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SES COLLECTIONS

pait aussi avec lui de l’anatomie de l’œil, du microscope et du mouvement perpétuel, question alors à l’ordre du jour. Sa lettre du 1 août 1637 à Junius, qui lui avait fait hommage d’un exemplaire de sa Pictura veterum, prouve qu’il s’intéressa jusqu’à ses derniers jours à l’art transalpin. Il marque la grande estime qu'il faisait du livre en exprimant le vœu que l’art italien pût aussi trouver son historien. Ce n’était pas seulement la peinture qui l’intéressait; sa curiosité était universelle, et Philippe Chifflet a pu dire avec raison, que c’était le peintre le plus instruit du monde entier. (1) Gevartius atteste dans l’épitaphe qu’il fit pour l’artiste, que celui-ci méritait le nom d’Apelle de son siècle, non seulement par son talent de peintre, mais aussi par sa connaissance de l’histoire ancienne, de la littérature et de toutes les sciences. Sa correspondance et la composition de sa bibliothèque confirment le témoignage de ses amis.

La bibliothèque de Rubens. Les registres de l’imprimerie plantinienne, nous apprennent quels sont les livres vendus à Rubens par Balthasar Moretus, de 1613 à 1640; il doit en avoir acheté aussi ailleurs, mais telle qu’elle est, cette liste nous renseigne sur ses lectures et ses études. On y trouve de grands ouvrages à gravures sur la zoologie, la botanique, les sciences naturelles, la numismatique, l’histoire, les beaux-arts, des éditions de classiques latins, des traductions latines d’auteurs grecs, des livres et des pamphlets sur la politique du jour. Il ne lisait pas le grec, mais le latin, l’italien et le français; un seul ouvrage néerlandais figure parmi ses achats, les Emblemata de Jacob Cats, qu’il acheta en 1620. Il se procurait régulièrement un exemplaire des éditions plantiniennes dont il avait dessiné le frontispice. En 1637, nous le voyons acheter un nombre considérable d’ouvrages d’histoire : les Scriptores rerum Germanicarum, 6 volumes in-folio, les Annales Imperatorum Romanonim et Byzantinornm, Cœsanim Vitœ, Historia rerum Persicarum, Historiée Francorum scriptores. Les deux années suivantes, il n’achète rien; en février 1640, il achète encore la Galeria Giustiniana, et, triste présage, le 24 mars de la même année, son fils Albert se rend à la librairie Moretus pour faire emplette d’un livre d’heures Officium B. Marier et d’un autre livre de prières, les Litaniœ Sacrœ. Ce qui prouve que sa bibliothèque doit avoir été considérable, c’est que les héritiers payèrent 6 florins pour en dresser l’inventaire.

Ses collections. Il conserva jusqu’à la fin le goût des œuvres d’art de tout genre; sa maison était un véritable musée, où ses amis et lui trouvaient toujours à passer agréablement le temps. Il n’avait plus formé de collection de marbres antiques après avoir vendu au duc de Buckingham ce qu’il possédait, en 1625 ; mais il resta amateur de pierres gravées, et enrichît constamment sa collection d’agates et d’anneaux.

Mais ce qu’il avait de plus précieux, c’était sa galerie de tableaux. L’inventaire qu’on en dressa après sa mort, n’en mentionne pas moins de 319, dont 94 originaux de sa main. Les autres étaient de maîtres italiens, flamands ou hollandais. Le Titien était toujours son favori : il possédait 9 tableaux de lui (2), et 32 copies faites par lui-même, d’après le grand Vénitien, et parmi lesquelles il y avait 23 portraits. Il avait 5 tableaux du Tintoret et une copie faite par lui-

(1) Lettre du 6 juin 1640 à Balthasar Moretus ( Bulletin Rubens , I, p. 218).

(2) L’inventaire de sa succession en mentionne onze, mais deux d’entre eux, le Sauveur tenant te globe terrestre et le dessin du Martyre de saint Pierrre furent vendus à Philippe IV, comme copies faites par Rubens d’après le Titien.

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