‹ RubensChapitre 14 sur 164 · PEINTURES FUNÉRAIRES — LA RÉSURRECTION DU CHRIST · texte numérisé non relu

PEINTURES FUNÉRAIRES — LA RÉSURRECTION DU CHRIST

D’après les documents écrits, l’œuvre fut commandée en 1612, moyennant 1500 florins, sur lesquels Rubens reçut en 1613, un premier acompte de 150 florins; les trois années suivantes on lui compta la même somme. En 1617 et 1619, il reçut 300 florins et en 1620 et 1621, on lui paya encore chaque année 150 florins.

Le panneau du milieu représente Job sur son fumier, nettoyant ses plaies avec un tesson. Sa femme est debout devant lui et lui reproche son malheur ; trois de ses amis s’efforcent de le consoler. Sur l’un des volets, on voit trois démons occupés à supplicier Job : l’un le flagelle avec des serpents, l’autre le menace d’une torche enflammée, le troisième le tire par les cheveux, le soulève et le frappe avec une corde. Sa femme regarde cette scène et ajoute la torture de ses insultes à celles que lui infligent les démons. Sur l’autre volet, on voit Job, à qui un messager vient annoncer la perte de ses biens. A l’extérieur des volets était représenté Job rentré dans ses domaines. Il est debout à l’entrée de son palais ; d’un côté, on lui amène plusieurs enfants, de l’autre, on lui apporte des fruits.

Le panneau du milieu a été maladroitement gravé par Kraft d’après un dessin de Horst, qui ne paraît pas exact. Le premier volet a fourni à Lucas Vorsterman le modèle d’une excellente planche, qu'il grava d’après le dessin ou la peinture d’une composition modifiée. La pinacothèque de Munich et la salle Lacaze au Louvre, possèdent chacune une copie de ce volet exécutée probablement d’après la gravure de Vorsterman.

La tradition veut qu’il ait existé à l’église de Wezemael, village situé près de Louvain, un autre tableau représentant également Y Histoire de Job. En effet, nous connaissons une gravure, qui paraît faite d'après un tableau de Rubens, et où l’on voit saint Job flagellé par les démons avec des serpents, tandis que sa femme l’injurie et qu’un ami le console. On lit sur la gravure : St. Job propheta Wesemaliensis ecclesiœ patronns (Saint Job prophète, patron de l’église de Wezemael).

Peintures funéraires. — La Résurrection du Christ. Avant que la Descente de Croix eût quitté l’atelier de Rubens, il exécuta un tableau destiné à orner le mausolée de Jean Moretus, père de son ami Balthazar {Œuvre. Nos 334-339). Jean Moretus avait épousé la seconde fille du célèbre Christophe Plantin, et avait succédé en 1589 à son beau père dans la direction de l’imprimerie. Il mourut le 22 septembre 1610. Peu après, Rubens accepta la tâche de peindre un triptyque pour décorer son tombeau et celui de sa veuve. La commande fut faite par l’entremise de son ami Balthazar Moretus, avec lequel il s’entendit pour le prix, le choix du sujet et la forme du mausolée. Le tableau fut peint en 1611 ; le 27 avril 1612, il était achevé et payé. Ce jour-là, Rubens signa une quittance ainsi conçue :

Je soussigné reconnais avoir reçu de Sr Balthazar Moretus la somme de six cents florins » en payement du tableau funéraire de feu son père, peint par moi. En foi de quoi j’ai écrit et » signé cette quittance de ma main, 27 avril 1612. Pietro Pauolo Rubens. >:

Le triptyque fut placé dans la deuxième chapelle du pourtour de l’abside de l’église Notre- Dame à Anvers ; il se compose d’un panneau central où est représentée la Résurrection du Christ et de deux volets, dont l'un porte saint Jean Baptiste et l’autre sainte Martine; sur les revers des volet, on voit deux anges en grisaille, la main posée sur l’anneau d’une porte, comme s’ils étaient prêts à l’ouvrir.

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