils d’un sculpteur liégeois, il naquit à Anvers le 19 septembre 1607; il eut pour frères Arthur, le célèbre sculpteur, et Hubert, qui fut un graveur distingué. En 1633-1634, il fut reçu comme fils de maître, dans la confrérie de Saint Luc; lors de l’Entrée du cardinal-infant, il aida Rubens à exécuter le Portique des Empereurs et le Théâtre du Commerce quittant Anvers. Comme nous l’avons dit, il travailla, depuis cette époque jusqu’à la mort du peintre, aux dessins de celui-ci. 11 n’y a pas de doute qu’il ne peignît plusieurs tableaux de la série des Métamorphoses d'Ovide , et qu’il n’ait aidé son maître dans d’autres ouvrages. Sans être un grand artiste lui-même, il s’était parfaitement assimilé la manière de Rubens pour qui il fut un utile et excellent collaborateur. Après la mort du maître, il lui succéda comme peintre officiel de la ville, de même qu’il lui avait succédé comme dessinateur de l’imprimerie plantinienne. Il peignit les arcs de triomphe élevés pour l’Entrée de l’archiduc Léopold-Guillaume, en 1648; la même année, il peignit le théâtre sur lequel fut annoncée en notre ville la paix de Munster; en 1657, un arc de triomphe pour l’entrée de don Juan d’Autriche; en 1660, le théâtre sur lequel on annonça la réconciliation entre l’Espagne et la France, et d’autres travaux de ce genre. Il était aussi recherché comme peintre de retables et de portraits. Il ne reste que bien peu des nombreux ouvrages qu’il exécuta dans ces deux genres. Il mourut le 7 novembre 1678. Sa collaboration régulière avec Rubens est bien établie, bien qu’il ne soit pas possible de déterminer sur quels tableaux elle a porté.

Abraham van Diepenbeeck. Le peintre qui sut le mieux s’approprier la dernière manière de Rubens, fut Abraham van Diepenbeeck. Il était né à Bois-le-Duc en 1596; fils d’un peintre sur verre, il exerça longtemps lui-même l’art de son père. Dès 1623, il était établi à Anvers comme peintre verrier; il obtint la bourgeoisie en 1636; deux ans après, il fut reçu franc-maître dans la confrérie de Saint-Luc. Il cultiva également la peinture historique jusqu’à sa mort, qui survint en 1675. Sur son portrait, publié de son vivant par Jean Meyssens, et gravé par Paul Pontius, il est qualifié d’élève de Rubens. Cela n’est probablement pas exact au sens littéral du mot ; ce qui est certain, c’est qu’il adopta la manière du maître. Certains tableaux, comme la Clélie du Louvre, du Musée de Berlin et de celui de Dresde, ont été tour à tour attribués à Rubens et à van Diepenbeeck ; d’autres, comme les Quatre pères de l'Église du Musée de Stockholm (Œuvre. N° 368), font naître le même doute. La collaboration des deux artistes est prouvée à tout le moins par la légende de la gravure de la Rivalité de Neptune et de Minerve (Œuvre. N° 1232), burinée par Pontius d’après le projet de Rubens et le dessin d’Abraham van Diepenbeeck.

Jean van den Hoecke. Corneille De Bie assure que Jean van den Hoecke eut Rubens pour maître; c’est possible, bien que la manière de cet artiste trahisse aussi l’influence de van Dijck. Il était né à Anvers en 1611, et reçut sans doute les premières leçons de peinture de son père, Gaspard van den Hoecke. Nous savons qu’ils peignirent à eux deux l’arc de triomphe de Ferdinand, en 1635. « Par suite de l’absence de Jean Hoeck, actuellement en

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